Aveuglement

L'aveuglement est impardonnable. D'autant que cela fait des années que la dérive de la Seine-Saint-Denis est décrite, dans des rapports vite oubliés. Observer, par exemple, les candidatures à la députation de Djamel Bouras dans le « 9-3 », qui défend l'islamisation de sa communauté, ou de Faouzia Zebdi-Ghorab dans les Hauts-de-Seine, voilée sur ses affiches au nom de la « Résistance citoyenne », fait craindre que de nombreux jeunes sous influence, futurs électeurs, ne soient récupérés par cet islam politique, qui n'entend pas se réformer.

Ce que donne à voir la Seine-Saint-Denis ne ressemble pas à une crise sociale et urbaine traditionnelle, comme le discours dominant veut le faire croire. La pauvreté du département ne suffit pas à expliquer l'ampleur de la violence. D'autant que celle-ci n'est porteuse d'aucune revendication, ni d'aucun leader. Les policiers pris pour cible le sont peut-être pour leurs maladresses (sait-on ce qu'ils endurent ?), mais plus sûrement pour ce qu'ils représentent.

Or, ce rejet de la République, déjà observé lors des émeutes de novembre 2005 avec les incendies d'écoles ou de lieux publics, est une donnée occultée. Qu'un organisme proche de l'Intérieur en vienne à reprocher aux forces de l'ordre de traquer les dealers et les clandestins, sans « prendre en compte le contexte dans lequel vivent les populations fragilisées », montre l'ampleur de l'angélisme. Du laboratoire de la Seine-Saint-Denis peut sortir le meilleur, comme le pire. C'est le pire - un séparatisme ethnico-religieux - qui est encouragé.

« L'oppresseur français »

Allons plus loin : ce rejet de la République, qui fait de la police un ennemi, est aussi celui de la France et de sa culture. Les enseignants et les juges le savent, eux qui sont parfois les victimes de cette haine engrangée dans des cités. Le racisme anti-Blancs y trouve également sa source. Les mobilisations, ces jours-ci, des ministres de l'Intérieur et de la Justice, pour renforcer en urgence la sécurité des banlieues et des tribunaux, ne changeront rien à ce constat.

« Toutes ces violences et ce rejet de la société ont une finalité, celle de se venger de l'oppresseur français », soutient rudement Malika Sorel, Française issue de l'immigration maghrébine. Dans un livre sans fard (Le Puzzle de l'intégration, Éditions Mille et Une Nuits), cette universitaire constate le refus de s'insérer d'une partie de la communauté musulmane, qui ne se reconnaît pas dans le socle culturel du pays d'accueil.

« Les Français doivent admettre que ceux qui naissent porteurs d'un héritage historique et culturel profondément différent du leur ne naissent pas Français », explique-t-elle, pour mettre en cause le droit du sol, qui offre la nationalité sans obligation d'adhésion aux valeurs de la République. « La violence de jeunes issus de l'immigration est à la hauteur de la violence que le droit du sol leur fait subir, en les affublant d'une identité qu'ils n'ont en réalité pas choisie. » Il faut la lire.

Noirs sous-représentés

Approbation médiatique, après les propos du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), regrettant, lundi, la sous-représentation des Noirs à l'Assemblée. Les mêmes commentateurs qualifient de racistes ceux qui estiment les Blancs sous-représentés dans l'équipe de France de football.

Y. Rioufol

http://www.lefigaro.fr/debats/20070608.FIG000000034_une_bombe_en_seine_saint_denis.html