Les femmes en Arabie avant et après l'Islam 1/7
Par Enki40, jeudi 2 novembre 2006 à 07:05 :: Connaître l'islam :: #459 :: rss
Ce sujet n’a cessé d’alimenter les descriptions des observateurs étrangers et les recherches des historiens. Ceux du XIXème siècle ont tenté de découvrir chez les Arabes antiques l’institution d’un matriarcat, mais les travaux actuels ont infirmé cette thèse hasardeuse et généralisatrice; (cf. le débat dans A. Avanzini, “Remarques sur le matriarcat en Arabie du sud”, in Robin 1992, p. 157-161.).
Il est toujours difficile de séparer la réalité de l’information, l’attrait pour le pittoresque et le fantasme pur et simple.
Il semble, à partir des sources musulmanes ou non-musulmanes, que les femmes aient pu jouir d’une large liberté d’action :
Opinion de V. Langlois, Numismatique des Arabes avant l’islam, Paris, 1859: “Avant la publication du livre de M. Caussin de Perceval, on n’avait que des données assez vagues sur la condition des femmes arabes anté-islamites, et l’on supposait assez généralement que le rôle de la femme, n’ayant point changé en Orient, elles étaient, de toute antiquité, considérées comme des esclaves. En général, il est vrai, les Arabes ont toujours eu mauvaise opinion des qualités morales de la femme, parce que le caractère de la femme est exactement le contraire de ce qu’ils envisagent comme le type de l’homme parfait. Quoi qu’il en soit, le rôle de la femme arabe, dans les siècles qui précèdent la venue du prophète, était tout autre que ce qu’il est aujourd’hui. Ce n’est pas la femme esclave, tantôt enfermée dans un harem, où elle est placée sous la surveillance d’eunuques vigilants, tantôt condamnée aux travaux les plus durs de la maison, ne prenant aucune part dans la vie civile; c’était au contraire l’idole adorée, le foyer vivifiant où s’échauffaient et rayonnaient les pensées de l’homme. “C’est la lionne faisant jouer ou rugir tout à tour le lion, c’est la colombe faisant soupirer la colombe”.
On se souvient de reines arabes depuis les chroniques assyriennes, de la reine de Saba, de Zénobie, parfois même de véritables “cheffes” de tribus, ou simplement de femmes au fort tempérament...(Article classique de N. Abbot, Women and the State on the eve of islam”, American Journal of Semitic Languages 58, 1941.)
Mais on les retrouve aussi au combat (I. Lichtenstäter, Women in the Aiyam al Arab, Londres, 1939, p. 13.) , comme arbitre dans des concours de poésie (Umm Jundah, femme du célèbre Imrul Qays) , comme devineresse , prêtresse ( Sarra bint Nabhan; cf. Ibn Sa’d VIII 227), poétesse (Tumadir al Khansa, la plus célèbre; L. Cheikho, Les poétesses arabes, Beyrouth, 1897 (en arabe)) , prophétesse ( La prophétesse Sajah (Abbot, Women, p. 281-2)) ou femme politique gérant les affaires de la cité (Hubba bint Hulail et Atikah bint Murrah à la Mecque (Abbot, Women, p. 264-6) .
Aujourd'hui, afin de classifier quelque peu le sujet, abordons le premier des 7 thèmes traités:
1- Fantasmes et réalités.
Les moeurs des Nabatéens (Strabon XVI 25).
Ils n'ont aussi qu'une femme pour eux tous, celui qui, prévenant les autres, entre le premier chez elle, use d'elle après avoir pris la précaution de placer son bâton en travers de la porte (l'usage veut que chaque homme porte toujours un bâton). Jamais, en revanche, elle ne passe la nuit qu'avec, le plus âgé, avec le chef de la famille. Une semblable promiscuité les fait tous frères les uns des autres. Ajoutons qu'ils ont commerce avec leurs propres mères. En revanche l'adultère, c'est-à-dire le commerce avec un amant qui n'est pas de la famille, est impitoyablement puni de mort. La fille de l'un des rois du pays, merveilleusement belle, avait quinze frères, tous éperdument amoureux d'elle, et qui, pour cette raison, se succédaient auprès d'elle sans relâche. Fatiguée de leurs assiduités, elle, s'avisa, dit-on, du stratagème que voici: elle se procura des bâtons exactement semblables à ceux de ses frères, et, quand l'un, d'eux sortait d'auprès d'elle, elle se hâtait de placer contre la porte le bâton pareil à celui du frère qui venait de la quitter, puis, peu de temps après, le remplaçait par un autre, et ainsi de suite, en ayant toujours bien soin de ne pas y mettre le bâton pareil à celui du frère dont elle prévoyait la visite. Or, un jour que tous les frères étaient réunis sur la place publique, l'un d'eux s'approcha de sa porte et à la vue du bâton comprit que quelqu'un était avec elle; mais, comme il avait laissé tous ses frères ensemble sur la place, il crut à un flagrant délit d'adultère, courut chercher leur père ei l'amena avec lui. Force lui fut de reconnaitre en sa présence qu'il avait calomnié sa sœur.
La “prostitution” chez les bédouins (Ammien Marcellin, Histoire XIV 4-6).
Leurs femmes sont des mercenaires engagées pour un temps par contrat mais, pour qu'il y ait une apparence de mariage la future femme offre à son mari, à titre de dot, une lance et une tente, prête à le quitter au jour fixé si elle choisit de partir. Incroyable est chez ces peuples l'ardeur avec laquelle les deux sexes s'abandonnent aux choses l'amour. Pendant toute leur existence, ils sont si nomades que dès qu'une femme se marie à un endroit, accouche à autre, et elle élève ses enfants loin de là, sans qu'il lui est permis de faire halte.
Abdal Uzza
Prochaine partie: Femmes au combat...




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