Une évolution inquiétante
Par Occidentalis, jeudi 28 septembre 2006 à 14:58 :: Textes et Articles :: #338 :: rss
Que les propos du pape aient été retirés de leur contexte pour attiser la haine du monde musulman n’est plus surprenant en soi, depuis l’affaire dite « des caricatures ».
Ce qui est inquiétant, par contre, ce sont les nombreux médias occidentaux qui en ont « rajouté » en considérant les propos du pape comme une « maladresse ». Ces médias nous préparent psychologiquement à la dhimmitude. Le message sous-jacent est : attention, tout ce qui concerne l’islam est « tabou », en parler peut être considéré comme des paroles malheureuses, vous serez responsable des « conséquences ».
Or, il ne s’agit en rien d’une maladresse, mais bien plutôt d’une prophétie.
Le pape a évoqué un personnage important du début du XVè siècle, Manuel II Paléologue, un des derniers empereurs byzantins. A cette époque, une des dernières tentatives de l’Occident de faire échec à la progression des Turcs aux dépends de l’empire byzantin avait lamentablement échoué à la bataille de Nicopolis. Le sursis dont l’empire bénéficiait en cette fin de Moyen-Age tenait de l’invasion éphémère de l’empire turc par…les Mongols de Tamerlan !
Avant de devenir empereur, Manuel II Paléologue avait été « l’invité involontaire » du sultan dans sa capitale de Brousse et avait ainsi pu faire plus ample connaissance avec l’Islam et, spécialement, en déduire les différences philosophiques fondamentales avec la chrétienté, qu’elle soit orthodoxe ou catholique. Ces différences sont toujours largement d’actualité, même s’il déplait à certains qu’elles soient citées.
Sous le règne de Manuel II, l’empire byzantin était déjà devenu un vassal des Turcs, un état « dhimmi », qui bénéficiait de la protection du sultan d’alors. Heureusement pour lui, Manuel II Paléologue ne vivra pas assez vieux pour vivre la « chute de Constantinople » qui surviendra quelques décennies plus tard quand le sultan Mehmet II dénoncera le protectorat et annexera purement et simplement l’empire, détruisant ainsi toute la riche culture byzantine, une troisième voie entre les cultures moyen-orientale et occidentale.
Cette citation est prophétique dans ce sens que le danger turc, éloigné du XVIIè au XIXè siècle (merci, prince Eugène de Savoie) est à nouveau aux portes de l’Europe, heureusement cette fois, de façon apparemment moins guerrière. Les responsables de l’Europe, aveugles aux leçons de l’histoire, s’apprêtent à lui ouvrir tout grand nos portes, avant peut-être de les ouvrir également à celles des pays du Maghreb. Or, on constate que les Turcs ne sont prêts à faire aucune concession à nos valeurs occidentales.
La conclusion me paraît simple : les responsables européens, avec l’aide des médias « politiquement corrects » (dont « la Libre » qui a publié une lettre ouverte offensante de Tariq Ramadan visant le pape dans son édition du 21/09/2006), s’apprête à faire de nous des états « dhimmis ».
Tout comme Manuel II Paléologue, Benoît XVI ne vivra sans doute pas assez vieux pour connaître ce triste futur. Mais cela ressemble bien fort à un suicide culturel. Le sort des dhimmis n’est guère enviable, il suffit de se renseigner auprès des Chrétiens (et des athées) vivant dans des états islamiques pour s’en convaincre. Sommes-nous bien sûr que c’est cela que nous voulons ? Nous risquons de payer cher dans quelques années ce manque de courage politique. Rappelons-nous aussi le résultat désastreux des « négociations » de Munich de 1938 avec l’Allemagne.
J.L. Couvreur




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