Peut-on parler librement, en bien ou en mal, de l'islam aujourd'hui en France ?
Par Enki40, jeudi 12 octobre 2006 à 13:33 :: Revue de presse :: #394 :: rss
Deux personnes interrogées dans le Parisien du 3 octobre sur cette question.
Jacques Duquesne, écrivain, et Abdelhakim Sefrioui, membre du bureau du Conseil des imams de France. Un troisième était aussi interrogé - Soheib Bencheikh- mais, outre qu'il ne représente pas l'islam officiel de france, ces propos incohérents et sa vélléité mégalomane de se présenter à l'élection présidentielle de 2007, doivent être pris pour ce qu'ils sont...
Des propos qu'il parait inutile de commenter tant ils se suffisent à eux-même et mettent une fois de plus en valeur l'incompatibilité de nature totale et définitive entre deux modèles de culture.
Il faudra bien pourtant qu'ils comprennent, d'une manière ou d'une autre, qu'ici, ils sont en Terre d'Occident....
Jacques Duquesne. : Au nom de la liberté d'expression, on doit pouvoir critiquer toutes les religions, en acceptant bien entendu chacune d'entre elles. De nos jours et depuis longtemps, tout le monde caricature Dieu, Jésus sur la croix... Alors pourquoi n'aurait-on pas le droit de caricaturer Mahomet sans que cela suscite des manifestations dans les pays musulmans et même en France, comme on l'a vu l'hiver dernier ? Dieu a voulu que les hommes soient libres et même libres de le critiquer et de le rejeter. L'intolérance manifestée par certains musulmans n'est plus tolérable.
Le Parisien : Pourquoi la critique de l'islam suscite-t-elle tant de polémiques ?
- Parce que l'islam est le canal par lequel s'exprime la révolte contre l'Occident de certains pays musulmans ou de certains membres de la communauté musulmane en France. Cela tient à l'ambiguïté des musulmans eux-mêmes, dont certains estiment avoir été exploités par l'Occident et sont en même temps fascinés par l'Occident. A cela s'ajoute le terrorisme, qui est devenu l'arme essentielle des extrémistes qui ne supportent pas qu'on puisse critiquer leur religion. Le problème, c'est que les musulmans modérés ne condamnent pas volontiers cet extrémisme ni les fatwas. Cette solidarité de la communauté musulmane fait le jeu du terrorisme.
Le Parisien : Avez-vous été surpris par les manifestations provoquées dans plusieurs pays musulmans par le discours de Benoît XVI à Ratisbonne le 12 septembre ?
- Cette affaire est d'autant plus scandaleuse que les médias, en simplifiant les propos du pape, ont une part de responsabilité dans ce qui s'est passé. Dans son discours, Benoît XVI cite un texte du XIVe siècle sur la guerre sainte et la violence avec lequel il prend ses distances en disant d'emblée que ce passage est « étrangement abrupt ». J'aimerais bien que les pays musulmans s'excusent aussi quand des chrétiens sont tués en Indonésie, quand des églises sont brûlées en Egypte ou en Palestine.
JACQUES DUQUESNE, écrivain auteur de « Dieu malgré tout », Stock (2005) et « Jésus », Flammarion (1994).
Le Parisien , mardi 03 octobre 2006
NON « Un tas d'insultes gratuites » Abdelhakim Sefrioui, membre du bureau du Conseil des imams de France :
«SI LA CRITIQUE est un débat contradictoire et responsable, je suis d'accord, mais si pour toute critique on nous sert un tas d'insultes gratuites et de mensonges contre Mahomet et les musulmans, ce n'est pas possible. Aujourd'hui, n'importe qui publie un torchon pour taper sur l'islam, ça prend des proportions incroyables et ça devient un scandale médiatique. Ceci dit, la violence n'est jamais une réponse.
« Certains soufflent sur les braises »
» Comme toute religion, l'islam doit accepter la critique mais pas les insultes ni les caricatures. Quant à la liberté d'expression, on l'invoque à chaque fois qu'il s'agit de stigmatiser les musulmans ! Il y a aujourd'hui en France un climat d'islamophobie aigu et certains soufflent sur les braises. Résultat : on a trouvé des croix gammées sur les mosquées de Carcassonne et de Quimper le 24 septembre dernier, premier jour du ramadan. Moi, ça me rappelle les rafles qui ont précédé la Deuxième Guerre mondiale. » J'ai aussi été très choqué par les propos du pape sur la guerre sainte, que je condamne sans réserve. Quand on cite un texte, c'est généralement pour étayer une thèse. Même si Benoît XVI nous dit trois semaines plus tard qu'il ne soutient pas cette thèse, il a porté un coup au dialogue interreligieux.
Des propos qui ne sont pas éloignés de ceux-ci en quelque sorte....

Soheib Bencheikh:
il faut le dire : Mahomet est un humain. Il est faillible et son message est interprétable. Concernant Robert Redeker, je dis Laissez-le parler ! Ceux qui ne sont pas d'accord avec lui n'ont qu'à lui répondre par écrit, en argumentant. Cette liberté d'expression qui a permis la publication des caricatures nous offre aussi la possibilité de défendre le Prophète. Pour l'avenir, je suis optimiste. La première génération de musulmans qui est arrivée en France ne voulait pas s'adapter au mode de vie français. Leurs enfants vivent aujourd'hui à l'occidentale.




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