Bosnie : une école wahhabite qui fonctionne selon les programmes jordaniens
Par Enki40, jeudi 14 décembre 2006 à 00:56 :: Textes et Articles :: #558 :: rss
Vingt familles de « frères wahhabites » ont transformé le village de Gornja Maoca, près de Brcko, en petit bastion islamiste. L’école du village fonctionne selon les programmes scolaires... jordaniens ! Les wahhabites locaux seraient prêts à ce que leur école soit réintégrée dans le système scolaire bosnien, mais à condition que garçons et filles restent séparés.
« N’écris rien ! Tu ne veux pas avoir des ennuis ensuite... T’as compris ? » Nusret Imamovic, enseignant de religion à l’école élémentaire illégale de Gornja Maoca, près de Brcko, nous a mis en garde.
Il était surtout géné de nos question à propos des programmes sur lesquels était organisé l’enseignement et sur le nombre d’enfants qui suivent les cours dans les salles de l’école usurpée, qui devrait être gérée par le ministère de l’Éducation du Canton de Tuzla.
« Le ministère a négligé cette école et nous l’avons restaurée à nos frais. Autrefois, c’étaient les palefreniers qui habitaient ici. Maintenant nous, à nos frais, nous y éduquons nos enfants », explique Nusret Imamovic, en nous interdisant de filmer le bâtiment occupé.
Un peu plus tôt, lorsque nous venions juste d’arriver dans le village de Maoca, habité par une vingtaine de familles wahhabites, Hajrudin Ribic, soi-disant « porte-parole des frères wahhabites », nous avait affirmé que l’enseignement se déroulait « sur la base des programmes scolaires prévus par l’Etat ». « Mais pas l’État bosnien, l’État jordanien », précise Ribic.
Il ajoute que les habitants de Maoca avaient récemment proposé au gouvernement du Canton de Tuzla d’organiser l’enseignement sur la base du système scolaire bosnien, mais que la commission spéciale du ministère de l’Éducation n’avait pas accepté la proposition.
« S’il n’est pas possible de séparer les garçons des filles, nous cherchons qu’on installe un rideau au milieu de la salle de classe. Les garçons seraient d’un côté du rideau et les filles de l’autre », explique Hajrudin Ribic, qui ajoute qu’une vingtaine d’enfants scolarisés en ce moment dans l’école sont séparés de cette manière. Par contre, le porta e-parole autoproclamé Ribic n’a pas voulu expliquer comment cette école jordanienne était financée.
Le ministère de l’Éducation du Canton de Tuzla ne connaît l’existence d’aucune école élémentaire à Maoca. « Il est vrai que nous avions constitué une commission qui aurait dû prendre en considération la possibilité d’ouvrir d’une école dans ce village. Pour l’instant, les conditions élémentaires ne sont pas remplies », nous explique Fikret Vrtagic, collaborateur du Ministère.
De « bonnes gens » financent l’école
Lorsque les délégués du ministère avaient fait le tour des classes, a souligné Fikret Vrtagic, ils n’ont pas pu vérifier si des enseignements étaient assurés à Gornja Maoca. « Nous ne reconnaissons pas l’existence de cette école, cela n’a rien à voir avec nous », ajoute Fikret Vrtagic.
Ce n’est donc pas le ministère de l’Éducation du canton qui finance cette école. Nous avons essayé d’en savoir plus du porte-parole Ribic. « Ce sont de bonnes gens qui le font », nous a-t-il répondu brièvement.
Ce sont ces même « bonnes gens » qui financent la construction de la mosquée car, comme le dit le porte-parole, « les frères wahhabites » ne veulent avoir aucun lien avec la Communauté islamique. Nous supposons que ces même « bonnes gens » ont aussi fourni une centaine de milliers de marks bosniens, qui ont servi à payer la voiture tout-terrain du porte-parole Ribic. Ce qui est clair, selon ce que nous avons vu et que nous n’avons pas pu enregistrer, c’est que personne ne travaille à Gornja Maoca, excepté ceux qui travaillent à la construction de la mosquée.
FM
A. Avdic, traduction:Selma Podzic Source :http://balkans.courriers.info




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