
Mahomet et les Chrétiens
Date : Mercredi 22 septembre 2004 @ 13:01:28 :: Sujet : Connaître l'islam
Que dit le Prophète d'Allah des chrétiens ?
Qu'entendait-il d'ailleurs par Chrétien ?
Que trouve t-on dans le Coran, aux différentes époques de la vie de Mahomet sur la manière de considérer ces mêmes chrétiens ?
Un petit rappel du divin message coranique et de ses injonctions non moins "divines"...
Quelques versets dans le Coran laissent à penser que les chrétiens bénéficient d’une image favorable. C’est ainsi qu’Allah, dans la sourat 5, v. 85/82, déclare à son prophète : « Tu trouveras certes que les gens les plus hostiles à ceux qui croient sont les Juifs et les Associateurs et tu trouveras que les gens les plus proches de ceux qui croient, par l’amitié, sont ceux qui disent : « Nous sommes chrétien. » C’est que, parmi ceux-ci, se trouvent des prêtres et des moines et que ces gens ne s’enflent point d’orgueil. »
Sourate 5,v. 86/83 : « Quand ils entendent ce qu’on a fait descendre vers l’Apôtre, tu les vois répandre des larmes, de leurs yeux, à cause de ce qu’ils savent de vérité. Tu les entends s’écrier : « Seigneur ! nous croyons ! inscris-nous donc avec les Témoins ! » Mais dans de nombreuses sourates, juifs et chrétiens sont englobés dans une même réprobation. Ils ont faussé leurs Ecritures, ils sont impies. Pour les juristes musulmans, les textes les plus militants, les plus « durs » abrogent les dispositions antérieures autorisant une attitude expectante envers les polythéistes, les juifs, les chrétiens, les sabéens et les zoroastriens. La sourate 9 est essentielle car c’est sur elle que se fondèrent les légistes musulmans, au XIXè siècle, pour établir une discrimination entre musulmans d’une part, et idolâtres et gens du Liver d’autre part !
La sourate 5,v. 77/73 est déjà claire dans son attitude envers les chrétiens : « Impies ont été ceux qui ont dit : « Allah est le troisième d’une triade . » Il n’est de divinité qu’une Divinité unique. S’ils ne cessent point leur dit, ceux qui parmi eux sont impies seront touchés par un tourment cruel. »
Oui, les chrétiens doivent demander pardon à Allah. Sourate 5,v. 75/74 : « Eh quoi ! ne reviendront-ils point à Allah et ne Lui demanderont-ils pas pardon, alors qu’Allah est miséricordieux ? » Sourate 5,v. 79/75 : « Le Messie, fils de Marie, n’est qu’un Apôtre avant lequel les Apôtres antérieurs ont passé. Sa mère était une sainte (siddîqa). Ils prenaient de la nourriture. Vois comme Nous leur expliquons les preuves et puis vois comme ils se détournent. » Pour les commentateurs musulmans, le Messie n’est qu’un être humain puisque , par principe, Allah ne mange pas. Mais devant les preuves sur l’unicité de Dieu que donne Allah lui-même par l’intermédiaire de son messager Mahomet, les chrétiens se détournent et persistent dans l’erreur. La question que les musulmans n’ont cessé d’adresser aux chrétiens est la suivante : pourquoi s’attachent-ils à la Trinité et considèrent-ils que Jésus est le fils de Dieu ? Dieu ne peut avoir un fils, pas plus qu’il ne peut avoir un père. Pourquoi un Dieu s’incarnerait-il pour sauver les hommes ? Pourquoi un Dieu serait-il crucifié comme un vulgaire esclave ? Mystère de la Sainte Trinité, mystère de l’Incarnation, mystère de la Rédemption, crucifixion, résurrection… L’Islam considère qu’il s’agit là de doctrines pernicieuses, de dogmes erronés. Sourate 5, v. 81/77 : « Dis : Ô Détenteurs de l’ Ecriture ! Ne soyez point extravagants en votre religion. Ne suivez point les erreurs des gens qui, antérieurement ont été égarés, qui en ont égaré beaucoup et qui se sont égarés loin du chemin uni. »
Sourate 5,v. 19/17 : « Infidèles ont été ceux qui ont dits : « Allah est le Messie, fils de Marie ». »
De plus, l’Islam considère, que d’une certaine manière, juifs et chrétiens sont « amis » les uns des autres. Sourate 5,v.21/18 : « Les Juifs et les Chrétiens ont dit : « Nous sommes les fils et les aimés d’Allah. » Demande-leur donc : « Pourquoi donc vous torture-t-Il pour vos pêchés ? » » En fait ce que l’Islam rejette et vomit, ce sont les chrétiens trinitaires, les catholiques donc, considérés comme des polythéistes, des trithéistes. Il semble que les « bons » chrétiens du Coran soient les Nazaréens ( vertains spécialistes de l’histoire religieuse du christianisme hérétique pensent que le mot arabe nasârâ pour désigner les chrétiens, désigne en fait les « zaréens ». On connaît mal le rôle joué par la secte des « Nazaréens » à l’époque de Mahomet). Mais pour les chrétiens trinitaires, il n’y a pas de pardon possible : « Allah ne pardonne point qu’il Lui soit donné des Associés, alors qu’Il pardonne, à qui le veut, les péchés autres que celui-là. Quiconque associe à Allah, commet un péché » (Sourate 4,v.51/48).
Le mystère de la Sainte Trinité, pour les musulmans, c’est Dieu, Jésus et Marie ! (alors que pour la théologie chrétienne c’est le Père, le Fils et le Saint-Esprit). On comprend le malaise profond de certains catholiques devant la perception erronée et caricaturale du christianisme par les musulmans. Mais en général, même les lettrés musulmans sont déconcertés par les mystères chrétiens, par l’absence de ritualisme, le mépris du juridique. En réalité, le christianisme apparaît comme une religion très éloignée de l’Islam sunnite. Ce dernier est en fait plus proche du judaïsme, car les notions d’appartenance à la communauté, de « loi » qui régit la vie des croyants jusque dans les interdits alimentaires, sont étrangères au christianisme. Si l’Islam semble plus favorable aux chrétiens (Nazaréens ?), se fondant sur certains versts de la période mecquoise, c’est que Mahomet a été confronté aux Juifs de Médine qui l’ont dénié en tant que prophète et ridiculisé. Les ermites chrétiens que Mahomet a été amené à connaître dans le désert près de la Mecque ( ou plus haut dans le désert Syrien)- souvent des hérétiques fuyant la persécution, réfugiés à la Mecque- ne se sont pas opposés à son message. Peut être même l’ont-ils informé de leur religion. Le vécu religeiux de Mahomet n’est pas le même concernant les deux religions. A Médine, l’organisation du culte musulman se fera principalement en regardant les Juifs dans un premier temps… et ensuite en dépossédant ces Juifs de leur héritage religieux et en se l’appropriant. Devant leur protestation légitime, les Juifs furent accusés d’avoir faussé leurs écritures, dénaturé leur religion. Pour les musulmans, Dieu est en colère contre les Juifs (sourate 1, v.6). Quant aux chrétiens, Dieu les considèrent comme égarés (sourate, v.7). Dieu est en colère contre les Juifs qui refusent de se rallier à un prophète qui estime être si proche d’eux. Jésus est un prophète vénéré pour les musulmans, qui a fait des miracles mais pour eux ce n’est qu’un prophète. Ce n’est pas le fils de Dieu. Dieu ne peut avoir de père. L’incarnation est refusée. Dieu qui se fait homme, l’idée est totalement rejetée de même qu’est rejetée la crucifixion de Jésus sur la croix comme un vulgaire esclave. Un prophète ne peut avoir subi ce sort infâme. Au dernier moment, quelqu’un lui a été substitué sur la croix. C’est pourquoi le symbole de la croix est un symbole honni qui hérisse le pieux musulman.
Quant au mystère de la Rédemption, le Christ qui rachète les péchés de l’humanité, cet aspect du dogme est perçu par les musulmans comme de la pure folie, une exagération délirante. Comme est folie à leurs yeux l’eucharistie, ce sacrement qui perpétue le sacrifice du Christ par la transsubstantiation des espèces du pain et du vin en corps et sang du Christ ; la Communion est la réception de ce sacrement de l’eucharistie par les fidèles. Manger le corps du Christ (et pour la communion sous le deux espèces, boire le vin qui et devenu le sang du Christ)- le vin et le sang : un interdit alimentaire et le summum de l’impur, le sang, et qui plus est le sang du Christ ! La transsubstantiation- le changement du pain et du vin eucharistiques en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ, toutes ces affirmations sont considérées comme la pire des hérésies. Quant à la confession, l’aveu des pêchés à un prêtre en vue de recevoir l’absolution, un prêtre célibataire, représentant de Dieu et qui dans ce confessionnal, cette petite cabine isolée, entend les pêchés des hommes mais aussi… des jeunes femmes qui viennent seules et qui lui confient ce qu’elles ne confient pas à leur mari… Les musulmans osent à peine dire ce qu’ils en pensent tant ils sont persuadés que Satan est présent dans le confessionnal. En ce qui concerne le célibat des prêtres catholiques, leur vœu de chasteté, l’Islam a beaucoup de mal à le comprendre. Il imagine souvent les pires turpitudes, car ni le célibat ni le monachisme ne sont acceptés. Le mariage est la moitié de la religion. Mais là encore, un fossé sépare les catholiques des musulmans. Pour ces derniers, la mariage est un sacrement indissoluble. En réalité, l’Islam a à l’esprit un christianisme « laïcisé », fortement modifié par la Réforme protestante. Mais l’Islam intégriste, spontanément et instinctivement, se méfie des chrétiens. Sa position est celle quel’on trouve dans la sourate 5, v. 56/51 : « Ô vous qui croyez ! ne prenez point les juifs et les chrétiens comme « amis ». Ils sont « amis » les uns avec les autres. » ; ou encore v.62/57 : « Ô vous qui croyez ! ne prenez point comme « amis » ceux qui ont pris votre religion en raillerie et comme jeu, parmi ceux à qui l’Ecriture a été donnée antérieurement et parmi les Infidèles ! »
La sourate 9,v. 28, est encore plus ferme. La sourate 9 : « Revenir dans l’erreur » est la seule qui ne soit pas précédée de la formule habituelle « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ». Mahomet est depuis neuf ans à Médine. En 631, il est à l’apogée de sa « carrière » politique et militaire. Il est enfin en mesure d’imposer ses conditions. Il est suffisamment craint, la terreur règne du fait des meurtres politiques et des razzias réussies. Il cesse de pactiser et d’avoir peur. C’est lui-même qui fait peur. C’est alors qu’il adopte une attitude beaucoup plus dure envers les juifs, les chrétiens, les polythéistes. Il n’y a plus de discrimination entre idolâtres et gens du Livre. Le v. 28 de cette sourate 9 stipule : « Ô vous qui croyez ! les infidèles ne sont qu’impureté. » Le v. 29 continue : « Combattez ceux qui ne croient point en Allah, ni au jour du Jugement dernier, ne déclarent pas illicite, ne pratiquent point la religion de véritée parmi ceux ayant reçu l’Ecriture. Combattre-les jusqu’à ce qu’ils paient la jizya, de leurs propres mains, après s’être humiliés. »
Les versets suivants ne sont guère plus tendres ( v.30) : « les juifs disent : « Ozaïr est le fils d’Allah » ( Ozaïr est probablement Esdas, ce personnage biblique. Le livre d’Esdras relate le retour d’exil des juifs. On trouve aussi Ezra) et les chrétiens disent : « Le Christ est le fils d’Allah. (…) Qu’Allah les tue ! »
Ainsi ceux qui croient à Jésus fils de Dieu méritent la mort. Il faut qu’Allah les tue ou les anéantisse. Ils méritent l’Enfer où ils demeureront éternellement. Ce sont comme les Juifs les pires des humains. C’est ce qui résulte de la sourta 98, v. 5/6 :
« Les infidèles , parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs, iront en Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création ce sont eux les pires. »
Le dialogue islamo-chrétien devrait relire ce que le Coran dit à propos des chrétiens et des juifs. Ces derniers sont bien le pire aux yeux du pieux musulman intégriste, c’est-à-dire l’impur, la corruption des textes et des hommes !
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