21- Expédition contre les Benî-Moçtaliq (décembre 627) .

Tabari, Histoire des prophètes (I 234).

Le prophète fut informé que des Arabes en grand nombre, commandés par 'Harith, fils de Dhibâr, s'étaient rassemblés près d'un certain puits, où demeuraient les Benî-Moçtaliq, et qu'ils en attendaient encore d'autres, pour aller attaquer Médine. Le prophète, avant qu'ils fussent trop nombreux, vint au-devant d'eux, leur livra un combat qui dura trois jours et les mit en fuite, après leur avoir tué beaucoup de monde. On leur prit une grande quantité de butin et l'on emmena leurs femmes et leurs enfants. Après avoir campé pendant sept jours près du puits, le prophète rentra à Médine.

Or, dans ce campement, il s'éleva un jour une dispute entre l'un des Mohâdjir et l'un des Ançâr; ils eurent recours à leurs sabres. 'Abdallah, fils d'Obayy, vint à l'aide de l'Ançâr et dit : Nous sommes bien punis d'avoir engraissé les Mohâdjir et de les avoir protégés; voilà comme ils nous récompensent! Il en est comme d'un chien qui a été élevé par quelqu'un et qui, devenu grand, dévore celui qui l'a nourri. Allah avertit le prophète, en lui révélant le verset suivant : « Les hypocrites disent : Quand nous retournerons à Médine, le plus fort chassera le plus faible. » (Q 63/8) . Ils voulaient dire par ces paroles : Si nous ne les faisons pas sortir de la ville, au moins ne subviendrons-nous pas à leur entretien, et ils mourront de faim. Allah, pour leur répondre, révéla cet autre verset : « Ils disent: Ne secourez pas les compagnons du prophète d'Allah, afin qu'ils l'abandonnent. Mais c'est à Allah qu'appartiennent les trésors du ciel et de la terre. » (Q 63/7) .

Les tensions internes à Médine: la sourate des hypocrites (Mahomet, Coran 63/1-8).

Quand les Hypocrites viennent à toi , prophète !, ils disent : Nous attestons, en vérité, que tu es certes l'Apôtre d'Allah et qu'Allah sait, en vérité, que tu es certes Son Apôtre. Allah atteste, en vérité, que les Hypocrites sont certes des menteurs.

Ils ont pris leurs serments comme sauvegarde et se sont écartés du Chemin d'Allah. Combien mauvais est ce qu'ils se sont trouvé faire. Ils ont cru en effet puis ont été infidèles et un sceau a été placé sur leur cœur, en sorte qu'ils ne savent plus. Quand tu les vois, leurs personnes te plaisent et tu prêtes l'oreille à leurs dires, comme s'ils étaient des monts on dirait des poutres appuyées (?). solidement appuyés (?). Ils pensent que tout cri est dirigé contre eux. Ils sont l'ennemi. Prends donc garde à eux! Qu'Allah les tue ! Combien ils sont écartés de la Voie! Quand on leur dit : Venez! l'Apôtre d'Allah demandera pour vous pardon au Seigneur !, ils détournent la tête et tu les vois se détourner, enflés de superbe. Égal est, pour ce qui les touche, que tu demandes pardon pour eux ou que tu ne demandes point pardon pour eux. Allah ne leur pardon- nera point. Allah ne saurait guider le peuple des Pervers. Ce sont eux qui disent : « Ne faites point dépense en faveur de ceux qui sont auprès de l'Apôtre d'Allah, afin qu'ils fassent sécession ! A Allah sont les trésors des cieux et de la terre. Mais les Hypocrites ne comprennent pas.

L’absence d’ultimatum (Muslim, Hadith 19, 4292).

... j’ai écrit à Nafi pour lui demander s’il était nécessaire de proposer aux infidèles une invitation à accepter l’islam avant de les combattre. Il m’a écrit dans sa réponse que c’était nécessaire (seulement) dans les premiers temps de l’islam. Le messager d’Allah a fait une attaque contre les Banu Mustaliq alors qu’ils n’étaient pas prévenus et que leur bétail s’abreuvait. Il a tué ceux qui combattaient et a capturé les autres.... Naif a dit que cette tradition a été racontée par Abdullah ibn Umar qui faisait lui-même partie des troupes qui ont pillé.

Hadîth: récit d’Ibn Aun (Muslim XIX 4292)

“L’envoyé d’Allâh fit un Expédition sur le Banû Mustaliq alors qu’ils ne s’y attendaient pas, et que leur bétail buvait; il tua ceux qui avaient combattu, et captura les autres.

Hadîth: récit d’Ibn Aun (Bukhari XLVI 717).

... le prophète avait brusquement attaqué les Banû Mustaliq sans avertissement alors qu’ils étaient sans crainte et que leur bétail s’abreuvait aux points d’eau. Les hommes combattants ont été tués et les femmes et enfants pris comme captifs...

Tabari, Histoire des prophètes I 235

L'un des compagnons du prophète, nommé Zaïd, fils d'Arqam, présent à cette scène, avait entendu les paroles d"Abdallah, fils d'Obayy et les avait rapportées à son oncle, qui vint en avertir le prophète, à l'heure de la prière de midi. Le prophète fut très-affligé. 'Omar survint, et le trouvant plongé dans la tristesse, lui en demanda la cause. Le prophète lui répéta les paroles d" Abdallah. 'Omar dit: Apôtre d'Allah, autorise-moi à le tuer; car son cœur ne sera jamais purifié de l'incrédulité. Le prophète répliqua : Tu as raison; cependant je ne veux pas que les infidèles disent que Muhammad fait mourir ses propres compagnons. 'Omar le quitta. Le prophète, craignant qu'il n'en parlât à quelqu'un et que l'on ne tuât 'Abdallah, donna immédiatement l'ordre du départ, et l'on marcha ce jour et la nuit suivante, sans s'arrêter. Les hommes causaient entre eux du motif de ce départ à une heure inaccoutumée et de cette marche, et le bruit en vint aux oreilles d"Abdallah. Celui-ci, entouré de ses gens, se présenta au prophète et nia, en jurant, avoir prononcé les paroles qu'on avait rapportées, et le prophète fut rassuré. On raconte que l'un des compagnons du prophète» lui demanda pourquoi il avait ainsi précipité le départ et pourquoi il avait été si troublé. Le prophète lui répondit : Ne sais-tu pas ce qu'a dit 'Abdallah? L'autre répliqua : Apôtre d'Allah, excuse-le; car, avant ton arrivée, les habitants de Médine avaient l'intention de le faire roi, et de mettre une couronne d'or sur sa tête. Lorsque tu vins à Médine, cette couronne et cet honneur furent perdus pour lui.

Les hommes blâmèrent Zaïd, fils d'Arqam, et son oncle, et dirent: - Zaïd est un enfant, il a parlé dans son ignorance, et son langage a causé du trouble au prophète. Alors Zaïd pria Allah pour qu'il fît connaître si c'était lui ou 'Abdallah qui avait menti. Allah révéla le verset suivant : « Quand les hypocrites viennent auprès de toi, ils disent : Nous attestons que tu es l'apôtre d'Allah, » etc. ( Q 63/1) . Dans ce verset, Allah loue Zaïd et son oncle, et déclare menteur' Abdallah, fils d'Obayy. Le prophète récita la surate à ses compagnons, afin qu'ils pussent attester le mensonge d"Abdallah. Ensuite il fit appeler Zaïd, lui fit bon accueil et lui dit: Tu as dit la vérité; il lui toucha les oreilles, en disant: Allah et son prophète ont confiance en ces oreilles; il a dit ce qu'il a vraiment entendu. Le bruit s'était répandu à Médine que le prophète voulait faire tuer 'Abdallah, parce qu'il était hypocrite. 'Abdallah avait un fils qui s'appelait aussi'Abdallah et qui vint trouver le prophète et lui dit: Apôtre d'Allah, si tu veux faire mourir mon père, charge-moi de le tuer; car si quelque autre le tuait, je devrais tuer le meurtrier, de sorte qu'un musulman aura été tué pour un hypocrite. Le prophète répondit : Je pardonne à ton père à cause de toi, je ne le ferai pas mourir. Ensuite, il dit à 'Omar : Si nous avions tué 'Abdallah près du puits, nous serions honteux aujourd'hui en face de ces hommes. - C'est juste, répliqua 'Omar.

La fille de l'un des principaux des Benî-Moçtaliq, nommée Djouwaïriya, fille de 'Hârith, avait été faite prisonnière par Thâbit, fils de Qaïs. La femme de celui-ci la maltraitait, et Djouwaïriya, issue d'une famille noble, ne voulait pas endurer ce traitement. Elle dit à Thâbit : Il faut que tu consentes à me laisser partir; je te payerai le prix de ma liberté. Thâbit consentit. Elle s'adressa alors aux musulmans, et leur demanda de l'aider à se racheter. Le prophète paya la somme lui-même, lui donna la liberté et l'épousa. Jamais une femme esclave n'a porté bonheur à ses compatriotes comme Djouwaïriya. Car toutes les femmes et tous les prisonniers furent rendus à la liberté.

Le combat (Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 725-6).

L’apôtre resta à Médine pendant la fin de jumadal akhira et rajab; puis il attaqua les Banu al Mustaliq au mois de shaban, dans la sixième année de l’hégire. L’apôtre reçut des informations selon lesquelles les Banu Mustaliq se rassemblaient pour aller contre lui, leur chef étant al Harith ibn Abu Dirar (...). Quand l’apôtre apprit cela à leur sujet, il partit les rencontrer à un de leurs points d’eau appelé al Muraysi en direction de Qudayd, vers le rivage. Il y eut un combat, et Allah mit les Banu Mustaliq en fuite, tua une partie d’entre eux, donna à l’apôtre leurs femmes, leurs enfants, et leurs biens comme butin. Un musulman (...) Hisham ibn Subaba fut tué par un homme des auxiliaires, qui pensait que c’était un ennemi et qui le tua par erreur.

La distribution des captives: le cas de Juwayriya (Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 729).

Quand l’apôtre distribua les captives des Banu al Mustaliq, Juwayriya fit partie du lot de Thabit ibn Qays (...), ou d’un de ses cousins, et elle donna une rançon pour sa liberté. Elle était la plus belle des femmes. Elle captivait tout homme qui la regardait. Elle vint voir l’apôtre pour demander son aide dans ces affaires. Aussitôt que je l’ai vue sur le pas de la porte de ma chambre, je l’ai détestée, parce que je savais qu’il la verrait comme je la vois. Elle entra et lui dit qui elle était: fille d’al Harith ibn Abu Dirar, le chef de son peuple:

-Vois-tu dans quel état je suis amenée. Je suis tombée dans le lot de Thabit ou de son cousin et je lui ai donné une somme pour ma rançon, et je viens te demander de l’aide dans cette affaire.

Il dit:

-Veux-tu quelque chose de mieux que cela, Je te décharge de cette dette et je t’épouse. Et elle accepta.

(Ibn Sa’d, Catégories de biographies 8/83).

Elle était mariée à Musafi ibn safwan, qui a été tué à la bataille de al Muraysi. Le messager d’Allah a capturé quelques femmes des Banu Mustaliq et il a prit le quint (La part de 20%) , puis a divisé le reste parmi ses hommes. Il a donné à un cavalier deux parts, et une part à un fantassin. Juwayriyya bint al Harith ibn Dirar tomba dans la part donnée à Thabit ibn Qyas al Ansari. Elle était mariée à un de ses cousins appelé Safwan ibn Malik ibn Judhayma, qui avait été tué. Thabit ibn Qys établit un contrat écrit à son sujet pour neuf uqiyyas. C’était une femme charmante et presque aucun homme qui la voyait ne pouvait lui résister. Quand le prophète fut avec moi (Aïsha) , Juwayriyya vint lui demander le document écrit. Par Allah, dès que je l’ai vue, j’ai détesté le fait qu’elle soit présente là où se trouvait le prophète. Je savais qu’il verrait en elle la même chose que moi. Elle dit:

-Messager d’Allah, je suis Juwayriyya bint al Harith, le chef de son peuple, et tu sais ce qui est arrivée. Je suis tombée dans le lot de Thabit ibn Qays et il a produit pour moi un contrat écrit pour neuf uqiyas. Aide moi pour que je paye ma rançon.

Il dit:

-Ou bien mieux que cela.

-Quoi donc? dit-elle.

Il dit:

-Je la paie et je t’épouse.

-Oui, messager d’Allah, dit-elle.

Le messager d’Allah dit:

-C’est conclu.

Les nouvelles se répandirent dans le peuple. Ils dirent:

-Les afficilés au messager d’Allah considérés comme esclaves!

Alors ils libérèrent leurs prisonniers des Banu Mustaliq. Le nombre de ceux qu’ils libérèrent se monte à 100 d’un seul clan, parce qu’il l’avait épousée. Je ne connais pas de femme qui a fait plus de bien à son peuple. C’est ainsi que finit l’expédition de al Mursayi.

Waqidi, Livre des expéditions 29.

... les hommes prisonniers, on les ligota et on les mit sous la surveillance de Bu (...) Expéditiona ibn al Khusaib, leurs ustensiles, leurs biens, et les armes, on les recueillit, le bétail, on le rassembla et on le mit sous la surveillance de l’affranchi de Muhammad Shuqran, les femmes et les enfants formèrent un troisième ensemble... Le butin, les bénéfices sur la revente et les objets, ont été distribués... il s’agissait de 2000 chameaux, 5000 moutons et 200 femmes.

Le coït interrompu (Waqidi, Livre des expéditions 29) .



Abu Saïd raconte (A propos des prisonnières) : nous avions grand désir de femmes et la chasteté nous était devenue pénible. Nous aurions bien aimé néanmoins recevoir une rançon. Aussi nous nous décidâmes à pratiquer le coït interrompu...



Nous interrogeâmes l’envoyé d’Allah. Il nous répondit:

-Vous n’avez pas d’obligation de vous en abstenir.

récit d’Abû Sirma (Muslim VIII 3371).

“Abû Saïd a dit: nous sommes allés avec l’apôtre d’Allâh en Expédition contre les Banû Al Mustaliq, et nous avons pris des captives parmi les captives des Arabes, nous avons désirés ces femmes parce que l’abstinence devenait difficile à supporter et nous voulions pratiquer le coït interrompu... nous disions: comment pratiquer le coït interrompu sans le demander à l’apôtre d’Allâh qui était parmi nous? Nous lui avons demandé, et il a dit: c’est mieux de ne pas faire ainsi, parce que comme chaque âme est destinée à exister, elle doit exister.”

23- Expédition à Jamum (627?)10 .

(Tabari, Histoire des prophètes VIII 1555). En cette année, une expédition conduite par Zaid ibn harithat partit pour al Jamum. Ils capturèrent une femme de la tribu des Muzaynah appelée Halimah, qui les guida vers un campaement des Banu Sulyam, où ils prirent du bétail, des moutons, des prisonniers. Parmi eux, l’époux de Halimah. Quand Zaid ramena tout ce qu’il avait pris, le messager d’Allah rendit à la femme des Muzyanah son époux et sa liberté.

24-Expédition de Madyan (627?).



(Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah) . Zayd était accompagné par Dumayra, un client d’Ali, et un de ses frères. Ils firent plusieurs prisonniers dans le peuple de Mina, qui est sur le rivage, un lot assez mélangé. Ils furent vendus comme esclaves et les familles furent séparées. L’apôtre arriva à cause des pleurs et demanda leur cause. Quand on lui dit, il ordonna:

-Vendez-les seulement par lots!

Cela voulait dire: les mères avec les enfants.