Il reste évidemment des doutes sur la volonté de Sarkozy, s'il est élu, de traduire tous ses discours dans les actes. Mais au moins a-t-il fait les diagnostics dérangeants qui lui valent d'être accusé par Royal de « mettre en danger la paix civile ». La candidate, saluée au soir du premier tour par des femmes arborant le foulard islamique devant les télévisions, se dit prête à assurer l'apaisement, menacé par les cités musulmanes. Le prix en est connu : il passe par une reconnaissance de leurs exigences.



C'est ainsi que Royal, en février à Clichy-sous-Bois, a signé le contrat social et citoyen rédigé par le collectif AC le feu, né des émeutes de novembre 2005. Les banlieues y sont présentées comme « stigmatisées dans leur culture, leur religion et leur mode de vie ». Elles demandent « la juste considération de l'origine sociale de la délinquance » et font « obligation » aux médias « de réformer leurs représentations et leurs discours sur les quartiers populaires afin de contribuer à la cohésion sociale ».



Or, ce n'est pas à la République de faire acte d'allégeance aux cités, même si celles-ci doivent être aidées plus que d'autres. La montée de l'islamisme tire profit de ces soumissions unilatérales. Ces jours-ci, ce sont les laïcs turcs - ils étaient un million à défiler dimanche à Istanbul - qui dénoncent dans le port du voile le symbole de l'islam politique. Dans les banlieues françaises, il se généralise. Ce n'est pas Royal qui s'en inquiétera.