... un pays comme l'Espagne, voisin européen, nous a montré ce soir que la construction de l' actuelle identitée commune européenne édictée par les comploteurs eurocrates s'arrête au moindre stade de foot. Un mythe d'unité et de fraternité européen qui s'est encore un peu plus ce soir, hélas, éloigné.

Mais est-il bien encore question de jeu ici ? Ou plutôt, derrière le foot, et un huitième de finale d'une coupe du monde n' y a t-il pas autre chose qui se manifeste à travers cet évènement même ? Je ne veux pas parler ici du niveau neuronal quasi inexistant du supporter extatique du ballon rond, de l'excité des stades qui éructe insultes après insultes à longueur de match, mais d'une autre chose, plus profonde, qui se manifeste aussi à travers ce comportement cathartique. Et l'on sait à quel point la catharsis à a voir avec la construction et la redéfinition de l'identitée d'un groupe. Surtout quand ce groupe sent ses valeurs se fissurer et affronte ce qu'il ressent comme un Autre irrémédiable, un Autre qui sous couvert de différence ne promeut plus que la différence, c'est-à-dire en fait la disparition du droit à être soi pour une certaine catégorie de la population.

Est-ce ainsi qu'est perçue la France aujourd'hui, peut être de manière encore inconsciente, mais qui déborde et s'exprime avec toute sa violence là où seule elle peut s'exprimer librement en groupe et au vu et au sus de tous ?

Déjà en Israël, on nous avait fait comprendre à quel point le traitement palestinophilien de l'actuallité nous faisaient paraître engagé dans un seul et unique camps. Nous devenions pour eux cet autre indésirable qui trahit sa propre identitée pour promouvoir le fascisme terroriste. Et le visage de cette équipe devenait ainsi celui d'une internationale complice et donc désormais ennemie.

Est-ce ainsi qu'est perçue la France aujourd'hui à l'extérieur ?

Condamnée par les uns pour n'être pas encore tout à fait ce qu'elle devrait être, à leurs yeux, dans un devenir proche ?

Rejettée par les autres pour n'être plus ce qu'elle devrait être et pour annoncer, symboliquement, aussi, ce qu'eux même pourraient bien devenir dans un avenir tout aussi proche ?

Que nos gouvernants se méfient de ce qu'ils sont en train d'effectuer. Les changements majeurs qu'ils imposent à leurs populations et les effets que ceux-ci commencent à produire et qu'ils continuent de nier pourtant. Que ceux qui s'illusionnent derrière la victoire, tout aussi sympathiquement sportive soit-elle, d'une équipe vitrine de leur programme électoral ne croient pas mieux pouvoir par ce biais arrivé à leur fins.

Les gens aiment s'associer à toutes les victoires, aussi furtives soient-elle. Ils prennent la victoire pour ce qu'elle est. Une satisfaction immédiate. Un moyen de valorisation personnel minimal par identification ...même minimale. Ce qui ne veut pas dire qu'ils s'identifient avec les acteurs de cette victoire, puisque ces acteurs leur rappellent que cette victoire s'est passée sans eux, et que leur identité est, à travers l'existence même de ces acteurs, niée.

Le pain et le cirque n'ont jamais été qu'un palliatif, un détourneur provisoire de réalité, qui n'a pas empêché les grands évènements, souvent tragiques, de se produire.

Il en fût ainsi de tous les règnes fondés sur la démagogie et le cynisme. Règnes qui n'ont jamais été que des symptômes annonciateurs, préludes à de sombres boulversements civilisationnels.

Oui, les jeux du cirque n'ont pas empêché Rome de tomber. Quels que soient leurs vainqueurs.

ENKI40