Le Pape s’exprime contre la "guerre sainte islamique"

J’ai été heureusement surpris par les propos du Pape Benoît XVI à l’occasion de sa visite en récente en Allemagne.

En effet, si le Pape Jean Paul II était à la recherche de "dialogue" avec l’islam, à l’université de Ratisbonne, Benoît XVI, a proposé une véritable confrontation intellectuelle.

Ce qu’aucun homme politique n’ose dire, il l’exprime sans fausse pudeur, ni soucis du politiquement correct.

Je pense en particulier à son rappel d’un épisode historique ayant opposé, au XIVe siècle, les empereurs chrétiens de Constantinople aux juristes musulmans. Il a notamment cité l’empereur Manuel II Paléologue (1391) "Montrez-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau. Vous ne trouverez que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait".

Entendre cet épisode raconté publiquement par le Pape n’est pas neutre.

Contrairement au Président Jacques Chirac qui ces jours ci encore, refuse ce qu’il appelle un divorce des civilisations, le Pape ne nie pas l’actuelle confrontation entre les cultures. En revanche, il nous met en garde contre l’athéisme moderne qui règne en Occident :"Dans le monde occidental, l’opinion domine que seule la religion positiviste est universelle. Or, dans les cultures profondément religieuses d’aujourd’hui, l’exclusion de Dieu constitue une attaque de leurs plus intimes convictions."

L’implication personnelle de Jean Paul II a participé à briser les dictatures communistes. Benoît XVI saura-t-il trouver les mots pour éviter la dérive du totalitarisme islamiste en Occident ?

Autre commentaire de Jérome Rivière, sur le discours présidentiel:

Orient et Occident, ne pas se cacher la face !

mardi 29 août 2006, par Jérôme Rivière Le discours du Président de la République à l’occasion de la conférence des Ambassadeurs a été l’occasion de faire un point sur sa vision des relations entre l’occident et ce qu’il a appelé l’Orient mettant en garde contre ce qu’il appelle un « divorce ».

Avant de marquer un certain nombre de différences, je veux ici noter quelques uns de ces propos :

« Une relance immédiate du processus diplomatique s’impose », une « réunion rapide » du quartet sur le Proche-Orient (USA, Russie, Union européenne et ONU).

« L’enchaînement funeste » des événements au Liban « met en évidence la complexité et l’imbrication des situations ».

« Chacun voit bien qu’au Proche-Orient, les lignes de fracture se rejoignent et les crises s’additionnent ». « Au-delà de ces affrontements se profile un danger majeur, celui du divorce entre les mondes, Orient contre Occident, Islam contre Chrétienté, riches contre pauvres ».

Au Liban, « la France s’est mobilisée pour arrêter l’escalade des violences ». La résolution 1701 de l’ONU est « le cadre d’une solution durable fondée sur la sécurité d’Israël et la souveraineté du Liban »

« Le pari de la paix et de la sécurité s’adresse aussi à l’Iran et à la Syrie »...

« J’exhorte une fois encore Téhéran à faire les gestes nécessaires pour créer les conditions de la confiance. Il y a toujours place pour le dialogue ». L’Iran est un grand pays. Mais la reconnaissance de son rôle lui crée aussi une obligation : celle de dissiper les appréhensions et de travailler à la stabilité régionale".

La Syrie doit « sortir de sa logique d’enfermement », et a « vocation à reprendre sa place à la table des nations, en respectant la légalité internationale et la souveraineté de ses voisins ».

Dans cette logique, Jacques Chirac, a plaidé en faveur de l’ONU et du multilatéralisme dans la résolution des grandes crises internationales.

Cette vision qui est celle de la France depuis un certain nombre d’années est marquée par la volonté de trouver des solutions uniquement par le dialogue et la concertation. Je pense qu’il s’agit d’une vision idéale pour ne pas dire utopique du monde.

Robert Kagan, le politologue américain, a remarquablement développé cette thèse dans son ouvrage « La puissance et la faiblesse. Les Etats-Unis et l’Europe dans le nouvel ordre international ». L’Union européenne et la France avec elle ont développé un modèle de résolution des conflits basé sur le consensus. Son objection à la pérennité de ce modèle et je la partage, c’est qu’il est irréaliste d’imaginer qu’il est possible d’étendre cette méthode à l’ensemble des relations internationales y compris aux États hors la loi.

Le discours du Président de la République me semble enfermé dans la logique que je viens de décrire. Il est en plus terriblement réducteur car il limite explicitement l’Orient à l’Islam.

Ce faisant il cherche à imposer un consensus entre les société judéo-chrétiennes et les sociétés musulmanes. C’est une grave erreur à mon sens. L’ordre mondial peut tout à fait reposer sur un équilibre plutôt que sur un consensus. La deuxième moitié du XXème siècle l’a largement démontré.

Erreur d’autant plus grave que comme le pécher originel, la faute du déséquilibre économique reposerait sur nos épaules. Le Président oppose les riches (nous) aux pauvres (eux). Nous devrions avoir honte de nos sociétés riches, de notre culture et de nos avancées scientifiques. Comme si tout cela n’avait pas été acquis par le travail de multiples générations !

Pas une fois ne sont mis en cause les régimes de ces pays, ni leur modèle de développement. Politiquement incorrecte de faire remarquer que la plupart des pays musulmans sont des pays d’émigration. Des pays dont les citoyens veulent partir quelles qu’en soient les raisons, alors même qu’ils possèdent la plus grande richesse moderne (pétrole, gaz) !

Encore une fois, sur le plan extérieur comme intérieur, nous abordons ces moments si importants pour notre devenir dans un climat intellectuel, rongé par la culture de l’excuse, est paralysé par les tabous politiques.

Ou encore:

Multiculturalisme debattre enfin en France

mercredi 6 septembre 2006, par Jérôme Rivière

Dans le Figaro d’aujourd’hui il faut lire la page 4 consacrée aux interrogations des britanniques -gouvernement de Tony Blair inclus- sur le modèle multiculturel qui prévaut outre-manche. Dans son article Laure Mandeville indique que nombreux sont ceux qui s’interrogent pour savoir si finalement le modèle français ne fonctionnerait pas mieux.

Mais à quel modèle fait-elle référence ? Celui qui est à la mode aujourd’hui à savoir la discrimination positive ?

Non bien sur, et elle l’écrit, il s’agit de la politique d’assimilation, celle condamnée parce que destructrice des identités !

Depuis plusieurs années je dénonce l’absence de débat politique sur ce sujet. Lors de l’examen du texte de loi sur l’immigration j’ai été bien seul pour demander que la question de l’Islam comme projet politique totalisant, soit évoquées.

Le débat à lieu en Angleterre après les terribles attentats de 2005 et la découverte d’un complot en août dernier. N’attendons pas une tragédie ! L’échéance présidentielle doit être cette occasion d’une réflexion.

Si l’assimilation a été considérée comme destructrice des identités des immigrants, il est grand temps de réaliser que le multiculturalisme anéantira l’identité Française ! Sans ce socle commun, comment être une Nation au sens où l’entendait Ernest Renan : « une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a fait et de ceux qu’on est disposé à faire encore ».