TITRE VII :DE LA LUSTRATION PULVÉRALE.

CHAPITRE PREMIER. - DE LA LUSTRATION PULVÉRALE

et de ces paroles du Coran : Si vous ne trouvez point d'eau, faites la lustration pulvérale ait moyen d'un sable fit pur et frottez-vous en le visage et les mains (Q 5/9) .

1. Aïcha, la femme du prophète a dit: Nous étions partis avec le prophète pour une de ses expéditions quand, arrivés à El-Beïdà ou à Dzàt-El-Djeïch, je perdis le collier que je portais. Le prophète fit halte pour le rechercher, et tout le monde s'arrêa également. Comme on n'était pas à un point d'eau, les fidèles vinrent trouver Abou-Bakr-Es-Sidd'iq et lui dirent : -Ne vois-tu pas ce que vient de faire Aïcha; elle a obligé l'envoyé d'Allah à s'arrêter et nous ne sommes pas à un point d'eau et personne n'a apporté d'eau. Abou-Bakr alla trouver l’envoyé d'Allah qui, la tête posée sur ma cuisse, s'était endormi. Tu as retenu, me dit-il, l'envoyé d'Allah et tout le monde ici, et, nous ne sommes pas à un point d'eau et n'avons pas d'eau avec nous. Abou-Bakr, continua Aïcha, m'adressa tous les reproches qu'il plut à Allah de lui laisser dire, puis de sa main il me frappa à la taille. La place qu'occupait le prophète sur ma cuisse était la seule raison qui m'empéchait de bouger. L'envoyé d'Allah se leva le lendemain matin et, comme on était sans eau, Allah révéla le verset de la lustration pulvérale et on fit la lustration pulvérale

-0 famille de Abou-Bakr, s'écria Osaïd-ben-Hodaïr, ce n'est pas la première faveur céleste que vous attirez sur nous. Alors, ajouta Aïcha, nous fimes lever le chameau qui me servait de monture et nous trouvâmes le collier sous l'animal. "

2. Djabir-ben-'Abdallah nous a informé, rapporte Yezîd, que le prophète a dit: J'ai reçu cinq faveurs que personne n'avait reçues avant moi: j'ai dû à la terreur que j’ inspirais la victoire sur un parcours d'un mois de marche. Toute la terre m'a été donnée comme oratoire et la terre m'est aussi un moyen de purification un homme quelconque de ma nation peut prier partout où il est atteint par l'heure de la prière. Il m'est permis de m'emparer du butin, ce qui n'a été permis à aucun autre avant moi. J'ai reçu le droit d'intercession. Enfin, les autres prophètes n' étaient envoyés qu'à leur peuple d'une façon spéciale, tandis que moi j'ai été envoyé vers l'humanité tout entière.

CHAPITRE II. - QUAND ON NE TROUVE NI EAU, NI SABLE.

1, Orwa rapporte d'après Aïcha que celle-ci ayant emprunté un collier à Asmà le perdit. L'envoyé d'Allah le fit chercher par un homme qui le trouva. Mais l'heure de la, prière était venue et l'on n'avait pas d'eau. On pria néanmoins, puis on se plaignit à l'envoyé d'Allah. Alors le Très-Haut révéla le verset relatif à la lustration pulvérale. Osaïd-ben-Hodaïr, à cette occasion, dit à Aïcha. Allah te récompense en bien, car, par Allah! il ne m’ est jamais arrivé une chose déplaisante sans que Allah n'en ait fait quelque chose de bon pour toi et pour les musulmans.

CHAPITRE III. - DE LA LUSTRATION PULVÉRALE DANS LES VILLES QUAND ON NF TROUVE PAS D'EAU ET QUEON CRAINT DE LAISSER PASSER LA HEURE DE LA PRIÈRE. -

'Ata' en a parlé et El-Hasan a dit que le malade qui, ayant de l'eau dans son voisinage, ne trouve personne pour la lui apporter, peut faire la lustralion pulvérale. Ibn-'Omar revenant de son pays se trouvait à El-Djaraf (Banlieue de Médine) , quand l'heure de la prière de l'après-midi arriva, il était dans un parc à bestiaux. Il y fit sa prière et entra ensuite à Médine alors que le soleil était haut sur l'horizon, mais il ne recommenra point sa prière.

1. El-A'radj rapporte qu'il entendit 'Omaïr, affranchi de Ibn-Ubàs dire: Je marchais avec 'Abdallah-ben-Yasàr, affranchi de Maïmouna, femme du prophète, jusqu'à ce que nous entrâmes chez Abou-Djohaïm-ben-El-Hàrits-ben-Es-Simmî-El-Ansàri. Abou-Djohaïm dit: Le prophète s'avançait dans la direction de Bir-Djamal (Puit proche de Médine) lorsque un homme le rencontrant le salua. Le prophète ne lui rendit pas son salut, mais, arrivé au mur, il se frotta le visage et les mains (avec la poussière du mur), puis il rendit le salut.

CHAPITRE IV. - DOIT-ON SOUFFLER SUR SES MAINS APRÈS QU'ON LES A FROTTÉES DE SABLE FIN POUR LA LUSTRATION PULVÉRALE.

1. Abdemahman a dit: Un homme vint trouver 'Omar-ben-El- Khattàb et lui dit: Je suis en état d'impureté et je ne trouve pas d'eau. Alors'Ammàr-ben-Yàsir dit à 'Omar-ben-El-Khattàb : Te souviens-tu qu'un jour nous étions en voyage tous deux. Toi tu ne fis pas la prière, mais, quant à moi, je me roulai dans le sable et priai. Quand je racontai la chose au prophète, celui-ci me dit: Il te suffisait de faire ainsi. Et, ce disant, le prophète frappa le sol avec ses mains, souffla dessus et se frotta ensuite la figure et les mains.

CHAPITRE V. - LA LUSTRATION PULVÉIIALE EST POUR LE VISAGE ET LES MAINS.

1. D'après Abderrahman quand Ammàr eut dit cela, Cho'ba frappa le sol avec ses mains, puis les approcha de sa bouche pour souffler dessus, puis il se frotta le visage et les deux mains. Selon 'Abderrahman, Ammàr a dit : Le sable fin pur forme ablution pour le musulman et fait office d'eau.

2. 'Abderrahman était témoin lorsque 'Ammar dit à'Omar: Nous étions dans un détachement et nous étions en état d'impureté, etc... et il se servit des mots il cracha dans ses mains m (au lieu de “il souffla”).

3. D'après 'Abderrahman, 'Ammar dit à 'Omar : je me suis roulé dans la poussière et ensuite je suis allé trouver le prophète qui me dit:

-Il suffisait du visage et des deux mains.

4. Abderrahman a dit : J'étais présent quand 'Ammàr dit à Omar... (Le reste du hadith sans changement).

5. Suivant Abderrahman, 'Ammàr dit: Le prophète frappa le sol de sa main et s'en frotta le visage et les deux paumes des mains.

CHAPITRE VI. - LE SABLE PUR FIN SERT D'ABLUTION AU MUSULMAN ET REMPLACE L'EAU.

El-Hasan a dit: La lustration pulvérale suffit tant qu'il n'est pas survenu d’impuretés accidentelles; et Ibn-'A bbâs dirigea la prière après une lustration pulvérale. - Yabya-ben-SatAd a dit: Il n'y a aucun inconvénient à faire la prière dans une sabkha (Lieu salé) et à se servir de sa poussière pour faire la lustration pulvérale.

1. Imran a dit : « Nous étions partis en expédition avec le prophète et avions voyagé de nuit. Quand la fin de la nuit arriva nous dormîmes d'un sommeil le plus agréable possible pour un voyageur et nous ne fûmes réveillés que par l'ardeur du soleil. Les premiers qui se réveillèrent furent un tel, un tel, un tel- Abou-Redjà les a énumérés, mais Auf a oublié leurs noms - et un quatrième, 'Omar-ben-El-Khattab. Quant au prophète s'il dormait personne de nous ne le réveillait et l'on attendait qu'il se réveillât de lui-même. Nous ne savions pas, en effet, ce qui pouvait lui survenir au cours de son sommeil.

Lorsque 'Omar, qui était un homme énergique, fut réveillé et qu'il vit ce qui venait d'arriver (Les autres avaient oublié la prière) aux fidèles, il fit le tekbîr en élevant forteinent la voix. Il ne cessa de répéter le tekbîr en forçant toujours sa voix, jusqu'à ce que le bruit de sa voix réveillât le prophète. Aussitôt qu'il fat éveillé on vint se plaindre à lui de ce qui venait de se passer:

-Il n'y a pas de mal - on cela ne nuira pas-, dit le Prophète, mettez-vous en marche. On se mit en marche puis, après avoir fait un court trajet, le prophète s'arrêta et demanda de l'eau pour ses ablutions. Il pratiqua ses ablutions; on fit l'appel à la prière et tout le monde pria avec le prophète. lorsque la prière fut terminée on s'apercut qu'un des fidèles était resté à l'écart et n'avait pas prié.

- Ô un tel, dit le prophète, qu'est-ce qui t’a empêché de faire la prière avec les autres? - « J'étais en état d'impureté, répondit l'homme, et je n'avais pas d'eau.

- Il fallait prendre du sable, répliqua le prophète, il aurait produit le même effet. Comme le prophète poursuivait sa route, les fidèles se plaignirent de la soif. Il descendit alors de sa monture et appela un tel. Abou-Redjà le nomme, mais 'Auf a oublié son nom; - il appela également 'Ali et dit à tous deux: « Allez à la recherche de l'eau. Ils partirent et ils rencontrèrent une femme perchée sur un chameau entre deux outres du genre mezàda ou sattha (Types d’outre) , remplies d'eau.

-Où se trouve l'eau? demandèrent-ils.

- J'ai trouvé cette eau, répondit-elle, hier à pareille heure. Nos hommes sont partis et nous ont laissées.

-Alors, reprirent-ils, marche!

-Vers quel endroit? répliqua-t-elle.

-Vers l'envoyé d'Allah, répondirent-ils.

-Ah ! vers celui qu'on appelle le sabéen, s'écria- t-elle.

- C'est bien celui que tu veux dire, ajoutèrent-ils. Ils se mirent donc en route et amenèrent cette femme au prophète et lui racontèrent leur aventure. Qu'on fasse descendre cette femme de son chameau, dit le prophète. Puis il fit apporter un vase et y versa l'eau des deux outres - mezàda ou satiha - après en avoir ouvert les orifices qu'il referma ensuite. Il ouvrit après cela la partie inférieure des outres et on appela tous les, fidèles qui firent boire et burent, chacun buvant et faisant boire autant qu'il voulait. Enfin le prophète donna à l'homme qui avait annoncé être en état d'impureté un vase plein d'eau, en lui disant : « Va et verse cette eau sur toi! La femme, debout, regardait ce qu'on faisait de son eau.

-Eh bien! j'en jure par Allah, quand on cessa de prendre de l'eau, il nous sembla que les deux outres étaient encore plus pleines qu'elles ne l'étaient avant qu'on y puisât. Le prophète dit alors aux fidèles de faire une quête en faveur de cette femme. On réunit des dattes, de la farine et du sawîq, au point de lui constituer un repas; on plaça le tout dans une pièce d’étoffe; on le chargea sur le charneau de cette femme et on disposa le paquet devant elle.

-Tu vois, lui dit alors le prophète, que nous n'avons en rien diminué la quantité de ton eau et que C'est Allah qui nous a abreuvés. La femme retourna dans sa famille et, comme elle avait tardé à venir, on lui dit :

-Qu'est-ce qui t’a donc retenue, ô une telle?

- Une chose étrange, répondit-elle; deux hommes m'ont rencontrée, ils m'ont emmenée auprès de cet homme qu’on appelle le sabéen, et celui-ci a fait telle et telle chose. Par Allah! c'est le plus grand sorcier des hommes, ici ou ailleurs. Alors avec ses deux doigts, le médium et l'index, qu'elle éleva vers le ciel, elle sembla dire: le ciel et la, terre, ou: certes, il est bien en vérité l'envoyé d'Allah. Par la suite, les musulmans, faisant des incursions contre les polythéistes de son voisinage, épargnaient toujours le groupe familial dont cette femme faisait partie. Un jour elle dit à ses gens: je vois que ces gens-là vous épargnent de propos délibéré, voulez-vous être musulmans? Ils acceptèrent sa proposition et entrèrent dans l'islamisme.

El-Bokhàri dit que Saba'a (d'où vient sabéen) est un verbe qui signifie passer d'une religion à une autre. Abou-l-Aliya dit que les Sabéens forment une secte des gens du livre qui récitent les psaumes.

CHAPITRE VII.- LORSQUE CELUI QUI EST EN ÉTAT D'IMPURETÉ REDOUTE UNE MALADIE, OU LA MORT, OU ENCORE QU'IL CRAIGNE DE SOUFFRIR DE LA SOIF, IL PEUT FAIRE LA LUSTRATION PULVÉRALE.

On raconte que Amr-ben-El-'As, se trouvant en état d'impureté durant une nuit froide, la lustration pulvérale et récita ces mots du Coran: Ne tuez point vos propres personnes, certes Allah s'est montré indulgent à voire égard ( Q 4/33). Le fait ayant été rapporté au prophète, celui-ci ne formula aucun blâme.

1. D'après Abou-Waïl, Abou-Motisa dit à 'Abdallah-ben-Masoud: Celui qui ne trouve pas d'eau, ne fait donc pas la prière ?

-Non, répondit 'Abdallah, même si durant un mois je ne trouvais pas d'eau je ne ferais pas la prière, car si je tolérais cela de leur part, lorsque l'un d'eux trouverait qu'il fait froid il dirait : il faut faire de même, c'est-à-dire pratiquer la lustration pulvérale et faire ensuite la prière.

-Alors, dit Abou-Mousa, que deviennent les paroles de Ammàr à Omar? - Eh bien, répondit 'Abdallah, je n'ai pas vu que Omar se soit contenté de l'opinion de 'Ammàr.

2. D'après El-A'mach, Chaqîq-ben-Salama a dit. J'étais auprès de 'Abdallah et de Abou-Mousa, quand celui-ci lui dit:

-Que penses-tu, ô Abou-'Abderrahman, que doive faire celui qui étant en état d'impureté ne trouve pas d’eau ?

-Il ne doit pas prier tant qu'il n'a pas trouvé d'eau, répondit 'Abdallah.

- Et alors, reprit Abou- Mousa, comment pourrais-tu mettre en pratique les paroles de Ammàr lorsque le prophète lui dit:

-Cela te suffit.

-Ne vois-tu pas cependant, repartit 'Abdallah, que Omar ne s'était pas contenté de ce que lui avait dit 'Ammàr.

-Laisse-nous tranquille, s'écria. Abou-Mas'oud, avec les paroles de 'Ammàr. Comment feras-tu (pour t'accorder) avec le verset (Q 5/9) ? 'Abdallah ne sut que répondre à cela, et il ajouta : « Si nous leur accordions une tolérance à cet égard, on ne tarderait pas à voir l'un d'eux abandonner d'eau quand elle est (trop) froide, pour faire la lustration pulvérale. Comme, ajoute El-Amach, je disais à Chaqîq: Abdallah avait tout simplement de la répugnance pour la lustration pulvérale.

- Oui, me répondit-il.

CHAPITRE VIII. - LA LUSTRATION PULVÉRALE SE FAIT EN FRAPPAIT ( LE SOL) UNE SEULE FOIS.

1. D'après El-Amach, Chaqîq a dit: j'étais assis avec Abdallah et Abou-Mousa-El-Ach'ari. Ce dernier dit à 'Abdallah: un homme en état d'impureté ne trouvait pas d'eau durant un mois, ne devrait-il pas faire la lustration pulvérale et prier ensuite?

- Non, il ne doit pas faire la lustration pulvérale, même s'il ne m trouve pas d'eau pendant un mois, répondit Abdallah

-Et alors, reprit Abou-Mousa, comment ferez-vous pour vous conformer à ce verset de la sourate de El-Màïda: Si vous ne trouvez pas d'eau faites la lustration pulvérale avec du sable fin pur (Q. 5/9) . Si, répliqua Abdallah, on admettait cette tolérance pour les fidèles, ils se hâteraient, dès que l'eau serait trop froide, de faire la lustration pulvérale avec du sable.

S'adressant à Chaqîq, El-A'mach lui dit: Alors vous réprouvez que, dans ce cas l'on agisse ainsi.

-Oui, répondit-il.

Abou-Mousa reprit: N'as-tu pas entendu ce que Ammàr a dit à Omar-ben-El-Khattàb : L'envoyé d'Allah m'avait expédié en mission pour une affaire. Comme j'étais en état d'impureté et que je ne trouvais pas d'eau, je me roulai dans le sable à la facon dont se roule un âne. Lorsque je racontai la chose au prophète il me dit :

-Il aurait suffi de faire ceci. Et, ce disant, il frappa la paume de sa main une seule fois sur le sol, puis il la secoua et passa la paume de sa main gauche sur le dos de la main droite - ou sur le dos de sa main gauche avec la paume de sa main droite; il passa ensuite ses deux mains sur son visage.

- Mais, répliqua Abdallah, n'as-tu pas vu que Omar ne s'était pas, contenté de l'indication du récit de Ammâr.

Chaqîq a dit: J'étais avec 'Abdallah et Abou-Mousa. Ce dernier dit: m'as-tu pas entendu la parole de 'Ammàr à Omar: Certes, l'envoyé d'Allah nous avait envoyé en mission toi et moi. Comme j'étais en état d'impureté, je me roulai dans le sable. Puis nous allâmes retrouver l'envoyé d'Allah et lui racontâmes la chose. Or, le prophète me répondit:

-Il te suffisait de faire ceci. Et, ce disant, il frotta son visage et les paumes de ses deux mains une seule fois .

CHAPITRE IX.

1. Imran-ben-Hosaïn-El-Khozai, rapporte que l'envoyé d'Allah, voyant un homme se tenir à l'écart et ne pas faire la prière avec les autres, lui dit : -ô un tel, qu'est-ce qui empêche de prier avec les autres?

- Ô envoyé d'Allah, répondit-il, je suis atteint d’une impureté et je n'ai pas d'eau.

-Tu aurais du te servir de sable, répliqua le prophète, cela eût parfaitement suffi.

... A SUIVRE :TITRE VIII : DE LA PRIÈRE...

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