Sarko, l'homme qu'il nous faut ?
Par Enki40, vendredi 25 août 2006 à 11:52 :: Textes et Articles :: #231 :: rss
Avez-vous lu "Témoignage" ? Un livre très bien fait. Qui se lit facilement. On retrouve le style parlé de l'homme. Ce style communiquant simple et directe, sortant souvent des ornières de la langue de bois. Un style franc qui change des aternoiements florentins de cette génération d'hommes politiques vendus à la seule ambition de leur réélection.
Ceci explique certainement en partie son succès. Plus de 270 000 exemplaires vendus! Un véritable phénomène d'édition . Qui marque aussi et surtout de la part des lecteurs un réel intérêt, une réelle curiosité pour l'homme Sarkosy, celui qui ose dire sans complexe depuis plus de 20 ans, parfois maladroitement, parfois avec panache, qui il est et quel est le but avoué de sa vie, celui qui est aujourd'hui patron de l'UMP, Ministre de l'Intérieur, adversaire politique et successeur de Jacques Chirac, futur candidat à la présidentielle de 2007 au premier et second tour...
On n'arrive pas à la tête d'un parti politique par hasard. Il faut des qualités spécifiques et une ambition démesurée. Il faut des convictions et du courage ( tous n'en ont pas) dans un milieu parfois plus façonné par la violence égotique que par l'attachement à des valeurs politiques.
Mais je ne suis pas ici pour un éloge.
Il ne s'agit pas de méconnaître indûment le bilan ou les propos positifs d'un homme politique parce qu'il ne partage pas avec nous les mêmes stratégies politiques. Il ne s'agit pas non plus de tourner casaque à quelque mois des élections en esperant une contrepartie gratificatrice de la part du probable (une chance sur deux!) nouveau maître des lieux pour les 5 prochaines années ( de toute manière je suis trop cher).
Je ne parlerais pas ici du bilan Sarko (celui-ci s'en charge très bien), ni de l'homme. Tout cela vous le trouverez dans cet excellent exercice de communication, (sur bien des points un vrai livre de droite), aux Editions XO pour la modique somme de 16,5 euros.
Les quelques courts extraits qui suivent permettent en fait de confirmer certains chemins que Sarkosy fera prendre à la France si il est élu. Certaines phrases, ainsi, « innocentes » en soi, prennent toutes leurs dimensions quand elles sont lues d'un point de vu critique dans leur contexte globalisé. Quand elles sont passées, au-delà des intentions de principe que personne en soi ne peut renier, au crible d'une réalité qu'elles ne font que réinventer pour mieux la nier. En esperant que cet éclairage aide à voter au premier tour.
Sur Sangatte : « Je n'oublierais pas de sitôt ma première visite dans le hangar. Trois milles paires d'yeux braquées sur moi, à la fois implorantes et menaçantes; Que des hommes quasimment. Pas un ne possédant un mot de français. Ils attendaient tout. J'avais si peu à donner. Ils étaient calmes et pourtant ce silence était si violent. C'est ce jour-là que je décidai de tous les en sortir. La solution proposée par les services était à l'évidence infaisable car injuste. Il s'agissait de laisser entrer en Angleterre ceux qui pourraient justifier y avoir un proche déjà installé et de renvoyer les autres dans leur pays si c'était possible. Je ne nous voyais pas faire une telle selection: sous quelle forme, selon quelle procédure, sur quelles preuves, et surtout au nom de quoi dès lors que tous avaient souffert pour arriver là et payé chèrement des passeurs sans scrupules. Nous les avions accueillis, l'humanité commandait de tous les garder. » (P.25)
Sur l'Islam: « ...les rencontres que j'ai faites à l'occasion de la création du Conseil français du culte musulman m'ont beaucoup marqué. Je connaissais peu la religion musulmane et finalement assez mal les musulmans de France. J'ai découvert des hommes et des femmes divers dans leurs origines et dans leur foi, tolérants et pacifistes, certains très brillants sur le plan professionnel, la plupart modeste car issus de l'immigration récente, d'origine étrangère mais d'esprit profondément français. Finalement je me sens beaucoup plus proche de quelqu'un comme Ali Berka, président fondateur de la mosquée de Mantes-le-Jolie, ancien ouvrier chez Renault où il a travaillé toute sa vie, de nationalité marocaine mais vivant en France depuis des années, que de nombreux avocats parisiens. »
« Ministre de l'Intérieur, j'ai annoncé ma volonté de supprimer la double peine sans en informer préalablement ni le Président, ni le Premier ministre. »(p.84)
« Je crois dans la force et la richesse de la diversité. J'aime l'idée d'une France devenue multiple. » (p.95)
« Peine de mort, pas peine de mort, depuis des années la débat revient en boucle chaque fois qu'un enfant est victime d'une crime (...). Il existe pourtant d'autres solutions. » (p.104)
« depuis 2002, j'ai été très souvent caricaturé dasn mes idées. Ainsi, je demande que les pouvoirs publics s'investissent davantage au profit de l'insertion des jeunes issus de l'immigration, afin que le repli communautaire ne prospère pas grâce aux défaillances de l'Etat(...) Je propose une loi d'immigration choisie, c'est-à-dire un projet qui reconnaît explicitement les bienfaits de l'ouverture pour un pays comme le nôtre (...) »(p.110)
« (...) dans les démocraties contemporaines, ouvertes et complexes, la concertation, le compromis ne sont pas des faiblesses, mais des conditions de la réforme, et le rôle de la politique sera de plus en plus de réussir à concilier des points de vue inconciliables et à satisfaire des intérêts divergents » (p.168)
« Je pense qu'il faut supprimer l'article 49.3 de la Consitution et donner plus de moyens au Parlement » (p.171)
« (...) j'estime qu'il faut accroître les moyens de l'opposition. Les choses sont ainsi faites que le parti qui a perdu les élections devient le parti qui a le moins de moyens. Une démocratie plus apaisée, plus équilibrée exigerait au contraire que le parti soit aidé à se reconstruire et à exercer son rôle d'opposant. Je propose donc que l'opposition parlementaire soit d'abord dotée d'un statut, qui permetrrait de la reconnaître comme un acteur indispensable de nos institutions et de lui conférer un certain nombre de droits: être associée aux consultations menées en tant de crise, être reçue régulièrement par le président de la République: avoir des représentants lors des visites officielles... » (p.172)
« Je suis fier d'être l'homme de droite qui a suppimé la double peine (...) cette réforme restera une étape importante de ma vie politique. (...) Sa suppression était l'une des 110 propositions du candidat Miterrand en 1981 ! » (p.195)
« Je n'ais jamais été favorable à l'immigration zéro qui amènerait la pays, à supposer qu'on puisse l'appliquer, à se déssécher » (p.204)
« Les Français veulent de la fermeté à l'égard de l'immigration clandestine, mais ils supportent difficilement qu'on éloigne hors de nos frontières l'étranger en situation illégale qui habite près de chez eux » (p.204)
«En supprimant la double peine, le gouvernement envoyait un signal d'ouverture et de de générosité à l'égard des étrangers vivant depuis longtemps chez nous. Il établissait une différence claire entre une politique de maîtrise des flux migratoires et une conception raciste et xénophobe de l'immigration » (p.205)
« Cette France, je la vois d'abord comme un pays libre(...). Un pays dans lequel il n'y a plus de discrimination selon une couleur de peau, la consonnance d'un nom de famille ou une adresse dans un quartier (...) dans ce pays on pourra croire et pratiquer une religion sans être qualifié de bigot ou de terroriste. » (p.278)
Et c'est ainsi que Sarko est grand..
ENKI40




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