Ibn Ishâm dit :

Un savant m'a dit que l'Envoyé d'Allâh entra dans la maison (Sacrée) le jour de la conquête de Makkah. Il y vit des images des anges et d'autres personnes. Il vit 'Ibrahim peint, tenant en sa main des flèches avec lesquelles il pariait ( ou tirait au sort). Alors il dit :

« Qu'Allâh les maudisse ! Ils ont fait parier et tirer au sort avec des flèches notre vieux (ancêtre) ! 'Ibrahim, qu'avait-il à faire avec le pari par les flèches ! Puis il récita le verset :

« Abraham ne fut ni juif ni chrétien mais fut bânif et soumis (muslim) (à Allâh); Il ne fut point parmi les associateurs » (III,67). Puis il ordonna de détruire toutes ces images. Ce qui fut fait.

(...)

Ibn Ishâq dit :

Sa'id b. Abî Sandar al-'Aslamî m'a rapporté, sur l'autorité d'un homme de son peuple qui lui avait dit : Nous avions avec nous un homme appelé : 'Ahmar Ba'sâ, qui était un homme courageux. Lorsqu'il dormait il ronflait d'une manière gênante et si forte de sorte qu'on découvrait facilement où il se trouvait. Aussi avait-il l'habitude de la passer dans un endroit isolé de son quartier. Si son quartier était envhai, on criait :

« Ô 'Ahmar. »

Alors il s'élançait comme un lion, et rien ne pouvait s'opposer à lui. Un détachement de guerrier de Hudayl vint et chercha les gens qui sont descendus autour de la source d'eau. Lorsque ce régiment s'approcha des gens qui étaient autour de l'eau, Ibn al''Athwâ' al-Hudalî leur dit :

« Attendez-moi jusqu'à ce que je vois si 'Ahmar est parmi les gens autour de l'eau car il y a un ronflement qui ne peut pas se cacher . S'il est là, il n'y aura pas moyen de les attaquer".

Al-' Athwâ' se mit à écouter. Quand il entendit son ronflement, il alla vers lui et mit l'épée dans sa poitrine appuyant avec force sur lui jusqu'à ce qu'il le tua. Ensuite, ils ont attaqué les gens qui se trouvaient sur l'eau. On cria

«  Ô 'Ahmar ! »

Mais ils n'avaient plus leur 'Ahmar.

En l'an de conquête de Mahhah, plus précisément le lendemain du jour de la conquête, Ibn al-'Athwâ' al-Hudalî vint et entra dans Makkah et qu'enquêtait sur les affaires des gens; il était encore polythéiste. Les gens de la tribu Khuza'âh l'ont vu et l'ont reconnu, ils l'entouraient quand il était à côté d'une des murs de Makkah. Ils lui dirent : « Es-tu le meurtrier de 'Ahmar ? »

Il répondit: « Oui, je suis le meurtrier de 'Ahmar. Que voulez-vous ? »

En ce moment passa Khirâsh b. 'Umayyah portant une épée. Il dit : « Eloignez-vous de cet homme. »

Nous avons pensé qu'il voulut simplement que les gens se séparèrent de lui. Lorsque nous nous séparâmes de lui, Khirâsh l'attaqua, le frappa avec l'épée dans son ventre. Il me sembla que le voyais pendant que ses viscères coulaient de son ventre, et ses yeux devenaient termes dans sa tête, et qu'il disait : « Avez-vous fait cela, Ô gens de Khuzâ'ah? »

Puis il tomba lourdement par terre. L'envoyé d'Allâh dit alors : « Ô gens de Khuzâ'ah ! Cesser de tuer, car on a trop tué, même si cela était utile. Vous avez tué un homme, je paierai son prix de sang. »

Ibn Ishâq dit: 'Abd al-Rahmân b. Harmalah al-'Aslami m'a rapporté sur l'autorité de Sa'îd b. al-Musayyib, que celui-ci avait dit :

« Lorsque l'Envoyé d'Allâh fut informé de ce qu'avait fait Khirâsh b. 'Umayyah, il dit : « Khirâsh est un assassin », il voulait par cette parole lui reprocher son acte.

( Puis Mahomet fit un discours: A suivre donc, où vous apprendrez quel statut Mahomet confère à cette « ville », et combien fut le prix du sang qu'il paya ...)