En Grèce :

Le ministère grec des Affaires Etrangères a défendu vendredi l' application partielle de la charia en matière de droit familial pour la minorité musulmane de Thrace, au nord-est, y voyant une preuve de respect des particularités culturelles de cette population.

Cette spécificité grecque "est une confirmation du respect" de l'Etat grec "pour les références culturelles de la minorité", majoritairement de souche turque, a déclaré le porte-parole du ministère, Georges Koumoutsakos, interrogé lors d'un point de presse sur ce dossier.

Il a toutefois relevé que les "réalités sociales" prévalant au sein de cette communauté pouvaient évoluer.

Le statut de la minorité, établi en vertu du Traité de Lausanne de 1923, reconnaît aux trois muftis de la région, désignés par l'Etat grec, la compétence de juges pour trancher les affaires de droit familial sur la base de la loi coranique.

En principe, ceux ou celles s'estimant lésés peuvent s'adresser aux tribunaux civils, mais selon les militants progressistes de la minorité, les juges se déclarent en général incompétents, renvoyant les plaignants au muftis.

Si elle n'autorise pas la polygamie, cette situation, dénoncée par les féministes et défenseurs des droits de l'homme, est par contre à l'origine d'un traitement discriminatoire des femmes de la minorité en matière de divorce et d'héritage.

C'est également dans ce cadre qu'une fillette tzigane de 11 ans avait été mariée à son violeur de 22 ans par le mufti de Komotini, une des chef lieu de la région, avant qu'un tribunal allemand, où le "couple" avait émigré, ne casse le mariage en 2004.

La ministre grecque des Affaires Etrangères, Dora Bakoyannis, s'est rendue début février auprès de la minorité, forte d'environ 100.000 membres, pour annoncer une série de mesures en sa faveur, visant à combler le fossé social et économique la séparant du reste du pays.

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070216111241.jc8cgv4c.htm


En Suisse :

Le gouvernement suisse s'est prononcé contre l'interdiction du port dans les lieux publics de la burka, un vêtement qui cache entièrement le corps et le visage des femmes, dont le port est préconisé par certaines traditions islamiques intégristes.

Une interdiction de la burka dans les lieux publics serait contraire à la liberté religieuse garantie par la constitution suisse, a estimé le gouvernement dans une réponse à la question d'un député, publiée vendredi.

"De nombreux musulmans pratiquant déduisent du Coran l'obligation religieuse pour les femmes de couvrir leur corps et leur tête", relève le gouvernement. "Or la liberté religieuse ne peut être restreinte que s'il existe une base légale, qu'un intérêt public ou la protection d'un droit fondamental d'autrui le justifie, que la restriction soit proportionnée et que l'essence de la liberté religieuse demeure intacte", poursuit-il.

Si "nul ne peut être contraint d'accomplir un acte religieux", une interdiction générale du port de la burka dans les espaces publics ne répondrait pas non plus à ces critères, conclut l'exécutif fédéral.

Les cantons suisses restent toutefois libres de prononcer des interdictions ciblées: le gouvernement du canton de Genève a ainsi interdit à une enseignante musulmane, dans une école primaire publique, de porter le foulard islamique pour donner ses cours. Cette décision était liée à la neutralité confessionnelle de l'école et avait pour corollaire l'interdiction d'influencer les convictions religieuses des élèves.

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070216171912.hv58v7fw.htm