Recensement des mouvements islamistes au Maroc
Par Enki40, mardi 23 mai 2006 à 19:13 :: Connaître l'islam :: #35 :: rss
Nous l'avions déjà signalé, les sondages marocains montrent qu'aux élections législatives 2007,le PJD fera un score historique...et en sera peut être le grand vainqueur...
Afin de nous préparer comme il se doit, et puisque, si la Turquie entre en Europe, le Maroc, officiellement candidat à la candidature, sera le premier des pays méditérranéens à y entrer à son tour... ( débuttant ainsi l'Euroméditérranée si cher à DSK, qui n'est que la phase finale de l'Eurabia en cours de réalisation), il nous apparait indispensable que vous commenciez à vous familiariser avec les petits partis islamiques montants , qui demain n'en doutons pas, seront au gouvermenent et dont certains membres seront élus au Parlement européen...
Merci à FM de nous avoir transmis cette info.
La galaxie islamiste au Maroc comprend au moins 23 groupes ou groupuscules d'importances répertoriés ainsi que d'autres clans méconnus ou agissant plus ou moins dans la clandestinité. On reconnaît leur obédience référentielle à telle ou telle grande tendance islamiste, à leur accoutrement et à la forme de leurs barbes. Il y a les tablighis, piétistes d'origine indo-pakistanaise; les soufis, courant mystique de l'islam; les sécessionnistes chiïtes, ou bien encore les salafistes, spécialistes des fetwas et de l’excommunication. Tous sont présents au Maroc et tous prêchent et agissent activement. Qui sont précisément ces islamistes ? Cartographie.
La Chabiba islamia (Jeunesse islamiste)
Fondée en 1969 par Abdelkrim Motiî et Kamal Ibrahim, cette association opérait dans la "clandestinité". Créée pour contrecarrer la gauche marxiste, la Chabiba islamia n’hésite pas à recourir à la violence pour mener à bien son projet. Celui de l’instauration d’un Etat islamique au Maroc. Abdelkarim Motiî, le leader de la Chabiba, a quitté le Maroc pour se réfugier en Arabie saoudite, en 1976, avant d’être impliqué en novembre 1979 dans l'attaque de la Grande Mosquée de La Mecque par un groupe de fondamentalistes saoudiens, marocains et tunisiens. Depuis, il vit en exil, principalement en Libye où il s’exerce à la prose contestataire en publiant des pamphlets appelant à la révolution islamique. Le chef de la Chabiba, qui, depuis, a mis de l’eau dans son vin, n’a pas cessé de multiplier les signes d’apaisement et serait prêt à rentrer au pays avec un minimum de garanties.
L’Aile Radicale Armée Cette organisation est la branche armée de la Chabiba islamia. Ce petit groupe islamiste est commandé par Abdulaziz Enumani, accusé d’avoir tué le 18 décembre 1975 à Casablanca, Omar Benjelloun, un des leaders de l'Union socialiste des forces populaires et en même temps directeur du journal Al Mouharir. Enumani, auteur présumé du meurtre, est condamné à perpétuité. Sa remise en liberté jette le doute sur les véritables commanditaires du crime.
La Jamâa Islamia (groupe islamique) La Jamâa Islamia a été fondée en 1981 par Abdelilah Benkirane et Abdellah Baha, deux anciens de la Chabiba Islamia qui n’avaient pas pris le chemin de l’exil. Ce mouvement prône un islam politique et social, et rejette toute forme de violence. La Jamâa Islamia multiplie publiquement les appels à la modération. Ses fondateurs ont lancé en 1984, un hebdomadaire au titre de “Al Islah” qui a été saisi et interdit en 1990.
Rabitat Al Mostakbal Al Islami (alliance du futur islamique) L’œuvre d’Ahmed Raissouni, un enseignant monolingue et prédicateur modéré. S’activant à Ksar Al kbir, Rabitat Al Mostkbal Al Islami est une organisation religieuse régionale qui adopte un discours islamiste mesuré et de proximité.
Al Islah Wa Attajdid (Réforme et Renouveau) Ce mouvement islamiste a été fondé par Abdelilah Bekirane, Abellah Baha, Mohamed El Yatim et Saâdeddine El Othmani. Il a vu le jour en 1990. Ses concepteurs voulaient en faire un parti politique, mais cette tentative a échoué à deux reprises. Al Islah Wa Attajdid revendique un islam politique modéré.
Mouvement Populaire Démocratique et Constitutionnel (MPCD) Après avoir quitté le Mouvement populaire (MP) de Mahjoubi Aherdane, en 1965, le docteur Abdelkrim El Khatib crée le MPCD. Militant nationaliste doublé d’un islamiste tolérant, Abdelkrim El Khatib n’a pas réussi à faire de son nouveau parti une véritable force politique. Le MPCD n’existait, pendant plus de 30 ans, que sur du papier.
Attajdid Wal Islah (Renouveau et Réforme) Créé en 1996, Attajdid Wal Islah est un mouvement religieux et social pour lequel la démocratie n’est pas incompatible avec l’Islam. Basé à Rabat, ses militants s’activent dans les quatre coins du Royaume. Il a été fondé par Ahmed Raissouni, Abdelilah Benkirane, Saâdeddine El Othmani, Abdellah Baha, Mustapha Ramid et Moqri Abouzaid.
Parti de la Justice et du Développement (PJD) Fruit de la fusion d’Attajdid Wal Islah avec le MPDC, en 1997. Les deux formations sont devenues le Parti de la justice et du développement (PJD), avec Abdelkrim El Khatib comme secrétaire général. Le fondamentalisme religieux du PJD s'inscrit dans une tradition réformiste qui ne récuse pas la modernité.
Al Badil Al Hadari (Alternative civilisationnelle) Proche du PJD, cette association politique, créée en 1995, est l’œuvre de Kamal Ibrahim, Mustapha Mouatassim, Mohamed Marouani et Mohamed Regala. Le manifeste fondateur d’Al Badil Al Hidari revendique ouvertement un islam socialiste. Mustapha Mouatassim, vice-président d’Al Badil Al Hidari, qui s’exprimait récemment dans la presse, a bien défini la nature et le champ de son action: “Je regrette que le sang du martyr Omar Benjelloun ait été versé par certains de nos frères. Nous disons à Moutiî: nous en avons assez des pratiques des années 70 et 80”. A condition que Omar Benjelloun lui pardonne le jour du jugement dernier. Ce qui n’est pas acquis.
Al Haraka Min Ajl Al Oumma (Action pour la Nation) C’est le fruit d’une scission au sein d’Al Badil Al Hadari. Son fondateur n’est autre que Mohamed Marouani. Pour ce dernier, l'action doit porter sur le corps social à “rééduquer" dans le sens d'un plus grand attachement aux préceptes de l'Islam.
Ousrat Al Jamâa (Famille du Groupe) Ce sont trois anciens adeptes de la confrérie Boutchichia qui ont créé, en 1981, Ousrat Al Jamâa. Il s’agit de Abdeslam Yassine, Mohamed Mellakh et Alaoui Slimani. Abdellah Chibani et Abdelouahed Moutawakil ont rejoint ce groupe, quelque temps après. Le projet islamiste d’Ousrat Al Jamâa est véhiculé par la prédication et la pédagogie spirituelles.
Al Jamaâ (Le Groupe) Fondé en 1983, cette association prône un projet islamiste servi par un activisme social et la lutte pour une existence et expression politique. Ses fondateurs sont Abdeslam Yassine, Abdelouahed Moutawakil et Mohamed Bachiri.
Al Adl Wal Ihssane (Justice et Bienfaissance) Qualifiée de radicale, cette mouvance est convaincue que tout changement doit s’opérer au niveau des structures politiques. Ce courant islamiste estime qu'il y a incompatibilité totale entre l'Islam et la civilisation moderne. Abdeslam Yassin, son chef spirituel, parle dans son dernier livre. “ Lettres aux vertueux démocrates”, du problème du changement politique. Il expose soit la voie pacifique, soit la manière violente, au choix: Assahwa (l’éveil) ou Al qawma (la révolution). Il n'en choisit aucune. Il laisse à l'acteur islamiste la liberté de choisir en fonction des données qui lui semblent décisives. Mais il met en garde à la fois contre une trop longue attente qui serait néfaste au mouvement islamiste, et une action précipitée qui serait suicidaire pour les activités islamistes.
Jound Allah (les soldats de Dieu) Groupuscule armé qui s’active dans les milieux estudiantins. Opérant dans la clandestinité, ses leaders ne sont pas connus. Jound Allah étaient très présents dans les milieux universitaires de Casablanca, Fès, Oujda et Marrakech. Ses militants prêchent la violence et sont réputés pour la pratique du mariage de la jouissance.
Al Moujahidouns (les résistants) Mouvance islamiste radicale agissant dans la clandestinité. Ses partisans appellent à l’instauration d’un Etat islamiste, et peu importe comment. Toujours détenus à la prison civile de Kenitra, certains Moujahidouns ont été derrière les émeutes de Fès et de Nador, en 1984.
Addaâwa wa Tabligh (Prédication et communication) C’est le plus grand mouvement missionnaire de l'islam, fondé en Inde, en 1927, par Muhammad Ilyas. Surnommés les “Témoins de Jéhovah" de l'islam, ses adeptes appliquent une méthode de prosélytisme particulièrement efficace, le khourouj, ou la “sortie", qui consiste à faire du porte-à-porte dans un quartier, selon un plan préalablement établi, pour ramener les musulmans à la pratique religieuse. Implanté au Maroc depuis 1975, le Tabligh a élu domicile à la mosquée Ennour à Casablanca, sous une direction collégiale. Ses objectifs sont strictement religieux et il se tient à l'écart de tout engagement politique. Cependant, plusieurs spécialistes estiment que le mouvement a pu être détourné de ses buts et utilisé, malgré lui, comme un sas vers l'islam radical.
Tariqa boutchichia La zaouia-mère de cette confrérie se trouve à Madar près de Berkane. Son chef, Cheikh Sidi Hamza Al Qadiri al Boutchichi, est considéré au Maroc et dans de nombreux pays à travers le monde comme un “Maître vivant", représentant authentique d’une tradition vivante du soufisme. Contrairement aux autres confréries, la Tariqa Boutchichia est gérée comme une association. Sa capacité de mobilisation et d’encadrement est très forte, mais elle n’a d’autres soubassement que la pratique initiatique et mystique. Dans chaque arrondissement, ses foqaras se réunissent deux à trois fois par semaine, sous la direction du Moqadem, un venerable faqir parmi les plus ancien et les plus sage. Ils prient, lisent des versets du Coran et chantent des vers et des psaumes soufis.
Les associations chiïtes Leur chef spirituel s’appelle Driss Hani. Ce dernier a suivi une formation académique dans les grandes écoles chiïtes de Syrie des plus rigoureux, doublée d’un endoctrinement rituel. Agé de 36 ans, Driss Hani a troqué son sunnisme contre sa nouvelle confession d’adoption. Il est devenu un fervent partisan de l’Imam Ali, cousin et gendre du Prophète Mohamed, quatrième et dernier des califes “bien guidés". Avec l’aide de ses co-religionnaires en Syrie, au Liban et en Iran, Driss Hani réussit à faire sortir de leur clandestinité plusieurs marocains adeptes du rite chiïte. De peur d’être opprimés, comme c’est le cas pour des millions de leurs co-religionnaires en Irak, en Arabie saoudite ou au Kuwait, les chiites marocains pratiquaient leur rite dans l’ombre. Ils ont toujours en mémoire le procès dont ont fait l’objet les Bahaïstes marocains à Casablanca en 1986. Plusieurs associations culturelles d’essence chiite ont été récemment créées au Maroc, comme Attawassol, à Al Houceima, Al Inbiaâ,t à Tanger, et Al Ghadir, à Meknes. D’autres associations s’activent discrètement à Agadir, Marrakech et Tétouan, mais elles n’annoncent pas leur couleur religieuse. Leurs adeptes ont généralement un niveau de formation élevé. Ils ne dépassent pas la quarantaine. Ils sont ingénieurs, médecins, avocats, hommes d’affaires, enseignants ou étudiants. Ce sont ces derniers qui forment le socle de la mouvance chiite au Maroc.
Attakfir Wal Hijra (Excommunication et retranchement) Au Maroc, cette mouvance salfiste radicale s’est implantée dans les quartiers déshérités de Casablanca, Fès, Salé, Nador, Oujda, Marrakech et Tanger. Attakfir Wal Hijra rassemble plusieurs groupuscules qui n'ont aucune coordination entre eux. Ses militants ont un faible niveau d’instruction. Généralement issus de familles pauvres, ils s'adonnent à des activités commerciales informelles et marginales. Ils ont tendance à propager leurs idées par la force. Ils considèrent le Maroc comme un Etat impie dont il faut se retirer (émigrer). Dans ce cadre, certains éléments ont effectivement émigré vers l'Afghanistan, considéré comme Dar Al Islam (Chef lieu de l'Islam). C'est pour cela qu'il faut considérer que certains militants du courant des “Afghans” marocains sont en fait des militants d’Attakfir Wal Hijra. Le discours de ses “émirs" ressemble à du lavage de cerveau. Il est souvent rédigé dans un arabe très difficile à comprendre, avec des références obscures, des mots qui ne sont plus utilisés depuis le Moyen-Age. Cette complexité lui confère une apparence de sacralité qui ne requiert que l'obéissance aveugle. La feuille de route des kamikazes de Casablanca est la parfaite illustration de cet embrigadement sectaire, aveugle et débilisant.
Salafia Jihadia (le salafisme combattant) Le groupuscule qu'inspire Abdelkrim Chadli, que ses disciples appellent Abou Oubeïda, appelle au jihad contre tous ceux qu’il considère comme hérétiques. A mi-chemin du banditisme et du Jihad, la Salafia Jihadia n’a pas de véritables structures organisationnelles. Bendaoud El Khili, l’un de ses chefs exécutifs, qui a limité “Dar al islam” à lui-même, à sa famille et à ses disciples, est considéré comme l'un des plus radicaux de cette mouvance. La Salafia Jihadia s'est approprié l'idéologie des autres courants islamistes tels Attakfir Wal Hijra, les Afghans arabes ou autres, mais sans qu'elle les adopte intégralement puisqu'elle a ses propres principes énoncés par son guide, Abou Omar Ben Mahmoud, plus connu sous le nom de Abou Katada, auteur de l'ouvrage de référence de la Salafia Jihadia “Le Jihad et l'Ijtihad: observations sur la méthode”, dans lequel il proclame: l'excommunication de tout pouvoir et société; l'excommunication de toute pensée démocratique; l'adhésion au combat contre le despotisme. Certains de ses adeptes ne dépassent pas, dans leurs messages, le cadre de la dénonciation des Etats-Unis et le soutien verbal à Oussama Ben Laden, considéré comme un compagnon du prophète de l'ère moderne.
Assirat Al Moustakim (La juste voie) On a commencé à parler du groupe Assirat Al Moustakim, depuis l’arrestation de son gourou, Miloudi Zakaria, qui s’est fait remarquer par la lapidation publique d'un “impie”, le 24 février 2002 à Doaur Sekouila, à Sidi Moumen. Cette mouvance est composée de deux factions. Une dirigée par Zakaria Miloudi, l’autre par Youssef Fikri. (Voir page 13). Les adeptes d’Assirat Al Moustakim sont convaincus que le meurtre des "mécréants", y compris d'autres musulmans a priori interdit par le Coran, est justifié. Pour eux, les institutions n'ont aucune légitimité. C'est ainsi que beaucoup évoluent à mi-chemin entre le droit commun et l'islamisme radical. “Le vol, le trafic de drogue sont légitimés, à condition qu'une partie du produit du délit soit reversé à la cause. Le Takfir, qui ne repose pas sur une doctrine très élaborée, est le lit de toutes les dérives possibles et imaginables. On a vu apparaître cette tendance au sein du GIA algérien, au moment où il éclatait en multiples factions, et dans certains camps de Peshawar. Certains estiment qu'elle est au service de Ben Laden. Les éléments du groupe d'Assirat Al Moustakim appartiennent à une structure primaire, même s'ils se disent appartenir à Attakfir Wal Hijra.
Ahl Sunna wal Jamâa (Les gens de la Sunna et de la communauté) Les théoriciens d’Ahl Sunna wal Jamâa s'inscrivent dans la tradition salafiste. En clair, celle d'une interprétation figée des textes sacrés, hostile à toute innovation. C'est le cas de Mohamed Fizazi et d’Abou Hafs qui se sont distingués par leurs prêches très virulents respectivement à Tanger et Fès. Zakaria Abougharara, dit Abou Saïf Al Islam, se dit la même mouvance. Ahl Sunna wal Jamâa, idéologiquement affilié à cette espèce de brigade internationale du djihad, échappe à tout contrôle par un Etat, y compris à la tutelle de l'Arabie Saoudite, qui a ouvert la boîte de Pandore. Lors de la guerre contre les Russes, ses religieux ont rédigé des fatwas appelant les musulmans à aller combattre les infidèles en Afghanistan.
Jamiaât Dar Al Korâne (L’association de la maison du Coran) Financée et soutenue par l’Arabie saoudite, Jamiaât Dar Al Korane a élu domicile à Marrakech sous la direction de Abderrahmane Maghraoui, un wahabite soft et classique. Ce dernier a ouvert des écoles coraniques dans plusieurs villes où des jeunes Marocains apprennent le Coran avant d’entamer des études religieuses approfondies, dans un premier temps à Nouakchott, puis à Riyad. Beaucoup de ses disciples sont partis en Afghanistan à l’époque des Talibans.
Source : http://www.maroc-hebdo.press.ma/
RAPPEL : A propos du PJD, petit exemple de takya afin d'être politiquement correct d'un point de vu purement formel , et pouvoir ainsi participer aux élections, en attendant d'avoir la majorité...




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