Rien n'est fait.
Par Occidentalis, vendredi 4 août 2006 à 01:30 :: Revue de presse :: #199 :: rss
par Guy Rolland
Ce capital de confiance auprès des nations arabes, ce n'est certainement pas le gaullisme qui l'a suscité. Là aussi il conviendrait de ne pas avoir la mémoire trop courte. C'est un capital très antérieur aux reculs entamés par le gaullisme et consolidés depuis avec une persévérance sans faiblesse.
En outre quel est l'intérêt de la France dans cette nouvelle étape de son offensive anti américaine ? L'Amérique risque de durer un peu plus longtemps que Monsieur Bush et le fait le plus probant reste que la puissance française et son influence dans tous les domaines ne cessent de reculer. En outre il s'agit aussi de savoir si nous sommes d'abord les alliés des nations arabes ou d'abord ceux de la nation israélienne. Il serait intéressant de connaître les points de vue des nations dont nous sommes, jusqu'à preuve du contraire, les alliés habituels.
Le nombrilisme hexagonal avait atteint son sommet avec les rodomontades ridicules d'un Machiavel obsédé par la seule idée de nuire à ceux de son pays, de son camp, de sa culture. Mais un coq déplumé, planté dans le fumier de la basse-cour, a beau s'égosiller pour répéter qu'il est beau, ses confrères finissent par le supporter comme on supporte avec longanimité et discrétion le vieil oncle libidineux abimé dans une sénilité sans remède.
Quand une nation a été capable d'abandonner un million de ses nationaux, quand elle a été capable de laisser assassiner 150.000 de ses supplétifs les plus fidèles et près de 30.000 de ses compatriotes et quand ce sont les héritiers de cette politique du reniement et de l'abandon qui prétendent apporter la solution miracle à un conflit qui tire l'ensemble de ses racines dans un tréfonds religieux millénaire, il est douteux que tant de légèreté soit prise au sérieux.
Les Etats-Unis brassent à Wall Street en un jour ce que le Palais Brongniart brasse le reste de l'année. Cette comparaison pourrait illustrer le rapport de forces qui existe entre la France et les USA dans le domaine financier autant que dans tous les autres domaines.
Pourquoi ne pas imaginer aussi que la position de la politique française au Moyen Orient dépende simplement de la présence en France de 14 millions de Musulmans et que le principe de précaution désormais adopté par les dirigeants français résulte de cet autre rapport de forces ? En d'autres termes que la prétendue force originale de la diplomatie française ne soit que la sournoise preuve de sa faiblesse, un peu comme ces images fameuses qui montrent dans le même dessin les deux visages radicalement différents de deux personnages.
Bien entendu avant d'introduire en France autant d'adeptes de l'islam aucun principe de précaution n'avait été pris en considération, compte tenu que toute religion en vaut bien une autre dans le cerveau d'un énarque qui tient tout cela pour préoccupation exotique et superfétatoire.
Si Monsieur Douste Blazy à qui personne n'en demandait tant juge que la colonisation française a été une "horreur", c'est que Monsieur Douste Blazy n'est pas Monsieur Tony Blair qui n'a pas besoin de se flageller en public pour demander pardon de la colonisation britannique ni pour supplier les fous d'Allah de ne pas poser de bombes dans le métro londonien.
En 38 il y avait eu Chamberlain et Daladier. Aujourd'hui il n'y a plus que Daladier. Une vachette pour remplacer un taureau.
Guy ROLLAND




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