Patrick Karam vient d'être nommé délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer, sur proposition de François Fillon. Un choix surprenant : Karam a fondé le Collectif des Antillais et réunionnais qui avait lancé une campagne contre Olivier Pétré-Grenouilleau, l'historien des traites négrières ( dont les travaux ont été plusieurs fois récompensés). Ce collectif est aujourd'hui présidé par Claude Ribbe, qui compare Napoléon à Hitler dans un livre récent.

Petit extrait de notre article du 11 janvier 2006 ...

http://www.occidentalis.com/article.php?sid=2810%20

Autre exemple : l’attaque fascisante, c’est-à-dire contre la liberté de pensée, que subit l’historien Olivié Pétré-Grenouilleau, membre de l’Institut universitaire de France, et auteur des « Traites Négrières », paru chez Gallimard. Il a été assigné devant le tribunal de Paris pour avoir selon ses accusateurs « bafoué » la mémoire des esclaves. A cause de son livre ? Non, ce sont ces propos tenus au Journal du Dimanche du 12 Juin 2005, à l’occasion du prix d’histoire du Sénat, décerné pour son ouvrage. Les accusateurs ? Le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais (revendiquant 40 000 membres) qui lui reprochent notamment les paroles suivantes « la traite n’avait pas pour but d’exterminer un peuple (…) L’esclave était un bien qui avait une valeur marchande qu'on voulait faire travailler le plus possible. Le génocide juif et la traite négrière sont des processus différents. »

Le procès d’intention ubuesque n’arrive pas par hasard. Il est la continuité d’un nouveau terrorisme intellectuel ou plutôt judicaire qui poursuit la marche des amalgames entretenus par les politiques et la presse. La traite des noirs, selon ce nouveau code de la repentance, DOIT être considérée comme un génocide. Malgré les faits historiques qui prouvent pourtant la complexité du phénomène de la traite et de l’étendu des acteurs qui y ont pris part, les nouveaux accusateurs de la France seule ( !) contre-attaquent avec les surenchères les plus ignobles. La France devant avoir commis des fautes ontholigiques ce sera donc le phénomène en soi qui la salirait à JAMAIS. Et malheur à celui qui ose dire le contraire. C’est dailleurs ce que dit en substance Claude Ribbe (membre comme par hasard du Collectif des Antillais) qui n’hésite pas à traiter le livre de Pétré-Grenouilleau de « révisioniste ». Claude Ribbe lui-même auteur du livre « Le crime de Napoléon » qu’il compare sans nuance à… Hitler. Et d’ajouter que pour lui les bateaux soufrés transportant les esclaves étaient ainsi transformés en « chambres à gaz »…

Nous sommes de notre côté tout à fait rassuré de savoir que cet agrégé de …philosophie est depuis le 10 novembre membre pour 3 ans de la Commission nationale consultative des droits de l’homme à titre d’ « historien », nommé par…Dominique de Villepin. Emmanuel Le Roy Ladurie ce vrai et grand historien, lui, appréciera très certainement. Il soutient publiquement Olivié Pétré-Grenouilleau. Il y a tout de même des limites qu’il ne faut pas dépasser.

C'est donc bien un certain constructivisme de la culpabilité (française forcément française)qui est récompensé à travers ces deux nominations sous les deux derniers gouvernements ... La continuité de la promotion des acteurs de la légitimation de l'éternelle repentance d'une France éternellement coupable et composée de salauds (toujours autant) racistes est ici bien choisie .... contrairement aux promesses de campagne ...

Où est la rupture de Nicolas Sarkozy ?

Elle existe mais visiblement elle ne prend pas le chemin annoncé.

Rappelons plus précisemment le contexte :

Le dimanche 12 juin 2005, paraît dans le Journal du Dimanche, une interview du professeur Pétré-Grenouilleau. L’auteur évoque les thèmes de son livre et aborde d’autres questions. Il déclare notamment : « On sait que l’Afrique noire a été victime et acteur de la traite. Les historiens, quelles que soient leurs convictions politiques, sont d’accord là dessus. » Alors que le journaliste évoque « l’antisémitisme véhiculé par Dieudonné », Olivier Pétré-Grenouilleau répond : « Cette accusation contre les juifs est née dans la communauté noire américaine des années 1970. Elle rebondit aujourd’hui en France. Cela dépasse le cas Dieudonné. C’est aussi le problème de la loi Taubira qui considère la traite des Noirs par les Européens comme un ‘crime contre l’humanité’, incluant de ce fait une comparaison avec la Shoah. Les traites négrières ne sont pas des génocides. La traite n’avait pas pour but d’exterminer un peuple. L’esclave était un bien qui avait une valeur marchande qu’on voulait faire travailler le plus possible. Le génocide juif et la traite négrière sont des processus différents. Il n’y a pas d’échelle de Richter des souffrances. » Olivier Pétré-Grenouilleau affirme également que se dire descendant d’esclave « renvoie à un choix identitaire, pas à la réalité ... c’est choisir parmi ses ancêtres. »

On comprend mieux la réaction haineuse de ceux qui se sont sentis visés...

N'oublions pas que Claude Ribbe avait demandé le 13 juin 2005 aux autorités françaises:

1 ) de revenir immédiatement sur l’attribution du prix qu'ils ont attribué à Pétré-Grenouilleau



2 ) de le suspendre de ses fonctions d'enseignant

3 ) de saisir la justice compte tenu de la tenueur de ses propos dans cet interview et de la teneur de son ouvrage

Voici ce que disait ce même Claude Ribbe, alors responsable de la commission culture du collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais :

« A-t-on bien lu le livre de cet universitaire de second choix (sic) qui, à point nommé, sort de sa basse Bretagne (sic) pour falsifier les chiffres, relativiser la traite atlantique et oser comparer l’esclavage en Orient du VIIe siècle au crime raciste organisé des Lumières ? »

« Aujourd’hui, donc, Monsieur Pétré-Grenouilleau ment, bidonne, falsifie et insulte les Africains et les Antillais sous un tonnerre d’applaudissements hexagonaux. »

Quand à Patrick Karam ...

Le même jour, lundi 13 juin 2005, le collectif, dans un message signé par son président et porte-parole, Patrick Karam, annonce qu’il « saisira les autorités compétentes afin que Olivier Pétré-Grenouilleau soit suspendu de ses fonctions universitaires pour révisionnisme comme l’a été récemment Bruno Gollnisch, responsable du Front National, qui contestait le nombre de morts du génocide juif. Maître Gilbert Collard déposera de manière imminente une plainte pénale contre Olivier Pétré-Grenouilleau au nom du collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais. » Le collectif reproche quatre points au professeur Olivier Pétré-Grenouilleau. Celui-ci se poserait en « censeur de la représentation nationale » en déclarant que la loi Taubira, de 2001, « pose problème ». Olivier Pétré-Grenouilleau bafouerait « la mémoire de tous les descendants d’esclave(s) », en réduisant la traite atlantique à un « simple système d’exploitation de l’homme, un banal expédient économique ». Le professeur d’histoire aurait insinué que la loi Taubira est « responsable de l’antisémitisme » et suggéré que « la souffrance des Noirs (soit) moins importante que celle reconnue, à raison, pour les Juifs. » Enfin, Olivier Pétré-Grenouilleau est accusé de « nier la réalité de l’existence de descendants d’esclaves ». Au terme de l’exposé, Patrick Karam déclare que le prix décerné par le Sénat « résonne comme une gifle infligée à ceux, les descendants d’esclaves, qui ont contribué à l’édification de la nation française et à l’histoire de France » (message consultable sur le site Internet du collectif : http://www.collectifdom.com/article.php3 ?id_article=461).

Rappelons aussi que Eric Jalton, député de la Guadeloupe, Anne-Marie Payet, sénatrice de la Réunion ont participé à la tentative de curée contre Olivier Pétré-Grenouilleau au cours d'une conférence tenue à l'Assemblée Nationale ... que le collectif des Antillais avait aussi réussit à faire annuler auprès du rectorat de la Guyane l'un de ces déplacements universitaire .. etc

Bref le but visé était clairement la mise à mort professionnelle d'un historien de prestige. Si ils avaient gagné alors plus aucun historien français n'aurait été à l'abri de leurs ouskazes.

Heureusement ...

... le 12 décembre 2005 est publiée la « pétition des 19 » (Jean-Pierre Azéma, Élisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock). « Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs » (extrait du texte qu’on trouve notamment sur le blog de Pierre Assouline, http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/2005/12/lhistoire_aux_h.html), les 19 rappellent certains principes et demandent, dans un geste spectaculaire et radical, l’abrogation des lois du 13 juillet 1990 (loi Gayssot « tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe » et qui, dans son article 24, punit « ceux qui auront contesté (...) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité), du 29 janvier 2001 (loi qui reconnaît le génocide arménien), du 21 mai 2001 (loi Taubira), du 23 février 2005 (loi dont l’article 4 demande aux programmes scolaires de mettre en valeur le « rôle positif de la colonisation »). Selon les auteurs de cette pétition, ces lois - même si les finalités en sont diverses - ont le tort d’imposer des limites aux historiens, de restreindre leur liberté. Dans une interview au quotidien 20 Minutes, René Rémond expose les raisons de la mobilisation des 19 : « L’affaire Pétré-Grenouilleau a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : ce très sérieux spécialiste de l’esclavage est poursuivi par des associations afro-antillaises qui, s’appuyant sur la loi Taubira, l’accusent de révisionnisme. Son seul tort est d’avoir dit que l’esclavage était certes un crime contre l’humanité mais pas un génocide. » (interview du 21 décembre 2005, publiée sur le site Internet du journal : http://www.20minutes.fr/journal/france/article.php ?ida=68138).

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy à travers François Fillon répond clairement à ces 19 grands noms : Sa réponse se nomme Patrick Karam. Et légitime son discours, ceux qu'il représente et ses actes passés.

Un choix douteux et très inquiétant.