L'Italie bouleversée par le meurtre d'une jeune Pakistanaise par sa famille
Par Occidentalis, mercredi 16 août 2006 à 20:54 :: Revue de presse :: #218 :: rss
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Cela convaincra-t-il l'Italie de renoncer à ce projet délirant de plages réservées aux musulmans ?
ROME (AFP) - Le meurtre d'une jeune Pakistanaise, tuée dans le Nord de l'Italie par des membres de sa famille parce qu'elle rejetait le mode de vie traditionnel, a bouleversé les Italiens et alimenté une polémique sur l'intégration des immigrés.
Le corps poignardé d'Hina Saleem, 21 ans, dont le petit ami, un Italien divorcé et remarié âgé de 33 ans, avait signalé la disparition à la police, a été retrouvé samedi, enseveli dans le jardin de la maison familiale à Sarezzo, près de la ville industrielle de Brescia (Nord-Est).
Le meurtre d'Hina a été "une sorte de punition infligée par son père parce qu'elle ne respectait pas les règles de leur ethnie et de leur culture", a déclaré mercredi le procureur de Brescia, Giancarlo Tarquini, lors d'une conférence de presse rendant compte des premiers éléments de l'enquête.
Le père et un beau-frère de la jeune fille ont été mis en accusation pour meurtre et dissimulation de cadavre et un troisième homme de la famille était encore recherché mercredi par les carabiniers.
Les enquêteurs veulent savoir si le meurtre a été prémédité, une hypothèse étayée par le fait que les femmes et les enfants du clan familial semblent avoir été préalablement écartés de la maison.
Avant de s'enfermer dans le silence, le père, décrit par son avocat comme un homme très pieux "qui respecte le Coran à la lettre", a déclaré aux carabiniers avoir tué sa fille parce qu'il ne voulait pas qu'"elle devienne comme les autres".
"Hina était très belle, elle mettait des mini-jupes ou se découvrait le nombril comme toutes les filles de son âge, et parlait très bien l'italien", a raconté à l'agence Ansa une voisine de l'appartement où la jeune fille vivait avec son petit ami.
Un porte-parole de la communauté pakistanaise de Brescia, Mohammed Tofi, a condamné le meurtre et a ajouté que des tragédies identiques pouvaient "aussi arriver dans des familles italiennes".
"Un tel drame nous fait comprendre que le chemin de l'intégration est long et qu'il ne faut pas être démagogique quand on parle de citoyenneté et de droit de vote" des immigrés, a pour sa part déclaré le chef du groupe Alliance Nationale (droite) à la chambre des députés, Ignazio La Russa.
Le gouvernement de gauche prévoit de libéraliser les conditions de naturalisation des immigrés, une mesure destinée selon lui à favoriser leur intégration.
"Il est évident que pour accéder à la citoyenneté, il faut adhérer pleinement aux valeurs de la Constitution et aux droits fondamentaux comme le droit des femmes à choisir leur vie", a précisé mardi le ministre de l'Intérieur Giuliano Amato.
"Par son désir de liberté, son courage et son sacrifice, Hina Saleem est le symbole d'un nouveau féminisme", a estimé pour sa part la parlementaire du Parti ces communistes italiens (PDCI) Katia Belillo.
Longtemps pays d'émigration, l'Italie n'est devenue que récemment une terre d'accueil pour de nombreux étrangers originaires surtout d'Europe centrale et d'Asie, dont le nombre est aujourd'hui évalué à près de trois millions.




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