Lettre d'Amour à la France
Par Occidentalis, mercredi 31 mai 2006 à 13:27 :: Textes et Articles :: #60 :: rss
Il y a 25 ans, un obscur Polonais demandait à la France ce qu’elle avait fait de son baptême… plus modestement j’ai envie de lui demander aujourd’hui ce qu’elle a fait de son âme.
Si l’âme est ce qui donne vie et sens à un corps, comment ne pas s’inquiéter de ce grand corps malade qu’est la France, peuple jadis réputé pour sa gaité naturelle, sa soif de liberté et de justice. C’était la France des rigaudons et des fêtes de villages, la France des pamphlets et des salons, la France des Cathédrales hautaines et des abbayes laborieuses, la France de Marot et de Molière, la France qui dansait au son des vielleux ou des violons du Roi, la France de l’espérance et de l’insouciance.
Et puis on déferlé les colonnes infernales de la Convention, abreuvant nos gais sillons du sang de nos frères et de nos sœurs… Le tocsin a fait place au sinistre glas, les musettes se sont tuent, le tambourinaire n’accompagnait plus que le bruit mat des têtes décollées tombant dans la panière, partout ce n’était que gémissements sur fond de chants d’ivrognes. De Lyon à la Vendée, du Rhin à la Garonne… Marie est morte et Marianne est née. On ne dansait plus le quinze du mois d’août mais le quatorze de juillet… Et le temps a passé. Les larmes des mères de France mêlées aux cendres de l’Ancien Monde cimentaient les murs du nouveau Régime qui s’en trouvait fort aise. Et doucement le sang noir des nos enfants a séché sous le soleil de la République glorieuse. Les bourrées ont refait danser les amoureux, les cloches ont appelé aux baptêmes et aux mariages… l’avenir était radieux… que pouvait-il arriver de pire ? Bon an mal an, on s’est accommodé de la nouvelle marâtre, infidèle par moment, qui dansait nue sur les barricades de 48 et de 71, offrant sans pudeur son corps à des incendiaires nostalgiques, et prenait soin de ses enfants…à sa façon.
C’est pourquoi je veux lui demander : France où est-elle ton âme ? Celle qui palpitait à Verdun dans la boue fangeuse des tranchées? Celle qui embrasait les insurgés du Vercors ? Qui depuis Londres appelait au soulèvement contre l’Infâme de Berlin et ses hordes brunes et vert-de-gris?
France, Marianne la catin n’est pas digne de toi. Elle a couché avec des dictateurs rouges qui lui ont donné une marmaille rubiconde, oisive et gueulante. Elle a contracté la peste verte en se donnant à des barbares barbus qui sentent la poudre et l’ignorance et dont elle doit nourrir l’ignoble progéniture.
France, vas-tu laisser encore d’affreux marmots mordre les mamelles sèches de ta République exsangue ? Vas-tu tolérer plus longtemps que des enfants illégitimes t’épuisent avant que de t’achever ? Vas-tu te regarder mourir sous les ricanements de ceux qui te doivent tout et t’aiment si peu…qui ne t’aiment pas…
France, où est-elle ta joie ? Dans les immondes bacchanales nocturnes où tu t’étourdis ? Dans les nouveaux jeux du cirque où tu t’avilis ? Dans l’odieux commerce de tes valeurs ? Dans la haine de l’autre, dans la haine de toi-même ?
France, si cela peut jeter un sourire fugace sur ta face ravagée, je veux modestement te dire que, de Clovis à de Gaulle, d’Alésia à Verdun, des plaines riantes de Provence aux côtes déchirée de Bretagne, je t’aime et te resterai fidèle…
M.R




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