ON A COUTUME de dire que la France rassemble cinq millions de musulmans. En réalité, personne ne les a comptés, puisque le recensement ethnique et religieux est interdit. Les dernières projections menées par la démographe Michèle Tribalat sur la base des enquêtes famille de l'Ined de 1999 les estimaient plutôt autour de 4 millions. Mais l'inquiétude aidant, leur nombre supposé n'a cessé de croître ces dernières années. Certains évoquent même les 10 millions, confondant origine nationale et religion.

Mais de quoi donc parle le Figaro qui effectue lui-même un glissement de sens nationalité/religion ... et qui accuse de ce glissement ceux qui ne parlent que de religion .... car sont bien musulmans ceux qui sont nés-musulmans ... à moins qu'ils ne se prononcent explicitement comme NON musulmans. Et est-ce notre faute si certains « nationaux » viennent de pays où 99,9% des personnes sont musulmanes, pays qui d'ailleurs ne tolèrent pas (ou tellement peu) les religions autres que l'islam ... Mais ne nous inquietons pas, le journaliste lui, citera d'autres enquêtes fondées sur la catégorisation ethnique, mais non condamnables celles-là car disant aux "bons" citoyens ce qu'il faut qu'ils entendent ...

Jusqu'à présent, la plupart des personnes venues du Maghreb, du Sénégal, du Mali, puis de Turquie et du Pakistan se considéraient effectivement comme musulmanes. Mais la dernière enquête solide, menée sur un large échantillon par le Cevipof, montre un décalage entre origine et pratique, notamment chez les Maghrébins nés en France. En 2005, ils étaient 35 % à se dire sans religion. Le processus de sécularisation est en cours depuis des années pour la deuxième génération née en France et les enfants de couples mixtes calquent leur comportement sur celui de la majorité des Français.

Maghrébins ? ( Lequels ? Au sens strict, le Maghreb est la région septentrionale de l'Afrique, regroupant le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. L'espace du Grand Maghreb rattache à cet ensemble la Mauritanie, et la Libye. Ces cinq pays forment d'ailleurs l'Union du Maghreb arabe (UMA), fondée en 1989. On le voit, eux se définissent comme arabes, soit de manière ethnique ... Ce qui est pratique pour continuer de nier la berbérité et gommer le passé pré-arabe et pré-islamique de cette région... Il n'existe d'ailleurs pas d'Union du Mahgreb berbère ( UMB)).

De plus est-il pertinent de mettre sans distinctions dans la même catégorie des personnes provenants du Maroc, de l'Algérie et la Tunisie : pays où la pratique et l'influence de l'islam sont très différentes ( ex: islam marocain et influence laïque en Tunisie? ). Parler de Maghrébins ne revient-il pas en fait à parler de l'idée commune que l'on se fait d'eux : soit des Arabes ?

35% ? 35% de maghrébins ou de l'ensemble y compris donc ceux du Sénégal , etc... on se perd un peu et de toute manière cela ne dit rien sur le pourcentage et donc le poids de la communauté musulmane maghrébine par rapport aux autres communautés africaines et notamment noires africaines , turques, pakistanaises etc...

De plus, le journaliste stigmatise ceux qui confondraient nationalité (sous entendue d'origine) et religion mais utilise sans état d'âme une enquête qui utilise, elle , comme critère de distinction l'appartenance au Maghreb, ce qui est bien confondre, dans cette logique, la religion avec trois pays (notamment au moins ) ... Maroc, Algérie, Tunisie qui se revendiquent comme ethniquement Arabes ... Demandons-lui comment les sondeurs ont trouvés et interrogés ces "maghrébins" : par l'opération du Saint esprit ou ... par le faciès ?

Quand à la notion de 2ème génération cela fait 30 ans que l'on nous en parle... Problème: où en sont les 3èmes et quatrièmes génération ? Entre émeutes, et mosquées où sont-elles réellement ?

CEVIPOF ? : Mais c'est, le laboratoire ( Créé en 1960 ) de recherche de Sciences Po (Fondation Nationale des Sciences Politiques) associé au CNRS depuis 1968 et centré sur l’étude du politique. http://www.cevipof.msh-paris.fr/ ... un laboratoire composé de beaucoup d'hommes de sensibilités de gauche et qui travaille aussi beaucoup pour (donc est financé par) le Ministère de l'Intérieur...





À cet égard, l'intégration des musulmans français fait figure d'exception en Europe, comme l'a montré cet été le dernier rapport du Pewcenter, un centre américain de recherche. Au Royaume-Uni, ils sont 81 % à se définir par leur croyance plus que par leur nationalité et plus de la moitié perçoivent « un conflit naturel entre le fait de pratiquer l'islam et le fait de vivre dans une société moderne ». En France, c'est l'inverse. Une large majorité de musulmans (72 %) ne voient aucune contradiction entre l'islam et l'Occident, et si 46 % se définissent d'abord par leur religion, ils sont 42 % à se déclarer avant tout français. Les musulmans français sont aussi les plus ouverts aux autres religions : 91 % des musulmans français ont une opinion favorable des chrétiens et, ce qui fait d'eux une exception, 71 % ont une bonne opinion des juifs contre 32 % des musulmans britanniques, 28 % des musulmans espagnols et 38 % des musulmans allemands. Cette ouverture repose largement sur le modèle français que 78 % des musulmans plébiscitent en jugeant que leur communauté souhaite adopter les traditions nationales (contre 41 % en Angleterre et 30 % en Allemagne).

D'abord se satisfaire qu'il y ait plus de musulmans se définissant avant tout comme musulman que comme français me paraît ... douteux... et ajouter un petit cocorico en comparant ce chiffre à la Grande Bretagne en disant : regardez comme ailleurs c'est ... pire.... tombe dans le risible.

Ensuite, dire que 71% des muslmans ont une opinion favorable des juifs me rappel cette autre enquête du CEVIPOF ( utilisons leur propre arme):

Sondage du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) issu de l'Enquête sur les citoyens d’origine maghrébine, africaine et turque réalisé auprès de 1 003 personnes de plus de 18 ans de l'échantillon représentatif appelé « Rapfi ». Etude commentée par Le Figaro dans l'article Les musulmans pratiquants ont plus de préjugés du 7 Décembre 2005.

Un sondage du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a confirmé et mis en valeur les positions culturellement traditionnalistes ainsi que l'antisémitisme religieux d'une partie des musulmans pratiquants. Selon ce sondage, 39% des musulmans pratiquants condamnent l'homosexualité (contre 21% des français), 43% approuvent des horaires séparés pour les femmes dans les piscines et 46% manifestent des sentiments antisémites (contre 18% de français). On compare ici les réponses de l'ensemble de la population française avec la fraction musulmane pratiquante. En revanche, 80% des pratiquants expriment une opinion positive sur la religion chrétienne.

Selon ce même sondage, « Alors que seulement 3% des Français de 18 à 35 ans donnent des réponses qui les classent comme « conservateurs », ils sont 40% parmi ceux issus de cette immigration. »




Mais ce mouvement d'assimilation et de sécularisation est sans cesse ralenti par l'arrivée de nouvelles populations musulmanes ancrées dans une pratique plus traditionnelle. L'islam individuel, fondé sur le libre arbitre, est également mis à l'épreuve par les tensions qui traversent la société, comme s'il devenait plus difficile de bricoler sa pratique sans choisir son camp. Chez les plus jeunes, l'identité musulmane s'affirme plus nettement : les moins de 35 ans sont 51 % à se décrire comme musulmans d'abord.

Zut le journaliste nous apprend plus haut que la deuxième génération s'intègre, que 78% des musulmans plébiscistent le modèle français , etc... alors que les moins de 35 ans se définissent eux avant tout comme ... français ? ... Non, comme musulman !




Ces vingt dernières années ont vu la montée en puissance d'une pratique collective, visible, qui privilégie les rituels plus que la foi individuelle, alors qu'un certain regain des tendances spiritualistes, en particulier chez les jeunes, passe inaperçu. Cet islam identitaire a connu une lente ascension jusqu'à remplacer parfois les idéologies politiques. Beaucoup de leaders de la marche des Beurs de 1983 se sont tournés vers l'islam, après avoir réclamé qu'on les considère comme des Français comme les autres. Devant l'échec des revendications d'égalité et la permanence des discriminations, des jeunes chaque jour plus nombreux ont cherché dans l'islam et l'oumma (la communauté musulmane) des pistes pour leur vie.

Traduisez: les français sont racistes... Notez bien comment est tordue la notion d'égalité, comme si des droits inférieurs leurs étaient accordés.... Cette soupe infâme, elle- même raciste, est devenue le slogan officiel des médias .... Elle permet l'économie de l'interrogation sur la responsabilité de ceux-là même qui ne s'intègrent ni culturellement, ni socialement, ni économiquement dans notre pays... et qui en profitent au nom de leur situation supposée de victimes (comprenez à cause des français racistes) pour revendiquer l'instauration des droits islamiques au nom du droit à la différence. Ce qui me fait penser à ce mot de Finkelkraut lors de l'émission "ce soir ou jamais" : « Voici une nouvelle vague qui dit: « votre héritage, nous n'en voulons pas, vous avez qu'à être ce que nous sommes. » »

Au même moment, les Saoudiens ont largement financé la diffusion du wahhabisme (fondamentaliste) à travers des associations et du matériel religieux. Dans les cités à forte concentration d'immigrés, les « barbus » se sont doucement substitués aux éducateurs traditionnels, aux travailleurs sociaux, fournissant de l'aide aux familles, mais aussi un prêt-à-croire assez formaté. « Pourquoi crois-tu que tu n'as pas de travail ? Ils ne veulent pas de musulmans ici », ont expliqué les prêcheurs à des jeunes soulagés de trouver une raison à leurs échecs et de nouveaux oripeaux à leur révolte. Beaucoup se sont alors tournés vers l'islam comme un moyen de contestation, comme une façon d'exister. Les manifestations collectives d'une identité musulmane se sont multipliées ces dernières années. Le ramadan provoque un véritable engouement parmi ceux qui se déclarent musulmans : 90 % pratiquent ce jeûne collectif, selon un sondage du journal La Vie, réalisé fin août.

Non l'islam n'est pas simplement un instrument de contestation optionel, mais une culture dans laquelle ils sont imprégnés. L'islam ne leur est pas extérieur. C'est justement à cause de ce que dit l'islam sur les non-musulmans, sur l'Occident, sur la prééminence morale et législative de la Sunna, sur l'impérieuse nécessité de convertir le monde décadent extérieur à l'Oumma, que la contestation idéologique la plus violente est possible: tout comme le communisme ou le national socialisme formataient les esprits et commandaient une guerre de conquête, l'islam ne négocie que des parenthèses de paix, stratégiquement pour mieux préparer les futures attaques.




Ces manifestations identitaires se développent dans toutes les religions et posent des questions nouvelles à la République. Le voile est un de ces marqueurs. Il a fait l'objet d'une véritable propagande de la part de leaders religieux, car l'ordre moral s'impose d'abord aux femmes. Cela explique en partie comment celles qui avaient retiré leur foulard en arrivant en France, ont parfois vu leurs filles le mettre. La nourriture « confessionnelle » connaît aussi un véritable boom. Mais le foulard comme le halal relève autant de la tradition ou de l'islam identitaire que de la foi. Encore 43 % affirment faire les prières quotidiennes et 20 % disent lire le Coran au moins une fois par semaine. Tandis qu'ils ne sont plus que 17 % à fréquenter la mosquée une fois par semaine, essentiellement des hommes.








Sur les 2 000 lieux de culte qui existent en France, plus de la moitié diffuse un islam similaire à celui du bled. Ils sont surtout fréquentés par des Marocains et des Turcs. « Alors que les Algériens arrivés les premiers avaient un rapport plus distancié à la religion, les vagues d'immigration suivantes ont une pratique plus piétiste qu'ils ont transposée sur le sol français », analyse Bernard Godard chargé des cultes au ministère de l'Intérieur. Ils ont ainsi maintenu un islam traditionaliste, mélange de coutumes et de religion.

C'est donc clair: entre les lois de la République et le modèle d'intégration/assimilation laïque, marqueur de distance avec le « religieux », ils choisissent « l'identité » musulmane (quelle que soit leur connaissance et pratique réelle de ses dogmes) c'est à-dire l'opposition aux lois de notre république ( voile, séparation homme/femme, etc) dans l'affirmation communautaire anti-occidentale ....




Les jeunes se sont plutôt tournés, entre autres, vers les mosquées tablighs, ce mouvement piétiste venu d'Inde, qui entend calquer son mode de vie sur celui du Prophète. Dès les années 1970, ce mouvement avait attiré les premiers travailleurs immigrés. Apolitiques, dédiés au prêche et à la conversion sur le terrain, les tablighs sont peu connus des médias, mais très présents en France. Avec les imams formés au sein de leur filière, ils diffusent une vision non agressive, mais manichéenne qui sépare le monde entre le halal (« pur ») et le haram (l'« interdit »). Ils agitent la peur de l'enfer auprès de jeunes réceptifs et proposent le salut en suivant les préceptes de l'islam. Religion de groupe par excellence, l'islam des tablighs est un mouvement presque sectaire, où les jeunes se retranchent peu à peu du reste de la société qu'ils considèrent comme mécréante.

Les enquêtes le montrent : ces recruteurs redirigent les éléments les plus motivés vers des madrasas fondamentalistes de pays musulmans, qui elles-mêmes redirigent les éléments les plus « chauds » vers des camps d'entrainements dhjiadistes...

Mieux identifiés et plus inquiétants, les salafistes, qui s'habillent comme au temps du Prophète, avec des djellabas et des calots, poursuivent leur progression, notamment parmi les convertis. Comme les tablighs, ils cherchent les solutions dans le retour au passé, le respect absolu de mille règles qui régissent les moindres détails de la vie et condamnent les impies, mais sont estimés moins « soumis » que les tablighis. Très hostiles à l'Occident, ils font l'objet d'une surveillance policière.

Depuis septembre 2001, l'islam est entré dans le calendrier politique français. Le Conseil français du culte musulman, qui devait en contrôler l'évolution, s'est avéré trop divisé pour peser. La pratique en France reste largement conditionnée par les pays d'origine, qui se servent de l'islam pour conserver leur influence. Outre les imams venus du bled, la télévision satellite joue un rôle croissant. On regarde maintenant al-Jezira, ou encore les prêcheurs comme Amr Khaled qui, après avoir charmé les Égyptiennes, séduit aussi en France. Les musulmans de France vivent eux aussi un islam globalisé, avec ses modes comme le foulard coloré. Tandis que sur le terrain, ce sont les leaders locaux qui influencent la pratique, quartier par quartier. Le retour au texte de jeunes plus instruits ouvre une ère nouvelle, mais pas forcément plus libérale. Car beaucoup adoptent un islam plus orthodoxe et se montrent moins prêts au compromis.






C'est l'attitude de la République, sa capacité à intégrer qui déterminera largement l'avenir de l'islam de France.

Non c'est aux musulmans à s'adapter à nos lois et non le contraire. Si échec il y a c'est bien celui de la responsabilité de certains de préférer les lois de l'islam à celles de la République.

Car l'islam identitaire se nourrit largement des discriminations et progresse là où la République faiblit.

NON. L'islam ne se nourrit que de sa propre logique interne sectaire. C'est lui qui discrimine: la femme/l'homme, le non-muslman/musulman, l'homme libre/l'esclave...

Lorsque la loi est venue interdire les signes religieux ostensibles dans les écoles publiques, presque toutes les filles ont enlevé leur foulard, signe que cet islam identitaire s'adapte dès qu'il rencontre des interdits.

Cet islam identitaire s'adapte très bien en effet. Car une fois les portes de l'école franchies, il reprend normalement le cours de son emprise sur la « vie » de ses adeptes ... Cet islam contourne une loi qu'il a lui-même combattue... mais cela le journaliste semble l'avoir étrangement oublié...

« La loi a vraiment marqué un changement », estime Bernard Godard. Sans pour autant stopper l'avancée de l'islam dans l'espace public.

Oui, la loi sur le voile n'empêche pas la progression de l'islam partout ailleurs ... Protégées à l'école les filles ne le sont plus en dehords ...c'està-dire au sein même de leur famille et de leur quartier...

Des musulmans tentent de légitimer le port du voile ou encore la présence de halal dans les cantines et sur les lieux de travail. En face, la République hésite, refuse parfois ces demandes, mais valorise les leaders religieux avec l'idée sous-jacente qu'ils pourraient gérer la contestation.

Quelle coupable naïveté ! Croire que les idéologues responsables de l'islamisation de la société française se transformeront en défenseurs de la laïcité républicaine occidentale ... et qu'ils feront tampon avec d'autres (mais qui ?) , encore moins enclins qu'eux à « l'intégration » ... C'est comme faire croire qu'un agitateur a pour objectif la paix sociale et non de faire monter la pression afin d'en tirer un maximum de profits pour sa cause et pour lui-même....

Secoué par les tensions internationales, instrumentalisé par les pays d'origine et souvent mal compris en France, l'islam français peine à s'organiser.

Peut être parce qu'il n'existe pas d'islam de france sans islam tout court, et que celui-ci , par le modèle de vie de son prophète et sa Loi niant la séparation du politique et du temporel, ne prône au final qu'un système politique théocratique de nature totalitaire...