Pakistan : violée pour avoir refusé de se convertir à l'islam
Par Marianne, vendredi 21 juillet 2006 à 20:57 :: Revue de presse :: #166 :: rss
«Ils me considéraient comme une intouchable. Mon mari m'a battue tous les jours pendant deux mois» raconte-t-elle. En janvier dernier, elle revient chez sa mère alors que son mari est en voyage d'affaires. Celle-ci dépose un dossier de divorce auprès d'une cour islamique, puis déménage avec sa fille et ses autres jeunes enfants à une trentaine de km de là, à Guranwala, espérant échapper aux représailles de Tanveer Qadir, le mari.
Mais ce dernier les retrouve et aidé d'une dizaine d'hommes de sa famille, kidnappe Asya. «Il m'a emmenée chez sa sœur, dans un petit village à 50 km au nord de Wazirabad. Là, il m'a enfermée dans une chambre. Il m'a frappée et violée. Il m'a menacée de recommencer si je ne me convertissais pas à l'islam.» Confiée à la garde d'une vieille femme, Asya arrive à s'enfuir et retourne chez sa mère. Puis, sur les conseils d'un avocat, elle trouve refuge auprès d'une association locale: Legal Assistance Aide and Settlement (CLASS). Elle vit à présent cachée, par crainte de représailles.
Asya et sa mère s'étaient converties à l'islam en 2004, sous les menaces du frère aîné. Légalement, elles sont toujours considérées comme des musulmanes, bien qu'elles soient revenues à leur première religion, le christianisme. Elles sont à présent en danger, car il est interdit pour tout converti à l'islam de revenir à sa religion d'origine au Pakistan. Asya n'espère pas non plus obtenir justice pour le viol qu'elle a subi.
Pourtant, suite à un débat national, le président Musharraf vient d'annoncer le 17 juillet dernier l'amendement d'une série de lois très controversées au Pakistan: les Hudood ordinances. Selon elles, toute femme victime d'un viol doit produire en même temps le témoignage de quatre hommes pour que sa plainte soit entendue. Comme c'est rarement le cas, le plupart de ces femmes sont accusées d'adultère et envoyées en prison.
Selon des défenseurs des droits de l'homme, le nombre de femmes mises en prison a considérablement augmenté au Pakistan depuis la mise en place des Hudood Ordinances. D'après le «Peace Concil of Pakistan», 50 % de femmes qui se plaignent d'un viol terminent en prison. Les associations des droits de l'Homme ont aussi souligné que ces lois ont entraîné une augmentation de la violence domestique au Pakistan. Le président Musharraf a décidé de remettre ces femmes en liberté. Mais pour de nombreux musulmans, les Hudoos Ordinances sont basées sur le Coran et ne peuvent être remises en question.
Portes Ouvertes/TopChrétien




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