Robert
Par Enki40, lundi 30 avril 2007 à 02:44 :: Textes et Articles :: #783 :: rss
Aujourd'hui est la fête de tous les Robert mais aussi et surtout de Saint Robert, l'abbé fondateur de Citeaux.
http://www.citeaux-abbaye.com/
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/les_cisterciens_labeur_austerite_et_rayonnement.asp
En ce jour nous avons aussi une pensée émue pour les contemporains de cet ordre que furent les sept frères trappistes de N.D. de l'Atlas, Tibhirine (Algérie), qui connurent le martyre en mai 1996, égorgés par le GIA : frère Christian, frère Luc, frère Christophe, frère Michel, frère Célestin, frère Paul et frère Bruno.
"Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les Cieux : c’est bien ainsi qu’on a persécuté les prophètes, vos devanciers." (Mt 5,10-12).
D'hier à aujourd'hui l'actuallité des passions humaines et des totalitarismes en marche, hélas ne se tarit pas... A titre d'exemple, voyons quelques dates de ce siècle qui vit la création de Citeaux :
1001. Les troupes musulmanes pénètrent au Pendjab.
1001. Pillages et destructions en Inde par Mahmud de Ghazni, 50'000 hommes tués lors de la bataille de Sommath.
1002. Mort d'Al Mansour, après 52 expéditions contre les royaumes chrétiens d'Espagne - Mort d'Al Mansur après 50 campagnes contre les chrétiens
1004. Juifs et chrétiens doivent porter un turban et une ceinture noirs en Egypte - Mahmud de Ghazni envahit Multan (Pakistan), conversions forcées dans la région de Ghor.
1009. Juifs et chrétiens d'Egypte doivent porter une croix ou des clochettes dans les bains - Destruction du Saint Sépulcre de Jérusalem par les Fatimides, sur ordre d'Al-Hakim, futur prétexte à la croisade - Vague de conversions forcées par le sultan Al Hakim en Egypte
1010. Destruction du monastère melkite d'Al Kusair et profanation des tombes - Destruction de l'église des apôtres dans le monastère d'Al Kusair - Mahmoud de Ghazni envahit le royaume de Multan en Inde; massacres et destructions - Ordre de destruction des églises de Jérusalem par Al Hakim - Pillage de la ville sacrée de Thaneswar par les armées de Mahmud de Ghazni - Persécution des chrétiens, juifs et sunnites par le calife fatimide Al Hakim
1010/ 1013. Des centaines de juifs tués dans le sud de l'Espagne.
1013. Mahmud de Ghazni attaque le roi de Shaki Trilochanapala et pille le Kashmir - Conquète de l'Inde par Mahmud : "après que le sultan ait purifié l'Hind de l'idolâtrie, et construit des mosquées, il décida d'envahir la capitale d'Hind pour punir ceux qui gardaient des idoles et n'avaient pas de connaissance de l'unité de Dieu... une pierre fut trouvée dans le temple du grand Bouddha." - Mahmud de Ghazni attaque Thanesar (Haryana): " le sang des infidèles coulait tant que la rivière avait changé de couleur... et on ne pouvait plus la boire." - Mahmud de Ghazni attaque Mathura (Uttar Pradesh): "le nom de cet endroit était Mahartu Hind... Au milieu de la ville se trouvait un temple plus grand que les autres... le sultan donna d'ordre que les temples soient brûlés avec de la naphte et du feu et rasés." - Mahmud de Ghazni attaque Kanauj (Uttar Pradesh): "il y avait près de 10 000 temples dans lesquels les idolâtres représentaient faussement et stupidement ceux qu'ils prenaient pour leurs ancêtres d'il y a deux ou trois mille ans...Beaucoup d'habitants fuirent... ceux qui n'ont pas fui ont été mis à mort". (Al Jabbarul Utbi) - Mahmud de Ghazni envahit tout le Penjab
1014. Sous le calife Al Qadir, la foule musulmane attaque les maisons chrétiennes et détruit plusieurs églises - Al Qadir fait détruire l''église de la résurrection à Jérusalem - Al Qadir fait proclamer par des héraults que toute la population chrétienne est obligée de se convertir. Fuite massive vers les territoire byzantines - Al Qadir oblige les chrétiens assyriens à suivre des règles somptuaires: interdiction de monter à cheval, de porter des bagues, de porter des croix en métal.
1015. Conquête de la Sardaigne - Attaque de la Sardaigne par Mujahid
1016. Juifs chassés de Kairouan (Tunisie). - Guerre de religion en Tunisie entre sunnites et chiites
1018. Destruction totale de la ville indienne de Kanauj par Mahmud de Ghazni - Incendie du temple de Mathura en Inde par Mahmud de Ghazni
1019. Mahmud de Ghazni rend chez lui avec 53000 esclaves - Pillage de Maguelone par les pirates sarrazins - Mahmud retourne à Ghazni après un butin énorme après le pillage des temples indiens et 53 000 esclaves
1025. L'idole du temple de Somnath en Inde est détruite et ses morceaux sont intégrés au pavement de mosquées à la Mecque et Médine
1026. Destruction du sanctuaire de Somnath par Mahmut de Ghazni
1029. Guerre civile entre Berbères et Turcs au Caire
1030. Mort de Mahmud de Ghazni, qui avait pris l'habitude de réciter un verset du coran après chaque destruction de temple hindou .
1032. 5'000 à 6'000 juifs tués dans une émeute à Fez
1034. Prise de Myra par les Arabes et destruction de son église.
1040. Décapitation du théologien juif Gaon Chiskiya chef d'une école talmudique.
1046. Le théologien Abdullah Ansari est entravé par un carcan pendant 5 mois à cause d'une pétition d'autres théologiens.
1051. Destruction du mausolée d'Ali à Nadjaf par la population de Bagdad
1055. Destruction par les Almoravides de l'empire Soninke
1057. Prise et pillage de Bagdad par les Turcs
1059. Pillage de Sivas par les Seldjoukides - Pillage de Sébastée du Pont par les Seldjoukides.
1061. Début de l'influence fondamentaliste de l'école hanbaliste à Bagdad. 1064. Conquête de la Géorgie et de l'Arménie par Arp Arslan, massacres et esclavage. - L'église des Saints Apotres de Kars est transformée en mosquée, la Kümber Camii.
1065. Décapitation de 65 moines chrétiens du monastère d'Abanub par Haffas sous Al Mustansir en Egypte.
1066. Au cours du massacre de Grenade, assassinat du Nagid de la communauté, successeur de Samuel Ha Nagid. - Massacre de 4'000 juifs à Grenade.
1067. Prise de Néocésacée du Pont par le turc Afshim et son pillage.
1069. Mise à sac d'Iconion par les Seldjoukides - Destruction des églises de Cordoue datant d'après la conquête arabe
1071. Guerre civile en Egypte entre les Turcs et les Soudanais "Noirs"
1072. Abou Wafa obligé de se rétracter et de regretter tous ses écrits - Attaque turque contre la Géorgie ; destruction de villes et d'églises selon les chroniques.
1073. Début des persécutions contre juifs et chrétiens par les Turcs à Jérusalem - Massacres d'infidèles à Damas.
1074. Épuration au Caire : les officiers turcs et les fonctionnaires égyptiens sont décapités - Sedrata la capitale kharedjite est détruite par les Hamanides
1075. Prise de Pruse par les Seldjoukides
1076. En Afrique, l'Islam s'infiltre par les sables sahariens, atteint l' Empire du Ghana , dont il rompt l'unité, et qui se dissout en royaumes indépendants, contamine, sur le Haut-Niger, la petite principauté du Mali qui, à son tour, engendrera un Empire islamique, de la Gambie à Gao.
Plus à l'Est, les Arabes descendent sur la Nubie, où ils font grande rafle d'esclaves; et sur la côte orientale du continent noir, ils s'installent avec des garnisons de mercenaires, en des comptoirs fortifiés : Mogadisque, Mombasa, l'île Pempa, l'île de Zanzibar, Quiba, Johanna aux Comores, et jusqu'à Sofala, sur le canal de Mozambique. De ces comptoirs, partent des caravanes vers des entrepôts installés à l'intérieur, et arrondis parfois aux dimensions de petits royaumes : les indigènes (Bochimans, Bantous...) y troquent or, ivoire ou esclaves contre des objets de verroterie ou de métal. Plus loin encore, à Madagascar, les Arabes se sont mêlés à la population locale. Partout, ils apportent Allah et Mahomet.
- Les Almoravides détruisent l'empire animiste du Mali et ravagent la capitale Kumbi-Saley
1077. Dans l'Inde, les sultanats musulmans se multiplient au Nord, en attendant que l'Islam pénètre le sud de la péninsule. Dans l'océan Indien, les voiliers arabes, mettant à profit les moussons, poussent sur les côtes du Siam et de la Malaisie, et fréquentent des ports qui seront Hanoï et Canton. Disposant de comptoirs, en particulier dans le golfe du Bengale, aux îles Adaman, établis à Sumatra, à Java et aux Moluques sur de solides positions commerciales, les Arabes se procurent, pour la Cour de Bagdad, soieries et épices, en offrant les esclaves d'Afrique, les pierres précieuses de la Perse ou les perles de l'Inde, avec le Coran par-dessus le marché.
Le surprenant Empire que celui qu'ont édifié les descendants des chameliers du désert d'Arabie! Du golfe de Gascogne à la mer Caspienne, de la Mozambique à la mer Noire, du Sénégal à l'Insulinde, il s'étend sur 7.000 kilomètres du nord au sud, 15.000 de l'est à l'ouest. Mais est-ce bien un Empire? Est-il mllitaire, mercantile, religieux? Vise-t-il à la domination, ou à l'exploitation, ou à la conversion des infidèles? Les Arabes ne le savent pas eux-mêmes. Ils sont partis pour la guerre sainte, et dans l'espoir du butin. Ils finissent en trafiquant sur l'or et la chair humaine. Au vrai, leur Empire est surtout militaire à l'Occident, surtout commercial à l'Orient, et il entend rester idéologique partout.
- Massacre de 3000 infidèles à Jérusalem par le chef turkmène Atsiz - Des milliers de femmes berbères d'une tribu révoltée sont mises en vente au marché aux esclaves du Caire.
1080. Les Soninke animistes maliens se réfugient au sud du pays devant les invasions musulmanes
Colonisation Islamique. Pour expliquer le fait arabe et comprendre ses développements, il suffit de consulter le livre saint le Coran. On y trouve à la fois les mobiles de la conquête (la conversion des insoumis) et ses moyens (la terreur). Il est le bréviaire du combattant et du colonisateur. Le Coran, qui comprend la totalité des révélations de Dieu à Mahomet, compte 6.206 versets de 1 à 68 mots, répartis en 114 chapitres ou sourates. Il est rigoureusement impératif : le musulman ne saurait discuter ni ses interdictions, ni ses ordres.
Or, il dit la nécessité d'une guerre inexorable : « Tuez-les (les infidèles) où que vous les trouviez » (sourate de la Vache, v. 189). « Combattez-les jusqu'à ce que la religion de Dieu soit bien assise » (idem, v. 191). « Ne cessez pas de harceler vos adversaires » (sourate des femmes, v. 103). « Combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'une religion» (sourate du Butin, v. 39).
Fort de ces préceptes, le Musulman sait ce qu'il lui reste à faire : massacrer ou convertir ; transformer toutes les provinces du monde en terrains de guerre, puis en territoires tributaires, puis en terres de l'Islam; extirper l'idolâtrie, tuer les idolâtres. Quand le chef arabe atteint sur le Sous le littoral atlantique, il pousse son cheval dans la vague et s'écrie : « Seigneur, Si cette mer ne m'en empêchait, j'irais dans des contrées plus lointaines encore, en combattant pour ta religion et en tuant tous ceux qui ne croient pas en ton existence et qui adorent d'autres dieux que toi. » Portée par un tel élan, la victoire est nécessairement au terme de l'entreprise.
Pour vaincre, il ne suffit sans doute pas d'avoir la foi et de terroriser; mais les Arabes disposent des chevaux rapides qu'ils ont trouvés en Perse, et ils ont appris, au contact des Chinois, l'emploi de l'étrier; archers habiles et cavaliers fougueux, ils associent le tir et le mouvement en des assauts irrésistibles. De l'Inde, ils ont recueilli le secret de l'acier, et Damas, puis Séville et Tolède trempent pour eux des épées fameuses.
Les contingents arabes ne sont pas très nombreux. Mais ils ne cessent d'être grossis par la masse des ralliés à l'Islam (ralliés plus souvent par les avantages matériels de la conversion, et par la perspective des razzias, que par la grâce d'Allah). Ce sont des Berbères islamisés qui envahissent l'Espagne, des Iraniens qui vainquent les tribus turques d'Asie. Les Arabes ne fournissent guère que l'aristocratie dirigeante de l'Islam conquérant.
Selon la doctrine même du Coran, ils triomphent par la terreur. Quand Tarik prend Carthagène, il fait couper en morceaux bon nombre de ses prisonniers et bouillir leurs chairs dans des chaudières. Après quoi, il libère les autres captifs, pour qu'ils fassent connaître par quelles méthodes règne l'Islam. Les califes de Grenade font trancher les têtes des vaincus, morts ou vifs, et les exposent, dûment salées, en pyramides monumentales sur les places des grandes villes. El Mansour, vainqueur des Chrétiens du Léon, entasse trente mille cadavres et du haut de cette montagne sanglante, fait lancer par le muezzin l'appel à la prière du soir.
Lors d'une révolte de Cordoue, trois cents notables sont crucifiés, la tête en bas, au long du Guadalquivir, et leur lente agonie édifie toute la ville. A Koufa, un gouverneur commence par tenir à ses administrés le langage suivant : « Je vois ici des têtes arrivées à maturité, dont il est temps de faire la vendange. Je vois déjà le sang ruisseler sur vos turbans et sur vos barbes. Par Allah! Je vous ligoterai comme on lie, pour les mieux couper, les buissons d'épines ; je vous rouerai de coups, comme des chamelles qui s'écartent du troupeau.» Un calife se choisit pour nom as-Saffâh, c'est-à-dire « celui qui verse le sang » . Voilà le lot des colonisés.
Quant au colonisateur, il a pour lui le butin. Celui-ci est prévu par le Coran (VIII, 41), à condition que le cinquième revienne « à Dieu, son prophète, ses proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs » . Des premières batailles en Espagne, les envahisseurs rapportent « trente mille vierges, filles des rois et des notables wisigoths, une quantité innombrable de marchandises et de pierres précieuses » . Plus d'un raid n'a d'ailleurs d'autre but que le pillage. Mais, au-delà du butin passager, l'Arabe découvre qu'il peut s'approprier des terres, depuis le Gange jusqu'au Tage. « Le Paradis est devant vous, et l'Enfer derrière » , disent les chefs arabes à leurs guerriers : ils comprennent vite que le Paradis s'identifie avec les terres conquises, et l'Enfer avec le désert abandonné. C'est ainsi presque sans le vouloir que l'opération tourne à l'occupation permanente. L'agresseur est surpris de se heurter à un monde prêt à tomber en ruines, et incapable d'une résistance organisée. L'Empire arabe naît de cette décomposition.
Mais recompose-t-il ? En principe, le pouvoir est centralisé entre les mains du calife, interprète de la volonté du Prophète. Commandeur des Croyants, le calife est un chef religieux celui qui dirige la prière, et au nom de qui la prière est dite. Mais il est aussi chef militaire, puisque c'est lui qui, sans commander les armées, leur donne la baraka, qui confère la victoire. Et il est nécessairement chef politique, puisque, dépositaire de la Loi, il administre la communauté musulmane. Sur le modèle perse, un vizir, assisté de ministres, règne sur les divans, qui sont les bureaux. De Médine, le siège du pouvoir central passe à Damas, puis à Bagdad : capitale errante, selon que les influences dominantes sont syriennes ou iraniennes.
Le gouvernement des provinces est confié à un émir, commandant militaire (le mot amiral en dérivera), puis chef civil, que seconde l'amil, collecteur des impôts. Dans chaque ville, le pouvoir est partagé entre le cadi, qui juge, le percepteur, le commandant d'armes, le lieutenant de police, le maître de poste et l'intendant des domaines.
Cette organisation s'appuie sur l'unité du dogme, la rigueur des obligations canoniques, la minutie des règles juridiques. L'Islam apparaît comme une immense communauté de foi et de pratiques : tous les biens n'appartiennent qu'à Dieu, tous les croyants prient cinq fois par jour en se tournant vers La Mecque, jeûnent du lever au coucher du soleil pendant le mois du ramadan, se purifient par l'aumône légale et font le pèlerinage de la Ka'ba. Ainsi rythmées, les vies des Musulmans acquièrent une solidarité morale, qui tourne normalement à la solidarité politique.
1085. Reconquêtes de Tolède par Alphonse VI de Castille.
1086. Publication des "Règles des Rois" par Nizam al Mulk, très intolérant envers les hérétiques et les infidèles, considérés comme monstrueux.
1098. Moines d'occident. - Fondation de Citeaux par Robert de Molesmes, dans un endroit désert au sud de Dijon. Le légat Hugues de Die approuve le mode de vie austère et contemplatif des moines cisterçiens, dont se distinguent les convers: ceux-ci assurent les tâches matérielles. - Prise d'Amorion par le turc Afshim et son pillage.
1092. Les Normands tiennent la Sicile.
1094. Le Cid Campeador s'empare de Valence.
1095/ 1099. Première croisade et prise de Jérusalem; quatre Etats sont créés, le royaume de Jérusalem, le comté d'Edesse, la principauté d'Antioche et le comté de Tripoli.




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