A Lyon des jeunes musulmans de banlieue ont purement et simplement entravé la circulation pour bloquer les automobilistes, contre lesquels ils se sont rués dans un rare déchaînement de violences. Les pompiers ont secouru une vingtaine de personnes blessées par ces violences, a-t-on appris auprès des Sapeurs pompiers lyonnais. Dès la fin de la rencontre, les incidents ont commencé aux abords de la place Bellecour, dans le deuxième arrondissement de Lyon (centre), a constaté un journaliste de l'Associated Press. Une centaine de jeunes "blacks blanc beurs" répartis en plusieurs groupes ont bousculé et marché sur les voitures arrêtées, alors que des bouteilles et des poubelles étaient jetées contre les vitrines des magasins.

Dans un chaos total, les "jeunes" (comme disent les media) bloquaient la circulation des voitures sur les avenues et dans les rues, secouaient les véhicules en hurlant et en menaçant leurs occupants, n'hésitaient pas même à forcer et dévaliser les coffres des automobiles devant leurs occupants effrayés par ce déferlement barbare. Dans de nombreux cas, les "blacks blancs beurs" n'hésitèrent pas non plus à s'en prendre physiquement aux conducteurs ou aux passagers.

De nombreux automobilistes, principalement des familles venues simplement passées une bonne soirée et partager la victoire de l'équipe de France, ont été pris en charge par les pompiers qui ont constaté que beaucoup d'enfants notamment se trouvaient en état de choc, mais aussi des adultes.

Des bagarres ont aussi éclaté, certains automobilistes refusant de se laisser piéger et forçant les "barrages" formés par les jeunes, fonçant sur la foule des "black blancs beurs" pour tenter de s'échapper du chaos. Au petit matin jusque dans le centre de Lyon, des voitures furent incendiées.

A Marseille, des affrontements nombreux ont eu lieu avec la police, ainsi qu'à Toulouse, et dans plusieurs autres villes de France, sans atteindre toutefois la gravité de celles de Lyon.

Transmis par Olivier et Isabelle Germain

France-Portugal : scènes de liesse...

La police a procédé à 15 interpellations à Marseille. Une heure après la rencontre, des incidents ont éclaté entre plusieurs groupes de casseurs, qui ont jeté bouteilles et canettes de bière, et les forces de l'ordre. 2 vitrines de boutiques de la rue de Rome, dans le même centre-ville, ont été brisées. De son côté, la Régie des transports marseillais a subi des dégradations sur plusieurs de ses bus et rames de métro. Le service de nuit a dû être stoppé à 0h15.

A Lyon, les pompiers ont secouru une vingtaine de personnes blessées par des violences. Des voitures incendiées étaient signalées dans les IIIe et VIIIe arrondissements de Lyon, ainsi qu'à Villeurbanne. Dès la fin de la rencontre, des incidents se sont produits aux abords de la place Bellecour. Une centaine de jeunes répartis en plusieurs groupes ont bousculé et marché sur des voitures arrêtées par la foule, alors que des bouteilles et des poubelles étaient jetées. Des gens dans leurs voitures ont été choqués et de nombreux vols dans des véhicules ont été signalés. A Paris, près du stade Charléty, où le match était retransmis sur écran géant, une personne a été blessée à l'arme blanche. "Une quinzaine de bagarres" entre groupes de jeunes ont été "identifiées" et une "quinzaine de personnes ont été évacuées pour des tirs de fumigènes". D'autres incidents ont éclaté sur les Champs-Elysées. Des groupes de jeunes isolés ont jeté des bouteilles et d'autres projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué en chargeant et en utilisant des gaz lacrymogènes. Une vitrine a été brisée dans le haut des Champs-Elysées. Au total, 189 personnes ont été arrêtées, principalement pour vols, violences, dégradations et ivresse publique. Cent-dix-sept ont été placées en garde à vue.

La banlieue n'était pas en reste puisqu'une série d'incidents ont eu lieu dans l'Essonne. Sur tout le département, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre une quarantaine de feux de poubelles et 15 voitures incendiées. A La Grande Borne de Grigny, 2 policiers ont été légèrement blessés par un tir de feux d'artifice et à Etampes la police a été visée par des cailloux et des cocktails molotov sans qu'il y ait d'interpellations. A Evry, une voiture a été retournée et des abris-bus vandalisés sur le boulevard des Coquibus. A Corbeil-Essonnes, 2 individus ont été interpellés après un caillassage de la police municipale et un autre parce qu'il conduisait ivre. A Draveil, 5 personnes ont été interpellées à la suite de dégradations et de jets de cailloux sur la police.

A Grenoble, 12 personnes ont été interpellées, en grande partie pour avoir jeté des canettes sur des policiers. Des feux de poubelles ont également été répertoriés et une voiture a failli être incendiée. 14 personnes ont été légèrement blessées dans des bagarres.

A Dijon, une quinzaine de personnes ont été arrêtées pour des faits similaires. A Montpellier, un jeune homme de 24 ans a été tué d'un coup de couteau à la gorge. 11 jeunes d'une vingtaine d'années ont été interpellés alors qu'ils tentaient de prendre la fuite.

Addendum 12h20 : 2 policiers ont été sérieusement blessés à Deauville. Une trentaine de jeunes s'en est pris à deux policiers qui étaient en train d'interpeller un jeune homme qui venait d'agresser une femme. Au même moment, dans la ville voisine de Lisieux, du mobilier urbain a été endommagé par une poignée de jeunes qui s'en sont pris à deux fourgons de police qu'ils ont renversé.

Lu dans "Charlie-Hebdo" de cette semaine, ce témoignage édifiant de Patrick Pelloux, médecin urgentiste à Paris, sur la troisième mi-temps de France-Brésil samedi dernier:

"À la fin du match, ce fut l'explosion. Des bagarres ont immédiatement éclaté à Bastille, Nation, République et Bercy. Les policiers nous ont parlé d'émeutes, les pompiers nous amenaient les victimes par trois ou quatre. « On les ramasse vite, pour éviter qu'elles se refassent taper dessus en attendant les secours », nous dit un major des pompiers. Un policier nous avoua ne plus rien contrôler entre République et Bastille, faute d'effectifs. Vers 2 heures, on vit arriver les plaies par couteaux, ciseaux, cutter, tournevis...

On rien a jamais vu autant en une seule nuit. Les visages peints en bleu-blanc-rouge, les victimes se faisaient dépouiller de leurs biens. Un père de famille a été massacré par une bande devant ses enfants : «Je voulais leur montrer la fête, car ils aiment l'équipe de France. » La fête populaire devint alors un affrontement géant, tous les prétextes étaient bons pour la castagne. On a même eu un blessé qui a reçu un coup de hache ! Un autre a crié « Vive la France ! » et s'est fait alors tabasser pour le forcer à hurler le nom d'un autre pays. Dans les yeux des victimes, la violence a changé le tricolore en rouge et noir.

Sans oublier ceux qui ont redoublé d'exploits : escalader la colonne de Juillet à la Bastille ou la statue de la République, complètement ivres. Un autre, avec son beau maillot « Zidane», s'est empalé dans l'une des pointes d'une grille qui entoure le Génie de la Bastille. C'est passé à un centimètre de son cœur. Une dame âgée tendait son tee-shirt à sa fenêtre : ils lui ont tiré sur le bras, lui cassant le poignet. C'était comme une fête orgiaque : plus aucune valeur ne les retenait. Cette jeune femme violée par un petit groupe l'a appris bien malgré elle."

Sympa, non? Et c'est dans "Charlie-Hebdo" qu'il faut aller lire ça!