Mais United 93 n'a rien à voir avec tout ce que j'ai vu sur cette journée de l'infamie. Les scènes sont si brutes, si vraies qu'on en a le souffle coupé. Rarement, je dois le dire, je n'ai vu un film qui m'ait fait une telle impression. Voir le chef de la FAA être estomaqué par l'annonce de l'attaque, être témoin du désarroi de l'officier, abasourdi de voir, en direct, la seconde attaque contre le World Trade Center, est bouleversant. La caméra est pudique sans censurer. Vous voyez tout, ou presque. Et pourtant, vous n'avez jamais l'impression que le réalisateur a cherché à en faire trop. Il montre la réalité. Et c'est cette réalité qui vous choque.

Alors que l'on va fêter les cinq ans de la tragédie, je repense à ce 30 juillet 1999 où je gravissais le World Trade Center et contemplais la vue splendide sur la baie de l'Hudson. Je repense, souvent, à ce 11 septembre 2004, au bord de Ground Zero, où j'écoutais, la gorge serrée, le violon qui miaulait alors que les familles des victimes listaient le nom de leurs proches, d'une voix tremblante. Je revois cet officier de la NYPD de presque deux mètres s'effondrer en larmes devant le panneau "we will never forget", peints aux couleurs américaines, composé des noms des innocents tués ce jour-là. Je revois ces marins et ces militaires, même des bobbys anglais, des militaires allemands, des pompiers italiens, réunis sur le site du drame, venus rendre hommage à leurs frères d'armes. Je revois, ce soir du 11 septembre 2004, les deux lasers jumeaux, faire jaillir vers le ciel, vers Dieu, leurs énormes faisceaux de lumière. Un instant, vous auriez cru voir les deux tours renaître. Une image inoubliable.

Quand je repense à tout ceci, et que je vois tous les jours mes compatriotes reprendre à leur compte les raisonnements de Ben Laden, je me dis que cinq ans à suffi pour réveiller l'Amérique et achever la lâche Europe.

Le 11 septembre ? La journée où la liberté fut attaquée. La journée où le monde sombra dans la Quatrième Guerre mondiale. La journée où tout se joua. Le lendemain, Chirac déclarait à Bush "je ne crois pas que l'on puisse appeler cela une guerre". L'Europe de Weimar, sous la houlette de la France prenait ses distances avec l'Amérique et ses alliés anglo-saxons.

Nous avons tous vécu cette journée mais seule une partie d'entre nous en a compris la signification. A ce titre, United 93 nous rappelle à tous pourquoi nous combattons.

drzz