Ils se foot de nous...
Par Occidentalis, mercredi 12 juillet 2006 à 11:37 :: Le billet Denis Greslin :: #148 :: rss
Les joueurs de l'équipe de France n'ont pas eu le moral pour aller rencontrer leurs supporters sur les Champs Élysées... Les pauvres chéris, ils ont perdu, ils sont second, ils devront se passer de quelques millions d'euros supplémentaires, et du coup ils ont salué leurs supporters depuis l'hôtel Grillon. On a échappé au pire, s'ils avaient fini 3ème c'est peut-être depuis les toilettes de la gare St Lazare qu'ils auraient accueilli la foule...
Pitoyable, car les médias - à l'issue du ler tour - ont accordé à cette équipe toutes les vertues, dont la principale est bien-sûr d'être « black-blanc-heur » (je ne vous parlerai pas des détails de la répartition entre ces trois catégories...) ; ensuite, les médias ont réveillé non pas un esprit nationaliste, mais un esprit chauviniste qui voulait que l'honneur de notre pays, dans tous les domaines, soit sauvé par cette équipe multiculturelle (enfin multi... ça se discute). Qu'importe si nous sommes militairement, économiquement, diplomatiquement ridicules, au foot, mon bon monsieur, on ne craint personne (ou presque...).
Pitoyable car les différentes victoires de l'équipe de France (méritées contre l'Espagne ou le Brésil, injuste face à un Portugal qui méritait de gagner) ont donné lieu sur notre sol à de nouvelles scènes de guérilla urbaine, mais aussi à des « attaques de diligence » (en l'espèce des véhicules pris dans les embouteillages), des blessés, des morts, dans un quasi-silence gêné de nos toujours exceptionnels médias.
Pitoyable, car la sortie de Zidane fait honte à notre pays, et brise le modèle que les médias offraient à nos jeunes. Même s'ils cherchent aujourd'hui à minimiser le geste, il est inexcusable. Quand on est payé des millions, qu'on est regardé par des centaines de millions de personnes, qu'on joue son dernier match, et surtout qu'on est considéré comme un exemple par des millions de jeunes, on ne fait pas ça. Pas sur un terrain de sport, et quoi qu'ait pû dire l'Italien. Si on nous avait appris que Zidane s'était rendu après match dans les vestiaires italiens pour corriger celui qui l'avait insulté, je n'aurai pas trouvé à redire. Mais là, c'est un nouvel acte de violence qui vient s'ajouter à la trop nombreuse liste des agressions commises par Zidane sur d'autres joueurs (coups de boule, de poing, de pied... ce n'est pas un acte isolé). Le message pour la jeunesse est clair : si t'as l'impression qu'on te manque de respect, tu éclates la gueule au gars, même devant l'arbitre... pardon les flics. C'est une question d'honneur...
Pitoyable enfin car une grande partie de nos compatriotes s'est laissée embarquer dans cette histoire, devenant plus bleu que bleu, insultant les Italiens, les arbitres, le sort qui s'acharne sur eux, et trouvant aujourd'hui des excuses à Zidane qui, présenté comme un demi-dieu, ne pourrait être foncièrement mauvais. Que c'est con un peuple en définitive, donnez-leur du pain et des jeux, ils seront contents, et oublieront tout le reste.
On a rien inventé depuis 2000 ans...
Denis Greslin.




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