"LE PLUS BEAU DES HOMMES"
Par Enki40, lundi 8 janvier 2007 à 07:30 :: Connaître l'islam :: #599 :: rss
Nous laissons Muhammad ibn Abdallah dans la force de l'âge, au début d'une carrière commerciale très prévisible. Il est temps donc de s'arrêter sur un aspect du personnage qui a toujours émerveillé hommes (Surtout les hommes; le mécanisme de transfert narcissique fonctionne ici à plein régime, dans des sociétés masculino-viriles; cf. P. Dessuant, Le Narcissime, Paris, 1994. ) et femmes dans le monde musulman: l'apparence du corps de Muhammad, alors qu'il ne se prend que pour un homme. Les superlatifs les plus débridés, les détails les plus intimes (l'emplacement de sa pilosité, par exemple) sont proposés à un public conquis d'avance, et la tradition se révèle intarissable (Ceci distingue clairement la tradition musulmane de celle des chrétiens, qui refuse de décrire physiquement le Christ et qui pourtant le représentent.). Les textes proposés ici ne sont qu'un petit éventail d'un exercice de style qui compense amplement les interdits musulmans concernant l'image. Plutôt qu'une idole, c'est une icône largement fantasmée qui s'offre ainsi à l'imaginaire collectif (La vénération immodérée pour cette image virile et tyraniquement séduisante n'est pas de nature à freiner les comportements homosexuels particulièrement fréquents dans le monde musulman, partout et en tous temps; cf. l'article (anonyme) de l'Encyclopédie de l'Islam, et J. Corrazé, L'homosexualité, Paris, 1994. ) : une fabuleuse floraison fétichiste (P. L. Assoun, Le fétichisme, Paris, 1994.).
(Tabari, Histoire des prophètes I 337-8)
On demandait à Ali des détails sur l'extérieur du prophète. Alî dit :
- Il était de taille moyenne, ni très grand, ni très petit. Son teint était d'un blanc rosé; ses yeux étaient noirs; ses cheveux, épais, brillants et beaux. Sa barbe, qui entourait tout son visage, était bien fournie. Les cheveux de sa tête étaient longs et lui allaient jusqu'aux épaules; ils étaient noirs. Son cou était blanc. Il avait depuis la poitrine jusqu'au nombril une ligne noire de poils si mince, qu'on aurait dit qu'elle avait été tracée avec un kalem (Un stylet). Il n'y avait point d'autres poils sur la partie inférieure de son corps. Sa tête était ronde, ni petite ni grande. Il avait les plantes des pieds et des mains bien proportionnées, ni trop fortes ni trop faibles. Son dos était charnu et robuste. Entre les deux épaules, il avait une excroissance de la grandeur d'un dirham (Pièce d'argent), entourée de poils, non clairsemés, mais touffus (La dermatologie appelle cela un naevus. Un dihram sassanide a environ 3 cm de diamètre) . Sa démarche était si énergique, qu'on aurait dit qu'il détachait ses pieds de la pierre, et cependant, en même temps, si légère, qu'il semblait qu'il voltigeât de haut en bas. Mais il ne marchait pas avec fierté, comme font les princes (Constance volonté de dissocier Muhammad, des autres souverains) . Il y avait dans son visage tant de douceur, qu'une fois en sa présence on ne pouvait pas le quitter; si l'on avait faim, on était rassasié en le regardant, et l'on ne songeait plus à la nourriture. Tout homme affligé oubliait son chagrin quand il était en sa présence, charmé par la douceur de son visage et de sa parole. Quiconque l'avait vu convenait n'avoir jamais trouvé, ni avant ni après lui, un homme ayant la parole aussi charmante. Son nez était droit, ses dents écartées. Tantôt il laissait tomber les cheveux de sa tête naturellement (La mode chrétienne, selon les représentations christiques), tantôt il les portait noués ensemble en deux ou quatre boucles. A soixante-trois ans, sur tout son corps, l'âge n'avait encore fait blanchir qu'une quinzaine de cheveux et dix à vingt poils dans la barbe du menton.
(Ibn Sa'd, Tabaqat I/2 120). ... Il était plus beau que la lune de la quatorzième nuit (La nuit de la moitié du mois: la pleine lune; vestige de religiosité astrale).
(Bukhari, Hadith 77/68). Selon Anas ben Malik, l'envoyé d'Allah n'était ni excessivement grand, ni pourtant petit ; ni blanc mat de teint, ni rougeâtre ; sa chevelure n'était ni très crépue, ni tout à fait lisse, elle lui descendait jusqu'au milieu des oreilles et des épaules. Il a ajouté :
-Ses mains et ses pieds étaient forts et je n'ai jamais vu leur semblable, ni avant, ni après. Il avait la main large.
(Bukhari, Hadith 30-53). Humayd a dit: je n'ai jamais touché de la bourre de soie ( Déchets du cocon de soie), ou de la soie, plus douce que n'était la main du prophète. Je n'ai jamais flairé de musc, ni d'ambre exhalant un parfum plus délicieux que l'odeur du très saint prophète.
(Bukhari, Hadith 77/68). El Bara a dit: je n'ai vu personne d'aussi beau que le prophète, lorsqu'il portait sa tunique rouge (La couleur rouge est portée par les guerriers et chefs militaires: c'est la couleur de la tente de Muhammad durant les combats).
(Bukhari, Hadith 91/10). Abu Horayra a dit: Le prophète avait les mains et les pieds forts. Son visage était beau : depuis je n'en ai jamais vu de pareil. (Il a dit) -Qui me voit en songe, voit la réalité, car le diable ne prend jamais mes traits.
(Bukhari, Hadîth LVI 749) (Récit d’al Bara ) . L’apôtre d’Allah était le plus beau des hommes et il avait la plus belle allure. Il n’était ni très grand, ni petit.
(Muwatta, Hadith 49/1,1). L'apôtre d'Allah n'était ni trop grand ni trop petit. Il n'était ni pâle ni bronzé. Il n'avait les cheveux ni bouclés ni raides (Le flou est maintenu du fait de l'ignorance foncière des informateurs, et pour laisser une part d'imaginaire dans l'esprit du public, et une place pour l'auto-identification). (...) Il n'y avait pas 20 cheveux blancs dans ses cheveux ou dans sa barbe.
(Bukhari, Hadîth 56/ 751) ( Récit d’al Bara). Le prophète était de taille modérée avec des épaules larges et des cheveux longs atteignant les lobes des oreilles. Une fois, je l’ai vu en cape rouge et je n’ai jamais vu personne de plus beau.
(Bukhari, Hadîth 56/ 762) ( Récit d’Anas). Je n’ai jamais touché une soie plus douce que la paume du prophète, et je n’ai jamais senti un parfum aussi bon que la sueur du prophète.
(Bukhari, Hadîth 72/782) ( Récit de Muhammad ibn Sirin). J’ai demandé à Anas:
-Le prophète se teignait-il les cheveux ?
Anas a répondu:
-Le prophète n’avait que quelques cheveux gris (Le hadith ne répond pas à la question; normalement, seule la barbe peut être teinte) .
(Bukhari, Hadîth 72/ 796) (Récit d’Abu Hurayra après Anas et Jabir) . ...le prophète avait des grands pieds et des grandes mains, et je n’ai jamais vu quelqu’un comme lui après.
(Bukhari, Hadîth 72/ 796) ( Récit d’Abdullah ibn Umar). J’ai vu l’apôtre d’Allah avec ses cheveux collés par de la gomme.
(Bukhari, Hadîth V 256) (Récit de Abu Jafar).
Al Hasan m’a dit:
-Je suis un homme poilu.
Je lui ai répondu: -Le prophète était plus poilu que toi. (Jabir ibn Abdullah assistait aux bains purificateurs de Muhammad)
(Bukhari, Hadith 61/23, 1-27). Le sujet, qui est très important, et même crucial si l'on en juge par la production littéraire qu'il a suscité, mérite que l'on présente un chapitre entier des hadiths de Bukahri, consacré à l'apparence de Muhammad. La question importante, en fait, concerne le personnage d'Hasan, fils d'Ali, et descendant indirect de Muhammad. Le débat sur sa ressemblance a des implications politiques, y compris quand il faut savoir lequel est le plus poilu...
1-Oqba ibn al Harith a dit: -Abu Bakr, après avoir fait la prière de l'asr étant sorti, vit en marchant al Hasan ( Le fils d'Ali et de Fatima) qui jouait avec des enfants. Il le prit sur ses épaules et dit: -Je donnerai mon père pour le racheter, il ressemble au prophète et ne ressemble pas à Ali.
2. Abu Juhayfa a dit: -J'ai vu le prophète. El Hasan lui ressemblait.
3. Ismayl ibn Abu Khalid a entendu Abu Johayfa dire: j'ai vu le prophète, et al Hasan ibn Ali lui ressemblait. - Dépeignez- le moi, dis-je à Abu Johayfa. - Il avait le teint blanc, me répondit-il, et quelques cheveux blancs. Il ordonna de nous donner treize chamelles. Abu Johayfa ajouta: Le prophète mourut avant que nous eussions pris possession de ces chamelles.
4. Wabb Abu Jobayfa as Suay a dit : -J'ai vu l'envoyé d'Allah; j'ai vu du blanc dans les poils de sa barbiche au-dessous de sa lèvre inférieure.
5. Hariz ibn Othman ayant interrogé Abdallah ibn Bosr, un des compagnons du prophète, en lui demandant s'il avait vu que le prophète avait l'aspect d'un vieillard, Abdallah lui répondit: -Il avait dans sa barbiche quelques poils blancs.
6. Rabia ibn Abu Abderrahman a entendu Malik ibn Anas dire en faisant la description du prophète. C'était un homme trapu, ni grand, ni petit. Il avait le teint blanc rosé et non d'un blanc mat, ni brun. Il avait les cheveux frisés, ni très crépus, ni lisses et tombants ( L'acculation de négation dénote un certain embarras: ces narrateurs disent n'importe quoi, mais avec circonspection). Il reçut la révélation à l'âge de quarante ans. Pendant dix ans il la reçut à La Mecque et pendant dix ans à Médine. Sur la tête et dans toute sa barbe il n'y avait pas vingt poils blancs. Rabia ajouta:
-J'ai vu un de ses poils, il était roux. On me dit que les parfums seuls l'avaient rendu de cette couleur (Parmi les conseils de beauté masculine prodigués par Muhammad figure la teinture de la barbe au henné, mode que suivent toujours certains islamistes, comme les salafistes).
7. Anas a dit : L'envoyé d'Allah n'était pas d'une taille excessive, ni petit non plus; il n'était ni blanc mat, ni brun; il n'était pas crépu et n'avait pas non plus les cheveux lisses. Allah l'envoya (comme prophète) au début de sa quarantième année. Il séjourna dix ans à La Mecque et dix ans à Médine. Lorsqu'il rendit son âme à Allah, il n'avait pas sur la tête et dans toute sa barbe vingt poils blancs.
8. Abu Ishaq a entendu El Bara dire: L'envoyé d'Allah était le plus beau des hommes, comme visage et comme stature; il n'était pas d'une taille excessive, ni petit non plus.
9. Qatada a dit : Je demandai à Anas si le prophète se teignait. -Non, me répondit-il, (et) il n'avait que quelques poils blancs aux deux tempes.
10. El Bara a dit: -Le prophète était trapu; il avait les épaules larges; ses cheveux atteignaient le lobe de ses oreilles. -Je l'ai vu portant une tunique rouge et jamais je n'ai rien vu d'aussi beau. Au lieu de "le lobe de ses oreilles", un rawi (Un informateur) lit: les deux épaules (Les cheveux longs, suivant l'image du Christ, sont l'apanage des chrétiens; il faut savoir s'en distinguer, d'où ce type de hadith, en apparence parfaitement futile).
11. D'après Abu Ishaq, comme on demandait à El Bara si le prophète avait le visage allongé, il répondit : -Non, bien au contraire, il était pareil à la lune.
12. al Hakam a entendu Abu Juhayfa dire :
-L'envoyé d'Allah, s'étant rendu au milieu du jour dans le lit du torrent, fit ses ablutions, puis il pria deux raka pour le johor et deux raka pour l'asr, il avait devant lui un épieu; - suivant un autre rawi (Une autorité), Abu Juhayfa ajouta: les gens passaient derrière l'épieu. - Alors les fidèles prirent les mains du prophète et se les passèrent sur le visage. Moi-même j'en fis autant, et quand je mis sa main sur mon visage, je sentis cette main plus froide que la neige et plus parfumée que le musc.
13. Ibn Abbas a dit: Le prophète était le plus généreux des hommes et sa générosité s'exerçait surtout pendant le Ramadan lorsque Gabriel venait le visiter car, durant chacune des nuits du ramadan, il venait trouver le prophète et lui enseigner le Coran. Certes l'envoyé d'Allah était plus généreux pour faire le bien que les vents envoyés (Considérés comme précurseurs de la pluie vivifiante).
l4. Urwa rapporte, d'après Aysha, que l'envoyé d'Allah entra un jour chez elle tout joyeux, les rides du front pleines d'éclat. -N'as-tu pas entendu, s'écria-t-il, ce que le Mudlaj a dit à Zayd et à Usama en voyant leurs pieds: -Voilà des pieds qui sont issus les uns des autres.
15. Abdallah ibn Kab a dit: J'ai entendu Kab ibn Malik, lorsqu'il eut manqué d'assister à l'expédition de Tabuk, dire : -J'allai saluer l'envoyé d'Allah dont le visage rayonnait de joie. Quand l'envoyé d'Allah était de belle humeur son visage s'éclairait au point qu'il ressemblait à un morceau de la lune. Et nous connaissions tous cette particularité.
16. Sayd al Maqbori rapporte, d'après Abu Horayra, que l'envoyé d'Allah a dit : -J'ai été chargé de remplir ma mission depuis le meilleur des siècles d'Adam, de siècle en siècle jusqu'au siècle où je suis.
17. D'après Ibn Abbas, l'envoyé d'Allah laissait ses cheveux tomber sur le front, tandis que les polythéistes les rejetaient de chaque côté de la tête. Les gens du Livre (Les juifs), laissaient tomber leurs cheveux sur le front. L'envoyé d'Allah désirait se conformer aux habitudes des gens du Livre en tant qu'il n'avait pas reçu ordre d'agir différemment. Dans la suite, l'envoyé d'Allah rejeta ses cheveux de chaque côté de la tête.
18. Masruq rapporte que Abdallah ibn Amir a dit: Le prophète n'était pas naturellement porté aux propos grossiers et ne s'en servit jamais. -Les meilleurs d'entre vous, disait-il, sont ceux qui ont la meilleure nature.
19. Urwa ibn az Zobayr rapporte que Aïsha a dit : Quand on donnait à l'envoyé d'Allah à choisir entre deux choses, il choisissait la plus facile, pourvu qu'il n'en résultât pas quelque péché. Si elle devait entraîner au péché, il était le plus ardent des hommes à s'en éloigner. Jamais l'envoyé d'Allah ne se vengea d'une injure personnelle. Mais chaque fois que la majesté d'Allah était offensée , il en tirait vengeance au nom de Allah.
20. D'après Thabit, Anas a dit: Je n'ai jamais touché de soie ou de satin plus doux que la paume de la main du prophète. Jamais je n'ai respiré un parfum -ou suivant une variante- une odeur plus suave que le parfum -ou l'odeur- du prophète.
21. Abu Sayd al Khudri a dit: -Le prophète était plus pudibond qu'une jeune vierge dans son boudoir.
22- Shoba a rapporté le hadith précédent en y ajoutant: Quand une chose déplaisait au prophète, on le reconnaissait sur son visage.
23. D'après Abu Hurayra, jamais le prophète ne critiquait un mets; s'il lui convenait, il en mangeait, sinon il le laissait.
24. Abdallah ibn Malik al Asad ibn Bohayna, a dit: Quand le prophète se prosternait, il écartait tellement les bras qu'on voyait ses aisselles - ou suivant une variante - le blanc de ses aisselles.
25. Anas rapportait que l'envoyé d'Allah n'élevait pas (beaucoup) les bras dans aucune de ses invocations; il ne faisait exception que dans la prière des rogations; alors il levait les bras si haut qu'on voyait le blanc de ses aisselles.
26. Abu Juhayna a dit: Le hasard m'avait conduit auprès du prophète, alors à El Abtah, et il était sous une tente dressée pour passer le moment de la grande chaleur. Bilal sortit pour faire l'appel à la prière, puis il rentra sous la tente et en ressortit avec l'eau qui restait des ablutions de l'envoyé d'Allah. Les fidèles se précipitèrent sur cette eau pour en prendre. Bilal entra de nouveau dans la tente et en ressortit avec un épieu. L'envoyé d'Allah sortit alors de la tente, et il me semble encore voir, la blancheur éclatante de ses jambes. Il ficha son épieu en terre, puis il pria deux raka ( Inclinations) pour le johor et deux raka pour 1'asr. L'âne et la femme passaient devant lui (Ces être impurs peuvent en passant faire annuler la prière).
27. D'après Aïsha, quand le prophète faisait un récit, (il parlait si lentement qu' on aurait pu compter ses paroles). Suivant un autre isnad, Aïsha a dit ( A Urwa, une des plus anciennes autorités) :
-Abu un Tel ne t'étonne t-il pas? Il est venu s'asseoir auprès de ma chambre et s'est mis à raconter des récits relatifs à l'envoyé d'Allah, de façon à ce que je les entende. A ce moment, je faisais une prière surérogatoire, et il partit avant que je l'aie terminée. Si j'avais pu le joindre, je lui aurais rappelé que l'envoyé d'Allah ne débitait pas des récits comme vous les débitez.
Abdal Uzza




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