Egypte : le gouvernement et ses sbires islamiques n'aiment pas qu'on se bloguent d'eux...
Par Enki40, mercredi 29 novembre 2006 à 07:47 :: Textes et Articles :: #517 :: rss
Ha L'Egypte, le pays des Pharaons, des mystérieuses pyrammides et du non moins étrange Sphinx, le pays des croisières sur le Nil, des déserts foudroyants de beauté... ha qu'il est bon, en tant que touriste, de s'y reposer et de s'y émerveiller, et surtout de n'y voir que des paysages et du soleil ... sans regarder le reste... Hélas, qu'il est tombé bien bas, celui qui fut un grand pays, depuis que l'islam lui est tombé sur la tête...
Comme il tombe aujourd'hui à bras raccourci sur tout ce qui blogue de manière Haram...
Le cas de Karim découvert grâce au site www.kabylienews.com nous apprend qu'avoir un esprit critique et un peu d'humour peut vous mener, en pays d'islam, tout droit en prison. ( l'article en question est reproduit plus bas).
Reporters sans frontières nous apprend de son côté que la répression anti-blogueurs n'est en Egypte pas une blague ni une nouveauté : que la prison ainsi que la police sont des instruments de torture au service d'un pouvoir fanatisé parce qu'aveuglé par l'intolérance propre à l'islam.
Un sectarisme et une répresion qui font bien les affaires des potentats au pouvoir qui ont tout intérêt à un règne de terreur plutôt que de démocratie...
Nous ne pouvons, quand à nous, que nous associer à ce texte adopté au Parlement Européen en juillet dernier...
Blogueurs de tous les pays, unissez-vous !
Ancien étudiant de l’Université Islamique d’El Azhar (le plus prestigieux centre de « savoir » de l’Islam sunnite) dont il a été expulsé en octobre, Karim publiait sur son blog en langue arabe ses pensées anticonformistes.
Guère porté sur la religion, il y critiquait vertement les docteurs de la foi d’El Azhar (il s’y serait inscrit sous pression de son père), qui comptent parmi les plus hautes autorités morales d’Egypte, dénonçant leurs vues et leurs conceptions en termes assez directs. Il s’est également attaqué aux « excès religieux et autoritaires » de l’Etat égyptien.
Il a été incarcéré une première fois au mois d’octobre suite aux émeutes entre Musulmans et Coptes qui ont eu lieu dans sa ville d’Alexandrie. Sur son blog, Karim avait appelé les Musulmans égyptiens à faire preuve d’une plus grande tolérance envers les minorités (les Coptes constituant la plus importante minorité d’Egypte). Ce billet avait attiré les foudres du procureur de la République à Alexandrie ainsi que celles des dirigeants de l’université d’El Azhar qui l’ont expulsé.
Libéré au bout de 12 jours, Karim avait continué à publier ses billets sur l’Internet, appelant au respect des libertés politiques et religieuses en Egypte. Dans l’un d’eux il se livrait à ce qui relève d’un sacrilège pour l’Islam : pastichant la chahada (profession de foi musulmane, un des cinq piliers de l’Islam) qui affirme que Lâ ilâha illa-llâh (il n y a d’autre Dieu qu’Allah), Karim écrivait que Lâ illâha illa al inssan (il n’y a d’autre Dieu que l’homme).
Ces appels à plus de démocratie et moins de religion ont suscité une nouvelle fois l’ire des docteurs de la foi d’El Azhar qui ont porté plainte contre lui, ainsi que celle du procureur de la République qui l’a une nouvelle fois fait incarcérer le 8 novembre dernier pour un minimum de 15 jours. Les chefs d’accusation retenus contre lui incluent la « diffusion d’information troublant l’ordre public », « l’incitation à la haine des Musulmans » et « diffamation du Président de la République ».
Cette incarcération a fait le tour du web égyptien et force est de constater que la majorité des sites s’en réjouissent, certains demandant même des peines plus dures à l’encontre du jeune homme qu’ils traitent d’apostat, d’ennemi de l’Islam et de honte de l’Egypte.
Cependant, un site web anglophone et arabophone pour la libération de Kareem a été créé ainsi qu’une pétition en ligne dans ces deux langues demandant sa libération immédiate. L’ONG Reporters sans frontières suit également l’affaire.
Kabylie News s’associe à cette campagne de solidarité. Bien que non directement concernés par les affaires intérieures égyptiennes, les Kabyles vivent également en Algérie sous l’emprise d’un Etat au moins aussi arabo-islamiste que l’Etat égyptien. Il est donc crucial de défendre la liberté d’expression sur Internet pour tous ceux qui, confrontés à ces Etats brutaux, ces religieux inquisiteurs et ses sociétés rétrogrades, défendent les droits des minorités, la liberté de conscience et la liberté tout court.
Les bloggers Mohamed Al-Sharkawy et Karim El-Shaer libérés après 56 jours de détention
Reporters sans frontières prend acte de la libération, le 20 juillet 2006, des bloggers Mohamed Sharkawy et Karim El-Shaer. Ils avaient tous les deux été arrêtés le 25 mai lors d’une manifestation devant le syndicat de la presse au Caire. Détenus à la prison de Tora, les deux bloggers ont été régulièrement harcelés par leurs codétenus et Mohamed Sharkawy a été menacé de mort par un membre des services de sécurité. Récemment, un des prisonniers avait attaqué Karim El-Shaer avec un couteau, le blessant légèrement au bras.
Il s’agissait des deux derniers bloggers détenus en Egypte. En tout, six avaient été arrêtés depuis mai 2006, au cours d’une vague de répression visant des activistes réformistes qui ont l’habitude d’utiliser Internet pour coordonner leurs actions.
Une manifestation pacifique a été organisée le 25 mai devant le siège du syndicat de la presse du Caire pour commémorer la répression dont avaient été victimes des militants d’opposition, l’année dernière, le jour d’un référendum constitutionnel. Mohammed Sharkawy quittait les lieux à bord d’un taxi quand des policiers en civil l’ont violemment extirpé de son véhicule. Le blogger a alors été roué de coups. Il a ensuite été conduit au poste de police où il a été battu et soumis à des actes humiliants. Son corps porte les marques de ces brutalités et il pourrait avoir une côte cassée.
Karim El-Shaer était quant à lui dans la voiture de Dina Samak, une journaliste de la BBC, quand une trentaine de policiers en civil l’ont appréhendé (voir ci-dessous les photos de la voiture après l’intervention ). Il aurait été passé à tabac lors de l’arrestation et également maltraité au poste de police.
Les bloggers ont été accusés d’"insulte au Président" et de "violation de l’Etat d’urgence" (qui interdit les regroupements de plus de cinq personnes). Ils ont tous les deux demandé à être examinés par un médecin indépendant pour constater les mauvais traitements, une requête écartée par les autorités.




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