Les musulmans de Londres souffrent de « graves discriminations » Les musulmans de Londres, qui représentent 8,5% des habitants de la capitale britannique, sont victimes de « graves discriminations et préjugés », a déclaré mardi Ken Livingstone, le maire de Londres, à l’occasion de la publication d’un rapport, « Muslims in London ».



« Un Londonien sur douze est musulman et les communautés musulmanes de Londres, dans toute leur diversité, doivent jouer un rôle essentiel dans la vie de notre ville », a indiqué M. Livingstone, cité dans un communiqué, relevant que « pourtant, les musulmans de Londres affrontent de graves discriminations et préjugés ».

Plus de 40% des musulmans de Londres sont nés au Royaume-Uni. Les deux-tiers ont leurs racines familiales en Asie du sud-est.

Selon M. Livingstone, les musulmans sont « de manière disproportionnée victimes de crimes liés à la religion, plus que toute autre communauté religieuse ». Sur 34 cas de crimes liés à la religion relevés en 2004/2005 par le Parquet britannique, le Crown Prosecution Service (CPS), 23 concernaient des musulmans.

Pour l’ensemble de la ville de Londres, 537 crimes liés à la religion ont été répertoriés en 2004/2005 mais 1.006 pour la période 2005/2006, soit +87%. Les musulmans constituent 16,9% de la population carcérale de Londres, avec un peu plus de 1.000 prisonniers. Ils ont également le plus bas taux d’emploi avec seulement 15% des femmes de plus de 25 ans qui travaillent à plein temps, contre 37% pour la moyenne nationale.

Seulement 42% des jeunes musulmans de 16 à 24 ans sont « économiquement actifs » (60% pour la moyenne nationale) et ils ont le plus bas niveau de qualification (17% n’ont pas de qualification, contre 13% pour la population totale).



« Les musulmans ont le profil le plus jeune de tous les groupes religieux de Londres et de Grande-Bretagne », souligne le rapport. Par ailleurs, un tiers des musulmans du Royaume-Uni vivent dans des foyers surpeuplés.

A Londres, ils sont 40%. Seulement 38% des musulmans sont propriétaires de leur domicile, contre 56% de la population britannique. Le rapport, le premier du genre, a été préparé en collaboration avec le Conseil des musulmans de Grande-Bretagne (MCB), la plus importante organisation musulmane du pays. Il s’appuie sur des données qui remontent jusqu’au recensement de 2001.

Il tombe « à point nommé » alors que la Grande-Bretagne est en plein débat sur le port du voile et l’intégration de la population musulmane, a relevé M. Livingstone tout en espérant qu’il « permettra d’accroître la compréhension entre les communautés et de combattre une partie de l’ignorance, des préjugés et de l’islamophobie apparus dans certains médias ».

C’est un rapport « révolutionnaire » qui rassemble des données de différentes sources et qui identifie les besoins de la communauté, a déclaré Muhammad Abdul Bari, secrétaire général du MCB. Il représente un « modèle » pour les autres grandes villes du pays et d’Europe, a-t-il précisé.

FM.

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