Forum, spectacles... Le département de la Seine-Saint-Denis, très concerné, se mobilise pour informer et aider les victimes

La Seine-Saint-Denis part en guerre contre les mariages forcés, qui menacent 70 000 jeunes filles chaque année en France, selon le Haut Conseil à l'intégration - dont 15 000 pour le "9-3" à lui tout seul. "Nous recevons entre 200 et 300 femmes par an, dont des mineures, auxquelles leurs parents veulent imposer un époux, témoigne Fazia, de l'association Voix d'elles-rebelles, à Saint-Denis. Pour la plupart, elles sont originaires de Turquie, d'Afrique, Maghreb compris, de Sri Lanka et du Pakistan."

Certes, la loi du 4 avril 2006 a renforcé l'arsenal législatif - âge légal du mariage relevé de 15 à 18 ans pour les femmes; délai de recours en nullité porté à cinq ans. Reste à le faire savoir. Pour y parvenir, le conseil général de la Seine-Saint-Denis compte sur un cocktail original de spectacles et de débats, concocté par son Observatoire départemental des violences envers les femmes, avec le Mouvement français pour le planning familial 93 (MFPF 93).

Jusqu'au 30 novembre, deux troupes maliennes, ainsi que celle du MFPF 93, donnent 20 représentations - gratuites - de théâtre-forum sur le thème du mariage forcé dans les villes du département. Une manière de célébrer la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre. Une bonne occasion, aussi, de faire connaître le protocole de prise en charge et d'aide aux jeunes filles mariées contre leur gré ou craignant de l'être, que les élus du 93 ont élaboré en partenariat avec l'Education nationale et le parquet de Bobigny.

Le texte sera distribué aux 5 000 spectateurs attendus. Ils repartiront également avec un bracelet brésilien bleu ou rouge orné d'une médaille sur laquelle est gravé un joli message d'espoir: "C-mon cœur qui choisit."

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