Il faut dire que Sarko et Berka partagent des positions politiques communes. Ainsi, lors de la discussion sur le voile, les deux se sont déclarés oppposés à une loi l'interdisant à l'école. Une position sarkosyenne qui l'a rendu très populaire au sein de la communauté musulmane. De son côté Ali Barka semble jouer le jeu du respect républicain des lois. Ainsi sa position médiatique officielle fût de se soumettre à la loi, une fois celle-ci votée, et de ne pas suivre les lobbys jusqu'au-boutistes tel « une école pour tous ».

Mais si l'on creuse un peu sa véritable opinion sur ce sujet, on s'aperçevra sans surprise, que cette loi ne convient pas à Ali Barka et que « Par le passé » , comme il le raconte lui-même, « , après 1994, nous avons négocié avec la direction du lycée pour que les filles puissent poursuivre leurs études. »

Le voile à l'école reste donc son véritable fond idéologique.

Voici donc un recteur marocain pro-voile montré comme exemple par Sarko. Cela commence mal.

On le sait sarko a des idées sur le financement des mosquées. Et l'un de ses chevaux de bataille est la transparence de ce financement...

En ce qui concerne la Mosquée de Mantes la Jolie du recteur Barka, effectivement tout est limpide. Sa mosquée est financée à 90 % par l’Arabie Saoudite ! Elle ne porte pas pour rien le nom de “centre culturel islamique du serviteur des lieux saints de l’Islam, le roi Fahad fils de Abdelaziz”.

Pire même puisque elle abrite le siège du (Rabitat) ou Bolim, Bureau (français) de l'organisation de la Ligue islamique mondiale . La ligue est la principale organisation de l’islam saoudien. Le but de cette ONG ? « Défendre l'islam et les musulmans, propager l'islam, le vrai, et relooker le visage de l'islam, souillé par les médias », selon son représentant en France, Youssef Baouendi.

Ouf! nous voilà rassuré Barka est le recteur de la propagation du vrai islam , ...heu et quid de l'islam de France ? Non, non le vrai islam on vous dit... bon, certes, ça se chatouille un peu entre tenants pur du wahhabisme et islam marocanisé... il faut dire qu'à l’origine la mosquée était financée exclusivement par le Maroc, mais l’Arabie Saoudite a voulu, comme à Évry, en prendre le contrôle et l’on s’est acheminé progressivement vers un financement mixte Saoudie-Maroc. Enfin cela permet surtout à La Ligue islamique d'être présente au Conseil français du culte musulman, via trois personnes : le délégué de la mosquée de Mantes, celui de l'île de la Réunion et son avocat en France, Me Salah Djemaï.

Et puis entre un imam d'obédience marocaine pro-voile et le wahhabisme il y a plus de points de rencontres que de frictions...de même, ce n'est un secret pour personne, que si les relations entre Islam wahabite d’Arabie Saoudite et Frères musulmans sont à couteaux tirés en Arabie Saoudite, il apparaît en revanche que les deux courants se serrent les coudes au plan International... car au final si les moyens et les enjeux personnels de pouvoir diffèrent l'objectif ultime, lui, reste le même...Inch Allah...

D'ailleurs les Cheiks de l'Université de Médine sont reçus tout naturellement à la mosquée de Mantes la Jolie et visiblement le public leur est tout acquis. Ce n'est pas moi qui l'affirme mais notre grand ami Xavier Ternissien en personne dans un article du Monde ( du 24 Janvier 2001), c'est dire !! :

« un représentant saoudien est venu un jour à la grande mosquée de Mantes proposer des bourses pour l'université de Médine : "Quatre-vingts jeunes voulaient s'inscrire ! Ils étaient tellement nombreux qu'il a fallu leur donner des numéros de passage. Mais la sélection a été très dure et seulement deux jeunes ont été retenus."

(L'Université de Médine? Les lecteurs assidûs d'Occidentalis la connaissent: Ahmed Abdallah Sambi et l'Université de Médine (2 / 2), Cf article du 29/05/2006 )

Cette même mosquée de Mantes la Jolie qui toujours en 2001 ne pouvait se targuer d'avoir qu'un seul et unique imam francophone, Mamoun Abdellali, secrétaire général de l’Union islamique des Yvelines, l’association propriétaire et gestionnaire de la mosquée de Mantes-la-Jolie.

Ce qui n'empêche pas nos politiques de récompenser tant d'effort pour un islam de France...

Par décret du Président de la République en date du 14 novembre 2001, pris sur le rapport du Premier ministre et du ministre des affaires étrangères et visé pour son exécution par le chancelier de l'ordre national du Mérite, vu la déclaration du conseil de l'ordre portant que les présentes nominations sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur, sont nommées les personnalités étrangères résidant en France dont le nom suit :

Ministère des affaires étrangères PROTOCOLE

Etrangers en France Au grade de chevalier

M.Berka (Ali) (Maroc), membre fondateur d'une union confessionnelle >départementale ; 22 ans d'activités professionnelles et associatives.

Donc résumons voici un recteur marocain pro-voile, dont la mosquée est financée par le wahhabisme, qui forme une jeunesse ouverte aux idées médinoises avec des imams non francophones...le tout sous contrôle du Maroc, donc du roi qui comme chacun le sait considère les marocains de France et en France (y compris les naturalisés ) comme des sujets toujours sous tutelle...

Cela me rappel un peu, la Grande Mosquée de Paris qui reste historiquement sous l'emprise du pouvoir algérien. En 1989, le ministre algérien des Cultes déclara même:

«Nous sommes ici chez nous; cette mosquée est une mosquée algérienne et si les Français musulmans veulent la leur, le gouvernement français peut leur en construire une.»

Longtemps considérée comme la vitrine de l'islam en France, elle a bénéficié des faveurs des différents ministres de l'Intérieur. Son recteur, Dalil Boubakeur, circule dans les voitures de l'ambassade algérienne et se fait accompagner par un diplomate aux réunions de la Consultation du ministère de l'Intérieur.

Pour la pensée de Dalil Boubakeur qui a lui même traité les représentants de l'UOIF et de la FNMF ( dont Ali Barka est un éminent représentant ) d'intégristes...Cf

http://www.occidentalis.com/article.php?sid=1318 http://www.occidentalis.com/article.php?sid=1318 http://www.occidentalis.com/article.php?sid=1312

Pourquoi dis-je qu'Ali Berka est un éminent représentant de l'islam de France ? C'est qu'il participe au plus hautes rencontres présidentielles.

Ainsi deux mois après été fait Chevalier....il rencontre notre président bien aimé... mais laissons la parole à l'Elysée...

Paris - Mardi 29 janvier 2002

Comme il l’avait fait l’an dernier et en l’an 2000, le Président de la République a reçu des représentants musulmans pour leur présenter ses voeux à l’occasion de la nouvelle année et, à travers eux, à l’ensemble de la communauté musulmane de France. Cet entretien leur a également permis d’avoir un large échange de vues, qui a notamment porté sur les questions de formation, l’action en direction de la jeunesse, la célébration de l’Aïd El Kébir, la consultation engagée par le ministre de l’Intérieur ou le problème des sépultures dans les cimetières. Tous les interlocuteurs du Président de la République l’ont assuré de leur attachement à promouvoir un islam de tolérance, qui s’inscrive dans le cadre républicain. Le Président de la République, en conclusion, a réaffirmé que les musulmans ont toute leur place dans la communauté nationale, comme le marquait de façon symbolique cette troisième rencontre, et que leur place dans la République est celle de tous nos concitoyens, à égalité de droits et de devoirs, dans le respect de la liberté de chacun. (Etaient présents le grand mufti de Marseille M. Soheib Bencheikh, le président de la mosquée de Mantes-la-Jolie M. Ali Berka, le recteur de la mosquée de Paris M. Dalil Boubakeur, et le directeur de la mosquée de Lyon M. Kamel Kabtane).|

... de bonnes relations politiques qui permettent de faire avancer les « bons »  dossiers...

Le Courrier de Mantes Publié le 27 février 2002

Ali Berka rachète le terrain situé entre la mosquée et l’usine ANRTP.

Déjà installée sur 1 501 mètres carrés, la mosquée veut s’agrandir en construisant une bibliothèque sur la partie située à droite rue Papin, vers l’usine ANRTP. Elle va racheter à la mairie un terrain de 540 m2 qu’elle lui avait cédé lors de la construction, à la fin des années soixante-dix.

Le conseil municipal a voté le 4 février dernier le principe de la vente d’un terrain de 540 m2 à l’Union islamique des Yvelines. Cette association, qui gère la mosquée de Mantes, souhaite en effet agrandir le lieu de culte en construisant une bibliothèque dans son prolongement. La nouvelle construction, si le permis de construire est accordé, devrait prolonger la mosquée sur la droite, rue Denis-Papin, sur les actuels espaces verts qui la séparent de l’usine ANRTP.

“Nous voudrions construire une bibliothèque qui serait ouverte au public” explique Ali Berka, le président de l’Union islamique, patron de la mosquée. “Une bibliothèque où il n’y aurait pas seulement des livres de culte, mais toutes sortes de livres de réflexion, et pas seulement en arabe, mais aussi en français, en espagnol, en anglais et en allemand”. Avant d’obtenir un permis de construire pour ce projet qui s’étendrait sur environ 1 600 m2 (un sous-sol, le rez-de-chaussée et un étage pour une salle de convivialité, soit trois fois 540 m2), la mosquée doit d’abord se rendre propriétaire du terrain. Ce sera bientôt chose faite devant le notaire, puisque le conseil municipal a donné son accord.

Un financement de l’Arabie Saoudite

Ce dernier n’a d’ailleurs pas fait une mauvaise opération, car comme le rappelle Ali Berka, avant la construction de la mosquée, l’Union islamique des Yvelines était propriétaire d’un terrain de 2 041 m2 rue Denis-Papin qu’elle avait acheté “environ 100 000 F” selon Ali Berka. Elle en avait conservé 1 501 m2, sur lesquels a été construite la mosquée avec les financements, puis ses agrandissements, mais elle avait rétrocédé les fameux 540 m2 à la ville pour y aménager un petit espace vert. “Nous n’avions pas les moyens d’entretenir cet espace vert, alors nous avions proposé à Claude Le Moal, première adjoint à l’époque, que la ville s’en occupe en lui donnant le terrain”, explique Ali Berka.

Mais comme le terrain était devenu propriété de la ville, il fallait le racheter pour mettre sur pieds le projet de bibliothèque. Le montant de la transaction a été estimé par les Domaines : 40 euros le mètre carré, soit 21 600 euros (environ 141 000 F). Quand l’acte de vente sera signé, l’Union islamique demandera un permis de construire, probablement vers le mois d’avril. S’il est obtenu rapidement, les travaux pourraient commencer immédiatement et être achevés fin 2002, début 2003. C’est l’Arabie Saoudite, qui a déjà financé l’essentiel de la mosquée, qui sera encore sollicitée par l’Union islamique des Yvelines pour payer le gros morceau des dépenses.

Mais me direz-vous ces services bien rendus vont-ils dans un seul sens ? Que neni, laissons la parole à l'Express:

Des beurs très courtisés Gagner les suffrages des électeurs issus de l'immigration maghrébine: l'enjeu est devenu important pour tous les partis. L'UMP a pris une longueur d'avance

par Besma Lahouri

«Sarkozy a tout compris, il pense à 2007» Sur le terrain, la réalité est autre: de nombreux élus ont choisi, au contraire, de s'appuyer localement sur les responsables religieux pour s'assurer du vote des musulmans. A Chanteloup-les-Vignes (Yvelines, 15 000 habitants) comme à Marseille (Bouches-du-Rhône, 800 000 habitants), les maires n'hésitent plus à financer les constructions de mosquées. Dans la cité communiste de Vénissieux (Rhône, 56 000 habitants), «le maire, André Gérin, explique, amusé, Abdelaziz Chambi, un des responsables du Collectif des musulmans de France, propose même de construire une cinquième mosquée». Pierre Bédier, secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice et premier adjoint au maire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), entretient les relations les plus cordiales avec Ali Berka, le recteur de la mosquée. «Pierre Bédier lui rend visite une fois par mois, souvent accompagné de notables, comme les membres du Rotary. La journée se finit en général par un méchoui et du thé à la menthe, confie un proche. En échange, Ali Berka lui assure le soutien de toute la communauté d'origine maghrébine.» Même Eric Raoult, vice-président de l'Assemblée nationale, chef de file UMP en Seine-Saint-Denis et farouche défenseur de la laïcité, «a demandé à l'imam de Bobigny, Dhaou Meskine, de l'accompagner sur les marchés de Clichy-sous-Bois, pour faciliter ses relations avec les jeunes», raconte Fayçal Menia, président de l'Association des musulmans de Saint-Denis.

En matière de relations avec les musulmans, Nicolas Sarkozy est devenu pour beaucoup de ses pairs la référence absolue. Hostile à une loi contre le port de signes religieux à l'école, le ministre de l'Intérieur a encore renforcé sa cote de popularité au sein de la communauté, tandis qu'ici et là des responsables musulmans appellent les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales pour faire barrage lors des scrutins aux partisans de la loi. Sarkozy peut non seulement s'assurer de la sympathie des responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), mais aussi du Congrès des démocrates musulmans. Cette association, réunissant 200 militants non religieux et dirigée par l'infatigable Abderrahmane Dahmane, s'est transformée en vraie machine de guerre, acquise au locataire de la Place Beauvau. «Sarkozy a tout compris, déduit Boualem Azahou, responsable de Divers Cités à Lyon. Lui, il pense déjà à 2007.» «Les élus ont communautarisé les populations, estime Catherine Withol de Wenden. Comme à l'époque coloniale, ils choisissent des caïds capables de mobiliser les musulmans.» Sources: http://www.lexpress.fr/express/info/france/dossier/regionales/dossier.asp?nom=

Plus précisémment voici ce qui se fait à Mantes... lisez bien jusqu'où ILS sont prêts à aller...et ceci date de 2003...

Enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine en France lundi 19 mai 2003.

L’enseignement de la langue arabe et l’apprentissage de la culture marocaine en France ont dominé les travaux du 1er congrès du Conseil national des associations marocaines de parents d’élèves en France (CNAMPEF), tenu dimanche au centre culturel de Mantes-La-Jolie (60 km de Paris), en présence de l’ambassadeur du Royaume en France, M. Hassan Abouyoub et du maire de la ville, M. Pierre Bedier. Le CNAMPEF, créé le 24 janvier dernier à l’initiative du comité des délégués de parents d’élèves marocains, inscrit sa démarche dans une dynamique de développement de l’enseignement de la langue arabe et de la culture marocaine, mise en place depuis plusieurs années par les autorités marocaines dans le cadre des conventions bilatérales avec la France.

Dans son allocution d’ouverture, la présidente de ce conseil national, Mme Bouchra Manset, a indiqué que l’objectif de ce conseil est de créer un cadre légal et crédible permettant la coordination des actions réalisées par les différentes associations marocaines de parents d’élèves en France et l’émergence de nouvelles initiatives favorisant la promotion culturelle et éducative, en articulation avec le patrimoine civilisationnel arabe d’une manière générale et marocain en particulier. Selon Mme Manset, ce conseil, porte-parole des différentes associations concernées auprès des autorités marocaines et françaises, devrait veiller à tenir son rôle d’interface en apportant sa contribution à la dynamique d’une pédagogie active adaptée au contexte sociologique culturel et économique des enfants issus de la communauté marocaine en France.

Devant une assistance nombreuse composée de parents d’élèves, d’enseignants et du corps consulaire, M. Hassan Abouyoub a rappelé les efforts exceptionnels déployés par le Maroc pour défendre l’enseignement de l’arabe et de la culture marocaine en France. « Les efforts et les moyens consentis par le Maroc, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, témoignent de la Haute sollicitude dont S.M. le Roi Mohammed VI entoure la communauté marocaine en France et en Europe », a souligné M. Abouyoub. Louant les travaux de ce 1er congrès, l’ambassadeur a insisté sur l’importance primordiale de l’apprentissage de l’arabe et de la culture du pays d’origine aux enfants issus de la communauté marocaine installée en France et a émis le souhait que ce conseil apporte sa contribution aux différentes actions œuvrant dans le même domaine et dont l’objectif est de promouvoir la culture d’origine.

Promouvoir la culture arabo-marocaine

L’attachement des Marocains aux valeurs constitutives et fondatrices du Royaume est un motif de fierté, a affirmé M. Abouyoub en rappelant le rôle primordial des parents et des associations dans la promotion de la culture arabo-marocaine auprès de leurs enfants. L’enseignement de l’arabe et de la culture marocaine concernent, pour l’année 2001-02, 36.702 élèves dont 29.800 inscrits dans le primaire, 3.652 dans le secondaire, 2.992 dans les mosquées et centres sociaux et 258 dans le préélémentaire.

Ces chiffres placent largement le Maroc en tête des pays organisateurs de ce genre d’enseignement en France.

Mais la comparaison des effectifs de l’ensemble des enfants marocains scolarisés dans les écoles et les établissements français au nombre des enfants inscrits aux cours d’arabe est loin d’être satisfaisante.

Sur 84.968 scolarisés dans le primaire, seulement 30.052 suivent des cours d’arabe, et sur 79.315 dans le secondaire, seuls 3.652 élèves étudient l’arabe. La coopération franco-marocaine dans le domaine de l’enseignement de l’arabe et de la culture marocaine dans le cadre Elco reste à plusieurs égards exemplaire, a souligné l’ambassadeur. Mais, a-t-il relevé, il est nécessaire d’actualiser ces relations, de les redynamiser et de leur insuffler un nouvel élan. Selon M. Abouyoub, plusieurs rencontres de travail avaient été tenues, ces deux dernières années, avec le ministre français de l’Education nationale pour le sensibiliser ainsi que son département à la question de l’enseignement de l’arabe, en tant que langue vivante, dans le système éducatif français, et aux moyens d’améliorer les échanges entre les institutions éducatives marocaines et françaises.

Connaître ses racines et son Histoire

Pour sa part, M. Pierre Bedier, venu apporter son soutien à cette initiative, a salué la communauté marocaine résidant à Mantes-La-Jolie qui cohabite en toute harmonie avec les autres communautés et souligne l’importance de l’enseignement de la langue d’origine, en l’occurrence l’arabe, dans l’épanouissement des enfants.

Pour M. Bedier, il est important que les enfants issus de la communauté marocaine connaissent leurs racines et l’Histoire de leurs ancêtres. Il est d’autant plus important parce qu’elles sont prestigieuses. Il faut qu’ils soient les ambassadeurs de leur culture arabo-marocaine, a-t-il insisté.

« Il est primordial que vos enfants puissent connaître la grandeur de leur civilisation et qu’ils en soient fiers de cette richesse. La culture arabe et plus particulièrement marocaine a été essentielle à l’humanité », a estimé M. Bedier.

« Il faut que vos enfants connaissent la force de leurs racines et l’apprentissage de l’arabe en est le premier acte », a estimé le maire de Mantes-La-Jolie.

« Cette connaissance de la richesse et de la grandeur de leur civilisation d’origine va les aider à mieux assumer leur double culture. Ils seront des enfants épanouis. J’en suis convaincu », a-t-il ajouté.

La conviction de M. Bedier se traduit, a-t-il dit, par une collaboration étroite avec la grande mosquée de Mantes-La-Jolie, dont le recteur est Ali Barka, et par une contribution et une implication de la mairie dans l’apprentissage de la langue arabe, à travers une aide matérielle apportée aux enseignants marocains, en liaison avec l’ambassade du Maroc en France. Ces actions sont « l’occasion d’une connaissance mutuelle », a noté M. Bedier. « Il est de notre devoir d’apprendre également à nos enfants les autres civilisations qui sont très proches de nous. Il y a un mot que nous retrouvons dans tous les textes sacrés. Ce mot s’appelle fraternité.

Nous devons tous le graver au fond de nos cœurs », a souligné M. Pierre Bedier. MM. Abouyoub et Bedier ont par ailleurs pris part à un déjeuner offert par la grande mosquée de Mantes-La-Jolie, auquel ont été également conviés les participants à ce 1er congrès du CNAMPEF.

Le séminaire s’est poursuivi toute l’après-midi afin de déterminer les actions futures de ce conseil qui devraient porter sur une campagne de sensibilisation auprès des autorités marocaines et françaises.

Un état des lieux portant sur la situation actuelle de l’enseignement de la langue arabe a fait l’objet d’une intervention de M. Lahsen Mekkaoui, inspecteur général de l’enseignement près l’ambassade du Maroc en France.

MAP

LE MATIN : 20.05.2002