Le groupe FE75 a encore frappé
Par Enki40, samedi 20 mai 2006 à 19:42 :: Textes et Articles :: #21 :: rss
Ces militants font régulièrement la preuve que le courage est encore possible dans ce pays.
Alors que certains qui se baptisent "résistants" trouvent toujours mille excuses pour ne jamais rien faire, eux agissent, tout simplement. C'est donc sans complexe qu'en plein jour, jeudi après midi, ils ont mis à profit un temps clément pour coller plusieurs centaines d'autocollants, en plein Paris, depuis Nation jusqu'à République puis en remontant une bonne partie de la rue de Rivoli. A cette heure de pointe de la faune parisienne, cette ballade militante a permis de constater à quel point le merveilleux progrès du multiculturalisme était en marche dans notre bonne vieille capitale.
Adeptes de la maïeutique et soucieux de dérider les esprits et d'éveiller publiquement le débat sur l'Islam par des interrogations vives mais salvatrices comme un koan zen, ils ont offert à la réflexion piétonne, en petit formats ou en A4, les hypothèses suivantes (cf photos):
Rappel:
Un koan est une réflexion, brève anecdote absurde ou paradoxale, visant à déclencher un déclic mental ou spirituel. Certaines écoles du bouddhisme zen les utilisaient comme objet de méditation pour faire naître l'illumination chez l'adepte...
La maïeutique (faisons court avec la définition de Wikipédia) est issue de la tradition orphique, laquelle véhiculait la croyance en la réminiscence.
Il arrive souvent que l'on attribue à la maïeutique un lien avec l'enfantement, faisant de Maïa une déesse de l'accouchement et des sage-femmes, alors qu'elle était l'une des Pléiades. Ses sœurs étaient Alcyone, Mère par Zeus d'Aethousa, Astérope, Célaeno, Electre, Mérope et Taygète.
Il est probable que la préexistence d'une croyance monothéïste avant le Christianisme ait conduit rapidement à des "réajustements" visant à faire oublier la tradition orphique, dont la dernière école (dite secte) affirmée était celle de Pythagore. A l'époque polythéïste grecque, cette école n'était pas non plus considérée avec une bienveillance quelconque, puisqu'elle constestait le "panthéon" olympien, quoique chacun des élèves et philosophes soient tenus, a priori, de respecter toutes les formes de croyances.
Maïa était mère d'Hermès, lui-même père de Pan, Dieu du Grand Tout, au cœur de la tradition orphique.
L'orphisme reconnaissait quatre types de relation à la "connaissance" :
ce que l'on sait que l'on sait — ou affirmé comme tel
ce que l'on sait que l'on ne sait pas — le doute zététicien étant également de mise
ce que l'on ne sait pas que l'on sait — et là s'appliquait l'art du maïeuticien
ce que l'on ne sait pas que l'on ne sait pas — tout le champ de l'inimaginable par chacun et justifiant l'intervention du philosophe, illustré par l'accompagement exposé dans l'allégorie de la caverne, du Livre VII de la République de Platon.
Ainsi, la maïeutique consiste, selon les croyances de cette époque et dans cette tradition, à faire "accoucher les esprits" de leurs connaissances accumulées dans des vies antérieures.
Le questionnement maïeutique, associé à l'ironie dite socratique, consiste dans la recherche d'adhésion de la personne interrogée aux propos du philosophe.
De nos jours, le terme de maïeutique, laïcisé, englobe généralement les techniques de questionnement visant à permettre à une personne une mise en mots ce qu'elle a du mal à exprimer, ressentir, prendre concience (émotions, désirs, envies, motivation ...). Il est ainsi utilisé en lien avec les techniques empathiques développées par Carl Rogers, centrée sur l'affect (écoute active ou écoute bienveillante) ou les techniques de médiation, avec l'alterocentrage.



Ces interpellations visuelles permettent, selon eux, de questionner ainsi les pouvoirs en place, qui semblent censurer tout débat sur la possible islamisation de notre pays et l'incompatibilité présumée de l'islam avec tout autre système que lui-même.
Le débat étant aussi confisqué par les médias, complices du pouvoir, seul l'espace public de la rue, ce nouvel Agora citoyen, reste à disposition.
Remercions ces ardents défenseurs du droit à la liberté d'opinion. Droit non négociable, plus sacré que toute intolérance.
Et esperons que l'espace de reflexion ainsi ouvert aura su rendre aux passants-citoyens un peu du débat politique qui leur a été confisqué.
La vérité apprise d'autrui est sans valeur. Seule compte, seule est efficace la vérité que nous découvrons nous-mêmes. Alexandra David-Neel




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