Hadith 114 dans le Sahîh de Muslim

"Aïcha a dit :

"J'avais six ans lorsque le Prophète m'épousa, neuf ans lorsqu'il eut effectivement des relations conjugales avec moi".

Puis elle relatait :

"Nous nous rendîmes à Médine. J'avais eu la fièvre pendant un mois, et avais perdu mes cheveux; mais ils repoussèrent abondamment et m'arrivèrent jusqu'aux épaules.

Ma mère, 'Umm Rûmân, vint me trouver tandis que j'étais sur une balançoire, entourée de mes compagnes. Elle m'appela et je me rendis à son appel sans savoir ce qu'elle voulait de moi. Elle me prit par la main, me fit rester sur la porte de la maison, jusqu'à ce que ma respiration haletante se fût calmée. Elle me fit ensuite entrer dans la maison où se trouvaient des femmes des 'Ansâr qui me dirent: "A toi le bonheur, la bénédiction et la meilleure fortune!"

Ma mère m'ayant livrée à ces femmes, celles-ci me lavèrent le visage et la tête; et se mirent à me parer. J'avais à peine fini, que l'Envoyé d'Allah entra, lorsqu'il était encore le matin. Alors on me remit entre ses mains."

D'autres Hadiths viennent confirmer celui-ci ... et de toute manière cette histoire est connue, reconnue et validée de tous temps par toutes les autorités de l'Islam:

hadith, Sahih Bukhari 7:62:64

"Le prophète (Mahomet) l'a épousé (Aisha) quand elle avait six ans et il a consommé son mariage quand elle avait neuf ans, et alors elle est resté avec lui pendant neuf années (c'est à-dire, jusqu'à sa mort)."

hadith, Sahih Bukhari 1:4:229

"Aisha a relaté : J'avais l'habitude de laver les traces de Janaba (sperme) des vêtements du prophète (Mahomet) et il avait l'habitude d'aller à la prière avec de l'eau encore dessus. (les traces d'eau étaient encore visibles)."

hadith: Volume 8, livre 73, N° 151

"Aisha a relaté : J'avais l'habitude de jouer à la poupée en présence du prophète (Mahomet), et mes amies (des petites filles de l'âge d'Aisha) avaient l'habitude également de jouer avec moi. Quand l'apôtre d'Allah entrait, elles avaient l'habitude de se cacher, mais le prophète les appelais à le rejoindre et jouer avec moi"

hadith: Volume 7, livre 62, N° 17

"Jabir bin 'Abdullah a relaté : Quand je me suis marié , l'apôtre d'Allah (Mahomet) m'a dit : A quel type de dame t'es tu marié? J'ai répondu : J'ai épousé une matrone.. Il a dit : Pourquoi, tu n'as pas de penchant pour les jeunes vierges et pour les caresser? Jabir a également indiqué : L'apôtre d'Allah a dit :"Pourquoi tu n'as pas épousé une jeune fille de sorte que tu pourrais jouer avec elle et elle avec toi ?"

De manière plus contemporaine cette "normalité islamique" explique pourquoi en Arabie Saoudite, en Iran .... l'âge l'égal du mariage pour les "femmes" soit : 9 ans.

En élargissant le sujet on peut aussi se référer à la discussion qui eut lieu au moment de la consitution du texte relatif à la déclaration Universelle des droits de l'homme de 1948, puisque dix Etats islamiques ont participé aux travaux concernant son élaboration. Ce sont : l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, l'Egypte, l'Irak, l'Iran, le Liban, le Pakistan, la Syrie, la Turquie et le Yémen.

Quelques articles du projet de la Déclaration ont fait l'objet de vives interventions de la part des représentants des Etats islamiques dont l'article 16. Ce qui est islamiquement tout à fait justifié puisque quelques paragraphes des articles 16 et 18 entrent en conflit avec des dispositions de la Sharî'a, d'où les protestations, les interventions et les abstentions de vote de certains représentants d'Etats islamiques. Mais, lors du vote final de la Déclaration universelle, un seul Etat islamique s'est abstenu, l'Arabie saoudite, et le représentant d'un autre Etat islamique, le Yémen, n'était pas présent lors de ce vote.

Une acceptation définitive des "normes" Occidentale ? Non une ruse de plus d'ailleurs rapidement effacée par des contre-déclarations dont nous avons déjà tant de fois parlé dont la trop peu fameuse Déclaration des Droit de l'Homme en Islam... Vous ne vous souvenez plus ? L’ensemble des pays musulmans de la planète, ont signé une Charte qui renie celle de la Déclaration des Droits de l’Homme et la renvoie dans les poubelles impies de l’Histoire Occidentale.

http://www.occidentalis.com/article.php?sid=1215

Mais bon revenons à nos moutons... Les mots ont leur importance. Ils peuvent être utilisé en fonction des intérêts des différentes parties en présence. L'utilisation d'un même mot ne signifie pas que chacun lui accorde la même définition. D'où une bataille pour modifier les phrases en fonction de ces propres objectifs idéologiques.

C. L'article 16 :

"1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une >famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.

2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.

3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat".

Cet article 16 a fait l'objet de plusieurs interventions et propositions de la part des représentants des Etats islamiques. Ainsi, devant la Troisième Commission, le texte suivant a été présenté: "1. L'homme et la femme d'âge nubile ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils jouissent de droits égaux en matière de mariage. 2. Le mariage ne peut être contracté qu'avec le plein consentement des deux époux. 3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection" ( E/CN. 4/SR. 58, pages 9 à 19, et E/CN. 4/SR. 62, pages 3 à 13.).

Le représentant de l'Arabie Saoudite a déclaré, à la Troisième Commission, que le mot "nubile" au paragraphe premier du texte de base est ambigu, car il ne signifie pas nécessairement "d'âge nubile conformément à la loi", et il a proposé de remplacer le mot "nubile" par les mots "ayant atteint l'âge légal pour contracter mariage", et d'en restreindre la portée en insérant la phrase "dans chaque pays". Le représentant de la Syrie, M. Kayali, en déclarant qu'il votera pour le texte du projet, a considéré les mots "âge nubile" comme équivoques et n'étant pas "satisfaisants du point de vue médico-légal, étant donné qu'ils ne déterminent pas cet âge" (Comptes rendus, troisième session, page 366). Et il a partagé, en même temps, les doutes du représentant de l'Arabie Saoudite à ce propos. M. Azkoul (Liban) était, lui aussi, favorable à l'amendement de l'Arabie Saoudite qui précise utilement, selon lui, le texte de base.

Mais devant plusieurs objections présentées concernant cet amendement, M. Baroody a présenté une nouvelle rédaction de ce paragraphe premier: "Dans chaque pays, l'homme et la femme ayant atteint l'âge légal pour contracter mariage ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils jouissent de tous les droits prévus par les lois de leur pays sur le mariage." Et M. Baroody a expliqué qu'il proposait de remplacer les mots "jouissent de droits égaux en matière de mariage" dans la deuxième phrase du paragraphe premier, par l'expression "jouissent de tous les droits prévus par les lois de leurs pays sur le mariage", parce que "les droits de l'homme et de la femme en matière de mariage doivent être évalués en termes qualitatifs plutôt que quantitatifs. C'est la raison pour laquelle les droits respectifs de chaque sexe sont si clairement définis dans tous les codes civils" (Comptes rendus, troisième session, page 370).

Le représentant du Pakistan, Mme Ikramullah, a appuyé M. Baroody en expliquant que les lois islamiques relatives au mariage donnent, dans tous les Etats où elles sont appliquées, une garantie suffisante à toutes les femmes.

Le président de la Troisième Commission a mis aux voix cette nouvelle rédaction présentée par l'Arabie saoudite, mais elle a été rejetée.

M. Azkoul a proposé alors l'addition des mots "libre et" devant la phrase "plein consentement" pour que le consentement ne puisse être obtenu sous la contrainte morale ou même physique. Cette proposition a été adoptée par 36 voix contre zéro, avec 5 abstentions.

Mais une vive discussion a éclaté quand M. Compos Ortiz (Mexique) a fait insérer les mots "sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion" en prenant en considération le fait qu'il s'agit d'une répétition partielle de l'article 2 de la Déclaration. Plusieurs délégués ont appuyé le représentant du Mexique, mais les représentants des Etats islamiques ont manifesté leur mécontentement concernant cet amendement. M. Azkoul a déclaré qu'il s'abstiendrait de voter. Mme lkramullah s'est opposée à cet amendement car elle n'a pas accepté qu'on ne tienne pas compte des considérations religieuses pouvant empêcher le mariage. M. Baroody n'a pas pu approuver, non plus, cet amendement, car il est en conflit avec le droit musulman. Mais la Troisième Commission a adopté cet amendement par 22 voix contre 15, avec 6 abstentions, L'Irak, le Pakistan et la Syrie ont voté contre. L'Afghanistan, l'Arabie saoudite, l'Iran et le Liban sont parmi les pays qui se sont abstenus (Ibid., pages 346 à 375).

Finalement, le représentant de l'Egypte a essayé de remplacer le projet de l'article 16 par le texte suivant: "Toute personne a le droit de constituer une famille, élément fondamental de la société, et elle a droit à la protection de cette famille." Mais, l'amendement égyptien a été rejeté par 36 voix contre zéro, avec 3 abstentions (.Ibid., pages 374 et 375)

Les raisons qui ont poussé les représentants des Etats islamiques à exprimer leur mécontentement sont fondées sur les règles de 1a Sharî'a, qui interdit à un musulman d'épouser une païenne, mais qui l'autorise à épouser une femme parmi les gens du Livre (ahl al Kitâb), c'est-à-dire une juive ou une chrétienne. En revanche, la femme musulmane ne peut épouser qu'un musulman. Et tous les codes du statut personnel des Etats arabes, par exemple, spécifient cette interdiction ("A l'exception du code tunisien de 1958; son silence n'est cependant pas signifiant de l'abrogation de la norme, principe fondamental préexistant et toujours appliqué." François-Paul BLANC, Le droit musulman, Dalloz, Paris, 1995, page 39).