Surtout ne parlons pas des sujets essentiels
Par Enki40, mardi 10 octobre 2006 à 07:45 :: Revue de presse :: #387 :: rss
Comme si un médecin devant un patient atteint d'un cancer mortel affirmait qu'il faille d'abord parler et soigner les petits bobos quotidiens :
Le ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances Azouz Begag a dénoncé, dimanche sur Europe 1, ceux qui mettent l'immigration "au coeur du débat politique", estimant que cette question comme celle de l'islam ne devaient pas être abordées avant la présidentielle.
Par ailleurs, M. Begag a souhaité que Dominique de Villepin se présente à la présidentielle, en estimant que le Premier ministre incarnait "l'apaisement", "l'unité", celui qui "parle à tous les Français sans tentative de désunion" .
Il a annoncé vouloir se présenter aux élections "locales" "à l'extérieur de l'UMP", à Lyon, sa ville natale, briguée par son collègue des transports Dominique Perben.
Interrogé sur la crise des expulsés de Cachan gérée notamment par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, il a déclaré: "j'en ai assez de voir que, depuis 25 ans, cette population immigrée pauvre est jetée en pâture au débat politique de droite comme de gauche". Il a indiqué qu'il avait demandé au préfet du Val-de-Marne de se rendre à Cachan pour "délivrer un message d'humanité" et que le préfet et ses conseillers lui avaient dit que "ça n'allait pas arranger la réflexion".
Au sujet des régularisations, celui qui se présente comme "un enfant d'immigrés africains" "propose d'en parler après l'élection présidentielle et législative parce que c'est un sujet passionnel (...) crispant". Il regrette qu'on associe systématiquement immigration et insécurité. Il a également souhaité "laisser de côté" l'islam pendant "six ou sept mois" estimant que cette question était "au coeur du noyau identitaire des jeunes de banlieue". Ces deux thèmes font "peur aux gens", a-t-il ajouté. "Laissons passer 7 mois, on en reparlera après".
Le ministre a souhaité qu'on ne "fasse pas un anniversaire" pour marquer le déchenchement des émeutes de fin 2005, le 27 octobre. Il a jugé qu'il y avait eu "évidemment des améliorations" en banlieue tout en soulignant "ce ne sera jamais assez, quand il y a des types qui sont désespérés, qui ont 20 ans-25 ans dans ces quartiers et qui n'ont d'autre alternative que de vivre cachés dans l'économie parallèle depuis toujours (...) Comment vous voulez faire pour empêcher qu'une petite minorité entaille la crédibilité de la majorité ?".
M. Begag a indiqué que les critiques qu'il avait formulées contre l'action de Nicolas Sarkozy lui avaient "coûté cher" et qu'il n'avait "pas de contacts" avec le ministre de l'Intérieur. Il a conseillé à M. Sarkozy d'aller dans les banlieues "souvent et dans un rapport de confiance non médiatisé".
Concernant l'affaire Robert Redeker (professeur de philosophie menacé de mort après une tribune sur l'islam) le ministre a souligné qu'il était favorable à la liberté d'expression à condition qu'elle "aille dans la construction d'une fraternité".
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/061008182725.4mzdezw7.htm
Marianne.
Commentaire de FM : )
"...qu'elle "aille dans la construction d'une fraternité..."
Begag ne semble pas avoir eu le temps de finir sa phrase. Il voulait certainement dire :à condition qu'elle "aille dans la construction d'une fraternité islamique".




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