Chirac d'Arabie l'idiot utile anti-Occidental
Par Enki40, vendredi 8 décembre 2006 à 12:40 :: Textes et Articles :: #538 :: rss
Ce nouveau livre , intitulé Chirac D'Arabie, Y. Rioufol en parle dans son dernier papier. Mais avant de le lire, voyons comment l'éditeur présente le sujet:
Présentation de l'éditeur
Voici venu le temps du bilan pour Jacques Chirac. Pour beaucoup de Français, il reste l'homme qui a dit non à la guerre en Irak. L'homme du dialogue et de la main tendue. L'ami des Arabes, en somme. La réalité est moins simple, moins flatteuse aussi. Les auteurs de Chirac d'Arabie, après une enquête fouillée, établissent ici le portrait d'un chef d'Etat en homme qui n'aime pas l'Occident et que l'Orient captive. Depuis son service militaire en Algérie jusqu'à sa prise de position sur le Liban, le président louvoie entre la prudence stratégique, le courage de façade, et le prisme colonial. Ce livre sans concessions ouvre l'inventaire de notre politique étrangère : contrats d'armement et conseils paternalistes, relations personnelles et intermédiaires. Chirac a-t-il sciemment vendu la technologie nucléaire à Saddam Hussein ? A-t-il fait retarder la libération des otages français au Liban ? Pourquoi s'est-il montré si complaisant envers les leaders autocrates, d'Hafez el-Assad à la famille royale saoudienne, de Mohammed VI à Bouteflika ? A-t-il pris le parti d'Arafat contre Israël ? Comment expliquer son soutien indéfectible au clan Hariri ? la politique arabe de la France, emblème national, est-elle simplement en voie de disparition ?
Biographie de l'auteur Eric Aeschimann, journaliste au service politique de Libération, est l'auteur avec Pascal Riché de La guerre de sept ans, histoire secrète du franc fort (1989-1996), (Calmann-Lévy, 1996). Christophe Boltanski, chef adjoint du service étranger à Libération, est l'auteur, avec Jihan el-Tahri, des Sept vies de Yasser Arafat (Grasset, 1997).
Voyons ce que dit Rioufol:
En réalité, l'épisode révèle l'ambiguïté de la constante diplomatie moyen-orientale de Paris. Elle recèle sa part de réticence envers Israël et les Juifs, longtemps observable au Quai d'Orsay, où nombre de ses grands diplomates écrivains du XXe siècle - Paul Morand, Paul Claudel, Jean Giraudoux - alimentèrent l'antisémitisme bon teint. Elle conduit, aujourd'hui, à ramper devant des tyrannies et à se cabrer face aux États-Unis.
C'est cet héritage que revendique la candidate du PS, partisane d'une « très forte continuité ». Au Caire, en 1996, Chirac avait souhaité pareillement « donner un élan nouveau, dans la fidélité aux orientations voulues par son initiateur, le général de Gaulle ». Il alla jusqu'à conseiller à Yasser Arafat, en juillet 2000, de ne pas s'engager dans la paix négociée, à Camp David, sous l'autorité de Bill Clinton. Un ange passe...
Or, la France ne peut plus se tromper ainsi de camp, au nom de son exception. La guerre contre l'Occident, déclarée par le totalitarisme islamique, n'interdit pas le dialogue. Mais il empêche de cautionner ceux qui veulent rayer Israël de la carte, insultent les États-Unis, méprisent l'Europe et n'ont comme urgence que de substituer, au Liban, une dictature théocratique à la fragile démocratie. Non, la France ne peut être le caniche du Hezbollah.
Aversions intimes
Un livre (Chirac d'Arabie, Grasset) se penche sur l'attrait de Jacques Chirac pour l'exotique. Éric Aeschimann et Christophe Boltanski : « Jacques Chirac ne s'aime pas (...) Il n'apprécie pas d'avantage l'Occident, cette civilisation sophistiquée où il s'ennuie, et encore moins sa modernité mouvante, où il se perd. Au Proche-Orient, épicentre des rites immémoriaux et des guerres fratricides, il se retrouve. » Témoignage de l'écrivain Denis Tillinac : « L'antiaméricanisme comme refus d'un Occident triomphant fait partie du noyau dur de ses convictions. » On comprend mieux ses connivences avec les despotes de tout poil, tandis qu'il refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen. S'explique aussi son affirmation de 2003 : « Les racines de l'Europe sont autant musulmanes que chrétiennes.
»Mais ces aversions intimes pour l'Occident n'appartiennent pas, que l'on sache, à Ségolène Royal. Aussi son mimétisme est-il peu compréhensible, sauf à y voir un conformisme antiaméricain, ou la quête d'un électorat musulman dont rien ne dit qu'il attende de telles flatteries à des partis sectaires. Mais aurait-elle déjà viré de bord ? En multipliant, lundi, les gestes à l'égard d'Israël - condamnation du nucléaire civil iranien, approbation du mur de séparation, justification des vols de l'armée au Liban-Sud (après les avoir condamnés), refus de rencontrer le Hamas (après avoir n'avoir rien exclu) -, elle a donné les gages qui limitent la politique qu'elle voulait relancer la veille. Où est sa vérité ?
« Un mal moral »
Cette réticence de certaines élites à se montrer solidaires de l'Occident contribue au malaise identitaire des Français. Cette crise est au coeur des inquiétudes au même titre que l'appauvrissement des classes moyennes (7 millions de personnes vivent avec moins de 788 euros par mois). Mais, comme le remarque Édouard Balladur dans un livre perspicace (Laissons de Gaulle en paix, Fayard) : « On sait bien ce qu'il faudrait faire pour redresser (économiquement, NDLR) la France. (...) L'enjeu est autre. Un mal moral la mine : qu'est-ce que la France ? Sa nature profonde est-elle altérée par la diversité des populations qui s'installent sur son sol, peut-elle encore leur imposer son modèle de toujours et les intégrer à sa civilisation ?»
Nombreux sont ceux qui sont prêts à entendre un discours de mobilisation sur la défense de l'identité française et européenne. Personne n'a critiqué l'hommage implicite aux racines, rendu par François Bayrou en annonçant, samedi, sa candidature dans le Béarn de ses ancêtres. Quand Nicolas Hulot balaye les Verts dogmatiques et recueille, cette semaine, 87 % de bonnes intentions au baromètre Ifop-Paris Match en dénonçant les agressions contre l'environnement, pourquoi ne pas imaginer un même engouement pour la protection de la culture et de la laïcité, menacées de dilution par renoncement et indifférence ? Reste à trouver le Hulot consensuel et l'appui des médias...




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