Désireux de vous donner de plus amples informations sur le pays qui aura en Europe le plus grand nombre de députés au Parlement Européen, voici quelques précisions sur celui qui vient de faire cette courageuse déclaration ....

Deniz Baykal, leader de la gauche turque, chef du CHP (le Parti républicain du peuple), principal parti d’opposition social-démocrate au parlement; il représente la vieille garde de ce parti créé en 1923 par le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Ataturk.

Le CHP avait remporté 19% des suffrages aux élections législatives de novembre 2002, remporté haut la main (34%) par le parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui s’est assuré une majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Puis aux elections municipales de 2004 le CHP avait obtenu 18%.

Voici quelques une de ses positions politiques :

Sur les femmes en politique: avait reproché au parti de la Justice et du Développement de ne pas donner leur chance aux femmes... en oubliant qu'il n'avait qu'une seule candidate sur sa propre liste.

Sur le génocide Arménien, il déclare:

"Des événements tristes et malheureux ont eu lieu des deux côtés. Maintenant, qualifier de ’génocide’ ces événements est un grand mensonge qui blesserait profondément notre nation et nos amis. Les allégations de ’génocide’ sont injustes et doivent recevoir des réponses appropriées sur les plans légal, politique, culturel et social" (mardi 15 mars, lors d’une conférence de presse à Ankara portant sur le différend historique turco-arménien).

Selon lui il n’y a jamais eu, à l’époque ottomane, de plan visant à exterminer un groupe ethnique:

"Il suffit de consulter les archives ottomanes. Durant la période où les Arméniens prétendent qu’il y a eu un ’génocide’, les historiens relèvent qu’il y a de nombreux Arméniens parmi les ambassadeurs, les bureaucrates, et les conseillers du Sultan Ottoman. Le fait est qu’une partie des Arméniens ont été relocalisés en raison de la guerre contre la Russie, durant laquelle il y a eu des morts pour cause de famine, de pauvreté, de faim, et de déplorables conditions sanitaires. Les miliciens arméniens, alliés aux Russes, ont massacré des milliers d’innocents Musulmans ottomans en Anatolie orientale. Il y a eu une relocalisation en raison de la guerre, et absolument pas pour cause de génocide. Si l’on veut parler de ’génocides’, que dire du transfert de milliers de Tatars de Crimée vers la Sibérie durant la Seconde Guerre Mondiale ?"

Sur la laïcité:

Des positions fermes jusqu'en 1999, date à laquelle le CHP n’a pas franchi le seuil électoral de 10% et n’a donc plus été représenté au Parlement. Baykal a entrepris alors d’adoucir quelque peu son discours sur la laïcité en lançant le slogan d’une “gauche anatolienne” qui traduirait une sensibilité particulière autant à l’égard de la laïcité que des valeurs locales et religieuses. Toutefois, après les élections de novembre 2002, alors que le CHP constituait désormais le seul parti d’opposition à l’Assemblée nationale, Baykal est revenu à des positions laïques encore plus extrêmes que celles adoptées par la bureaucratie civile et militaire.

Sur son principal concurrent au sein de son parti:

Son seul rival actuel est Mustafa Sarigul, maire du district résidentiel de Sisli, à Istanbul, qui représente la vague des réformateurs au sein du CHP.

Accusé par M. Baykal lui-même d’avoir reçu des pots-de-vin, M. Sarigul, qui a irrité la direction de son parti en sillonnant le pays pour tenir des meetings, a été renvoyé devant une commission disciplinaire qui l’a blanchi.

Un congrès extraordinaire du CHP a ensuite été convoqué en janvier 2006.

Lors de ce congrès qui s’est tenu dans un palais de sports d’Ankara archi-comble, des altercations violentes se sont produites entre les militants à coups de poing, provoquant une intervention des forces de l’ordre. Plusieurs personnes ont été blessées lors des incidents.

Deniz Baykal y a été réélu président du CHP, pour la septième fois, avec 674 voix contre 460 pour Mustafa Sarigul (sur les 1 219 délégués).

Visiblement les attaques de ce "niveau" sont monnaies courantes. Ainsi quelques mois auparavant, une chanteuse transsexuelle avait provoqué un tollé en Turquie en accusant le chef de l'opposition au Parlement, de lui avoir soutiré une fortune dans les années 1980 pour l'aider à remonter sur scène où elle était interdite.

AFP 25.08.05 | 11h47

L'affaire a débuté lorsque Bülent Ersoy (53 ans), l'une des chanteuses les plus connues du pays, a affirmé sur une chaîne de télévision avoir été approchée par Deniz Baykal, leader du parti Républicain du peuple social-démocrate), plusieurs fois ministre et figure respectée de la classe politique. Mme Ersoy, à l'origine un homme, s'était attirée les foudres de la junte militaire au pouvoir en Turquie après le putsch militaire de 1980 en se faisant opérer à Londres pour un changement de sexe, les autorités lui interdisant de monter sur scène pendant plusieurs années. M. Baykal, lui-même interdit de politique après le coup d'Etat, travaillait alors comme avocat et aurait, selon Mme Ersoy, réclamé la somme de 100 millions de livres turques (60 euros au cours actuel mais une fortune à l'époque) pour une démarche qui aurait permis à la chanteuse de retrouver la scène musicale. Lors d'une conférence de presse mercredi, suivie par une horde de journalistes, la chanteuse a répété ses accusations. La personne qui a réclamé cette somme faramineuse "est M. Deniz Baykal, président du très respectable CHP (...) Nous nous sommes rencontrés à Ankara", a-t-elle notamment dit. M. Baykal a rejeté les accusations, affirmant n'avoir eu qu'une courte conversation téléphonique avec l'intéressée et démentant avoir demandé une quelconque somme d'argent. Selon son entourage, il devrait intenter un procès contre la chanteuse pour diffamation. Les principaux journaux turcs consacraient jeudi leur "Une" à cette controverse qui pourrait ternir l'image de M. Baykal, dont le parti ne cesse de chuter dans les sondages d'opinion.

D'autres nouvelles en vrac de ce futur pays européen ?

Décision de la Cour de cassation à l’encontre du sous-secrétaire au Premier ministère : La Cour a pourvu en cassation contre le verdict d’un procès en diffamation lancé par Ömer Dinçer, au motif de déclarations antérieures contraires à la Constitution, par le sous-secrétaire : « ...La République a perdu ses fonctions,.. le principe de laïcité doit s’intégrer à la religion, l’État doit avoir une structure décentralisée, plus participative et plus islamique... ». Le CHP qualifie Ömer Dinçer de « cheval de Troie » et estime qu’il ne devrait pas occuper un tel poste.

Après son discours controversé du 23 avril, le président de l’assemblée nationale, Bülent Arinç, a effectivement affirmé qu’il penserait se porter candidat à la présidence de la République, « à moins que le PM Erdogan ne s’y oppose. »

« A l’approche de l’élection présidentielle de mai 2007, il semble que la Turquie va passer par une rude épreuve. Le Premier ministre et le président de l’assemblée nationale ne dissimulent plus leur futur programme : ’’changer la définition de la laïcité’’, alors que cette proposition même est anti-constitutionnelle... La plus grande menace pour la démocratie, c’est la mentalité selon laquelle, un pouvoir élu peut faire tout ce qu’il veut... Le Président de la République a le devoir de défendre les principes constitutionnels. Si le PM Erdogan et Bülent Arinç continuent dans cette voie, le Président Sezer devra accomplir la mission, qui lui est imposée par la Constitution... ». Selon Cumhuriyet.

etc...