Sur la droite, on voit un encadré titré « Dans le collimateur de la CNCDH » et qui reproduit le fameux paragraphe concernant France-Echos dans le rapport Kerforn du Mrap, tel qu'il a recopié (fautes de français comprises) par la CNCDH sans aucune vérification. Evidemment, ce rapport que nous avons démonté dix fois de bout en bout n'est qu'un tissu de mensonges partisans, car le Mrap est un mouvement ouvertement pro-communiste et pro-islamiste qui ne cache même plus ses opinions : il défile désormais avec les partisans du Hezbollah dans les rues de Paris. Et comme France-Echos ne cesse de dénoncer ce mouvement, on imagine comment ces islamo-communistes peuvent nous traiter !

Soit, la Dépêche du Midi ignorait peut-être l'origine de ce texte contre France-Echos qui ressemble d'ailleurs plus à une diatribe qu'à un rapport, mais enfin, il suffisait de consulter notre site pour constater qu'il n'y a aucun propos raciste qui y est tenu et que Kerforn affabule. Je mets d'ailleurs au défi l'auteur de cet encadré d'apporter une preuve aux propos qu'il a lui-même recopiés sur le site de la CNCDH sans doute, et alors même que la page était signée (y compris sur ce site) par Gérard Kerforn, un communiste du Mrap.

Et au beau milieu, on voit quoi ? Une photo de crânes rasés, de skinheads ! Quel rapport avec France-Echos ? Aucun, tout au contraire, nous condamnons ces groupes racistes et ils nous détestent. Il suffit d'aller voir sur leurs sites comment ils parlent de nous ! Je ne connais d'ailleurs aucun rédacteur de France-Echos, qui, de loin ou de près, a l'allure des gens qu'on voit sur cette photo et je suis même écroulé en imaginant le rapprochement, surtout pour nos rédacteurs d'origine étrangère ! C'est à mourir de rire.

Ce cliché est « une archive AFP », preuve supplémentaire qu'elle n'a aucun rapport avec nous. Pourquoi ne pas avoir mis une photo de nazis, tant qu'on y est !

Alors pourquoi cet amalgame qui pourrait traduire une volonté de nuire ? La photo est légendée : « Sur Internet ou dans la rue, les extrémistes sont tout aussi dangereux ». Soit, mais ça n'explique toujours pas le rapport de ces skinheads avec France-Echos. Et quelle est cette nouvelle accusation d'« extrémisme » qui n'est pas non plus fondée par quoi que ce soit dans l'article, et quel est ce « danger » que nous représenterions ? Toutes ces affirmations qu'on associe sans le dire franchement à France-Echos par l'allusion à Internet, sont parfaitement gratuites et ne retrouvent aucun fondement dans l'article. A quoi ça sert ?

C'est incroyable tout ça ! Et si facile : je vais écrire un article sur la Dépêche du Midi, je met une photo qui n'a rien à voir ni avec l'article ni avec la Dépêche, (par exemple des manifestants hezbollistes toulousains), et je titre que la Dépêche du Midi est un journal jihadiste. Comment appelleriez-vous cette méthode que je n'utiliserai évidemment jamais ?

Mais il y a plus fort.

Un entrefilet dit sur la même page : « Racistes et nazis, deux mouvances. Les auteurs de France-échos.com sont classés comme appartenant à la nébuleuse raciste qui s'est constituée sur des forums internet entre fin 90 et 2003. Ils sont à distinguer de l'extrême-droite issue des mouvances fascistes ou néo-nazies traditionnelles, dont faisait partie Maxime Brunerie, qui avait tiré sur Jacques Chirac lors d'un 14 juillet. »

Outre qu'on ne sait toujours pas pourquoi nous serions « racistes », voilà qu'on nous distingue bien de « l'extrême-droite issue des mouvances fascistes ou néo-nazies traditionnelles ». Donc exit, ceux qui ne cessent de nous traiter de fascistes, de nous classer à l'extrême-droite ou de nous nazifier ! Mais alors si nous sommes « à distinguer » de tous ces gens, et donc des skinheads de la photo, pourquoi le dire ?

Autrement dit, à quoi sert la photo, et à quoi sert l'entrefilet qui contredit totalement l'amalgame suggéré par la photo ? A quoi sert de nommer des gens dont on dit qu'il faut nous distinguer ? Là encore, si j'écris un article sur la Dépêche du Midi, ce n'est pas pour coller une photo de tels ou tels et dire que la Dépêche du Midi est « à distinguer » de gens qui n'ont pas de rapport avec elle mais qui sont représentés sur la photo.

Surtout que ni la photo, ni ces allusions aux néo-nazis et autres Brunerie non seulement n'ont de rapport avec France-Echos ou l'article sur les élus et la mosquée, mais elles n'apportent strictement rien à l'information, sinon de créer une confusion qu'on prend soin de démentir par un entrefilet.

J'avoue que je ne suis qu'un amateur en journalisme, mais il ne me viendrait pas à l'idée de créer une telle confusion sémantique dans une mise en page : d'une part suggérer des amalgames faux, et d'autre part expliquer qu'il ne faut pas faire ces amalgames. Le tout sous le titre « les racistes du net », alors que rien n'explique en quoi France-Echos serait raciste et que même l'article principal n'arrive pas à citer ne serait-ce qu'une phrase, une expression raciste issue de notre site.

Evidemment, je ne doute pas de la bonne foi des journalistes de la Dépêche du Midi. Mais alors, pourquoi :

1. Titrer sur un prétendu « racisme » de France-Echos, un « danger », un « extrémisme » alors que l'article principal n'apporte strictement aucun élément factuel, aucune citation fondant ces accusations mensongères ?

2. Copier-coller un texte de la CNCDH dont il était facile de voir que c'était un pamphlet partisan écrit par un communiste pour le Mrap, mouvement partisan pro-islamiste, et que ce qui était dit n'avait rien de fondé, ce qui était aisément vérifiable en consultant notre site ?

3. Mettre une photo de skinheads qui représentent des gens qui n'ont rien de commun avec les opinions défendues par France-Echos, et qui sont même aux antipodes de notre lutte contre la violence et le racisme ?

4. Expliquer que nous sommes « à distinguer » des mouvements d'extrême-droite, fascistes ou nazis qui n'ont rien à voir avec nous ni avec l'article, et qui sont justement représentés par la photo qui illustre un article nous concernant ?

C'est insensé, et ce n'est plus de l'information. C'est quasiment de la propagande mensongère, fut-elle involontaire.

Evidemment, je n'utiliserai pas de telle méthode, mais je demande aux gens de la Dépêche du Midi ce qu'ils diraient si je procéderais exactement comme eux :

1. Un article titré « les jihadistes de la presse » Je parlerais de la Dépêche (en la nommant bien) comme d'un quotidien dangereux, extrémiste, violent.

2. Un encadré reproduisant un pamphlet écrit par des adversaires idéologiques de la Dépêche, lesquels adversaires, fortement partisans, défilent avec des gens prônant la violence, des islamistes ou des néonazis par exemple. J'accorderai à ce texte la valeur de parole d'Evangile pour fonder mon accusation de jihadisme contre la Dépêche.

3. Une photo de terroristes du Hezbollah, avec la légende : au Liban ou dans la presse française, ils sont aussi dangereux etc.

4. Un texte qui avertirait que la Dépêche du Midi n'a rien à voir avoir l'islamisme totalitaire de Ben Laden.

5. Un corps d'article, où de nouveau la Dépêche serait présentée comme jihadiste, mais qui parlerait d'une affaire où la Dépêche n'apparaît en rien comme jihadiste, ni même islamiste.

Ce serait insensé et à mille lieues d'un travail d'information loyal, fût-il partisan. C'est pourtant exactement ce que la Dépêche du Midi a fait avec France-Echos.

J'avoue que je reste perplexe devant cette mise en page, cette photo, ces textes. Si ça provenait d'une quelconque feuille de chou d'un groupuscule propagandiste, du Mrap, d'islamistes ou d'un mouvement néonazi par exemple, je comprendrais pourquoi ils font ça. Mais trouver tout cela dans un grand quotidien régional d'informations, et concentré en deux tiers de page, j'avoue que j'en reste baba.

Et surtout, pourquoi faire cette sorte de désinformation si facile à démonter ?

A titre de comparaison, nous avons démonté avec d'autres sites plusieurs cas de désinformation en provenance du Liban. Ne pouvant aller sur place, vérifier les lieux, interroger les témoins, trouver des preuves, etc., notre travail ne portait que sur les images et vidéos disponibles. Il fallait donc recouper les indices et reconstituer des scénarios.

Tandis que quand on dit quelque chose de faux sur ce que dirait un site internet (et surtout d'aussi faux !), il suffit que les gens aillent vérifier, et ils s'aperçoivent que c'est faux, que nous n'avons aucun propos racistes ou bellicistes, que nous ne soutenons absolument pas les skinheads, etc.

Si je dis qu'au Liban Monsieur X a tué Monsieur Y, personne n'ira vérifier. Si je dis que tel site est raciste (surtout en ne citant aucun propos raciste duj site), il suffit d'aller chercher des propos racistes sur le site pour s'apercevoir qu'on en trouve pas.

D'ailleurs si l'article de la Dépêche ne peut fonder ces accusations par aucun exemple, c'est bien qu'ils ont cherché aussi et qu'ils n'ont rien trouvé.

Alors non seulement je me demande pourquoi faire une désinformation à notre sujet, mais aussi pourquoi prêter le flanc à la mise en évidence si aisée de cette désinformation par n'importe quel lecteur du quotidien ?

Je suis de plus en plus perplexe.

Et en tout cas, ce n'est pas rendre service aux élus qui veulent attaquer notre site que de leur fournir des présentations aussi contre-productives ! Ca ridiculise totalement leur dépôt de plainte que de le voir noyé dans toute cette désinformation, et ça incite les lecteurs à tout vérifier, donc à en savoir plus sur ces affaires de mosquées favorisées ou financées par les élus avec les deniers publics.

Francis Percy-Blake France-Echos