Nouveau scandale aux Nations Unies
Par Enki40, vendredi 23 juin 2006 à 14:43 :: Textes et Articles :: #106 :: rss
Le Conseil des droits de l’homme, nouvel organe des Nations unies, tient en ce moment, sa première session. Il remplace la défunte Commission des droits de l'homme qui s'était complètement déligitimée en accueillant des personnalités honnies par la communauté internationale: ainsi du représentant de Cuba, carlos Amat Forès, qui avait envoyé au peloton d'execution des centaines de personnes, ou le chef de la délégation du Bahreïn ex-responsable des services secrets à la réputation de tortionnaire patenté...ou du dernier président de cette commission, un Libyen, dont la nomination avait été l'ultime farce grotesque d'un cynisme généralisé sans fond.
L'iran, qui a eu le culot de se présenter a ce nouveau conseil n'y a pas été élu, contrairement à Cuba et la Chine... ce qui ne l'empêche pas comme tous les pays membres des Nations Unis d'avoir le droit d'y être présent avec le statut d'obervateur et donc d'y participer activement.
Or que vient-il de se passer ?
A quoi servent les Nations Unies ?
Un lieu/institution où puissent exister des rencontres officielles entre pays est indispensable. Un lieu où un droit-référent commun soit admis par tous pour ce qui concerne la morale. Pour faire partie de ce grand machin, tous les pays ont signés la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Sauf que ces droits ne sont pas une pleine et entière réalité dans un certain nombre de pays signataires, et que parmi ceux-ci d'autres déclarations comme la Déclaration des droits de l'homme en islam, signé par l'ensemble des pays musulmans, restreignent et nient le contenu de celle de 1948. Nous avons affaire donc à un beau nid d'hyppocrites.
Quand à l'effectivité des résultats des actions des Nations Unies, elle est loin d'être satisfaisante, même si elle a incontestablement été utile là où elle a réellement et trop rarement pu jouer un rôle.
Mais revenons au centre de la polémique : la présence d’une délégation iranienne avec à sa tête, quasi hilare dans les couloirs des nations Unies, le procureur de Téhéran, une sinistre figure de la ligne dure du régime islamique.
(AP Photo/Keystone, Martial Trezzini)
Saïd Mortazavi , surnommé "le boucher de la presse" en raison des dizaines d'arrestations de journalistes portées à son actif, serait aussi responsable de la mort en prison d’une journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi. Celle-ci, avait été arrêtée, emprisonnée, et tabassée alors qu'elle menait en iran diverses enquêtes visiblement gênantes pour le pouvoir en place. Le Canada, en très grand froid diplomatique avec l'Iran depuis cette affaire, a demandé à l’Allemagne, où se déroule cette première session du nouveau Conseil, d’interpeller le magistrat avant son retour en Iran.
D'autres pays, comme les Etats-Unis, avant même ce triste épisode, craignant la création d’un organe trop faible pour dénoncer les violations de libertés, ont d’ailleurs décidé de ne pas participer au Conseil des droits de l’homme durant sa première année d’existence. A l’image de Reporters sans frontières, beaucoup d’associations dénoncent la présence de pays tels que « l'Algérie, l'Arabie saoudite, l'Azerbaïdjan, le Bangladesh, la Chine, Cuba, le Nigeria, le Pakistan, la Russie ou la Tunisie » parmi ses membres.
Mercredi, le chef de la diplomatie canadienne s’est dit « outré » de la présence de Mortazavi au sein de l’organe onusien. « La présence de ce magistrat au sein de la délégation iranienne montre que __le gouvernement de l'Iran méprise totalement les principes des droits de la personne reconnus à l'échelle internationale__ », a souligné Peter MacKay, appelant les autres pays à réagir.
Jeudi, le Canada a donc demandé aux autorités allemandes d’arrêter le magistrat iranien. « A ma connaissance les services de Peter MacKay ont demandé aux Allemands d'arrêter cet officiel iranien avant qu'il ne quitte l'Allemagne, afin qu'il puisse être poursuivi pour crimes contre l'humanité », a déclaré le premier ministre, Stephan Harper. Le ministère des Affaires étrangères a précisé que la demande avait été faite à Berlin car Mortazavi doit prendre un avion de retour pour l’Iran à Francfort.
L’avocate Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix, a également accusé Mortazavi du meurtre de la photographe, affirmant qu’il était présent quand elle est morte après avoir été rouée de coups.
Une provocation, une de plus, des musulmans iraniens au pouvoir... Des Nations Unies qui voient évoluer dans leur couloir des tortionnaires transformés en lobyistes officiels... Est-ce vraiment ainsi que l'on peut et doit faire avancer les choses ?
Pour ma part, je propose de refuser l'accès aux Nations Unis de TOUS les pays signataires d'une déclaration autre que celle des Droits de l'homme de 1948.
On ne peut indéfiniment faire semblant de partager ses valeurs universelles avec ceux qui ne font qu'instrumentaliser l'institution des Nations Unies afin de mieux fagociter et islamiser la modernité.
On ne négocie pas avec des ennemis idéologiquement irréductibles. On ne notabilise pas un totalitarisme en l'invitant à se pavanner à la même table que soi. On le combat, et on a le devoir de le vaincre.
Sinon, on tombe rapidement dans le cynisme le plus vil et le grotesque le plus affligeant.
Et alors, on y perd jusqu'à ses propres valeurs.
ENKI40




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