Abdelwahab Meddeb
Par Enki40, lundi 25 septembre 2006 à 07:44 :: Revue de presse :: #321 :: rss
Entre approximation, mauvaise foi, contre-véritée, et sincère volonté de faire autrement tout en ne lachant rien de ce qui compose sa personnalité la plus profonde, Medded présente, culturellement parlant, tous les symptômes d'un positionnement schyzophrénique. Cela ne regarderait que lui, si, par sa volonté de prise de position publique, il n'essayait de nous vendre une version light et virtuelle d'un Islam fantasmé pour occidental naïf. (Ecrivain et poète, Abdelwahab Meddeb est né à Tunis et vit aujurd'hui à Paris. Directeur de la revue internationale Dédale, il enseigne la littérature comparée à l'université Paris X-Nanterre. Auteur d'une dizaine d'ouvrages et de nombreux articles dans les revues Esprit, Communication... il anime l'émission "Cultures d'islam" sur France Culture).
Son entretien dans le journal "Libération" de samedi, où il revient sur le discours du pape, confirme ce pronostique médicalo-cultuel...
Mais dabord, lisons ce qu'il a déclaré dans Le Nouvel Observateur du Jeudi 31 août 2006. Afin de mieux faire connaissance avec son "cas".
N. O. - Comment l'islam est-il tombé si tragiquement malade? Peut-on imaginer des remèdes?
A. Meddeb. - L'échec des Etats postcoloniaux a épuisé tous les espoirs. Leur iniquité, leur incurie, leur despotisme ont contribué à l'avènement d'une telle maladie. Les dictatures ont prospéré en désertifiant le champ politique. La référence à la religion constitue un dernier recours. S'y ajoutent les raisons externes, particulièrement le non-respect du principe de justice par les prépondérants qui pèsent sur la politique mondiale et qui, par leurs palinodies, ont ruiné la référence occidentale. Je crois aussi que la culture télévisuelle a désinhibé les individus et les a autorisés à s'afficher tels qu'ils se pensent, entretenant avec provocation ce qu'ils imaginent être leur particularisme, qu'ils cultivent pour résister à l'universalisation occidentale et s'en distinguer. Je crois profondément que le remède viendrait notamment d'Europe. Elle est dans une situation où elle peut jouer de son exemplarité : ayant apuré ses contentieux, elle peut enfin, en tant qu'acteur historique, être en cohérence avec les principes qu'elle a inventés. Elle seule peut maîtriser la double tension qui structure notre monde, celle entre l'ancien et l'actuel, et celle entre Orient et Occident.
On remarquera donc en premier lieu, que, selon Medded, l'islam est malade du monde et non de lui-même. Qu'aucune cause interne ne vient expliquer pourquoi il est "si tragiquement tombé malade".
C'est un peu court. Mais soit. On y est habitué.
Voyons maintenant, à travers quelques extraits, ce que le même Medded déclare dans Libération. Entre discours vrai et vrai mensonge... où l'on comprend que face à la véritée qui émerge enfin aux yeux de tous dans le débat public ( la violence mortelle de Mahomet et des prescriptions du Coran), une nouvelle stratégie de reconnaissance de l'islam est en marche: nier, malgré cela, que l'islam d'aujourd'hui puisse être ce qu'il fût à l'origine... Vendre l'idée d'une sorte de "plus jamais cela" en parlant de nouvelle interprétation, de recontextualisation... Bref, lâcher quelques vérités qu'il est désormais trop ridicule de nier, pour mieux enturbanner les inattentifs.
- (...)Dans ce texte, le pape avance aussi l'idée que le Dieu des musulmans et des chrétiens est le même, même si l'approche que l'on a de ce Dieu n'est pas la même. Ce qui concerne l'islam était simplement introductif pour montrer que le Dieu chrétien et le christianisme n'ont aucun lien avec la violence, à la différence de l'islam.
- La violence dans l'islam est-elle une réalité ?
- Les musulmans doivent admettre que c'est un fait, dans le texte comme dans l'histoire telle qu'ils la représentent eux-mêmes, en un mode qui appartient plus à l'hagiographie qu'à la chronique(..)
FAUX: à moins de ne reconnaître dans toutes les textes fondamentaux musulmans – que nous publions au fur et à mesure ici- qu'une longue série d'hagiographies purement douteuses... Or, les recoupements que ces différentes sources permettent d'effectuer nous donnent une histoire, qui si elle n'est pas dénuée d'hagiographie, est extrêment précise et historiquement éclairante... De plus, si le doute était ainsi permis à ce point, on peut tout aussi bien douter de l'existence même de Mahomet et de son "histoire"; Et si Mahomet n'est qu'un personnage inventé, alors pas d'Archange Gabriel, de Coran divin, et l'islam n'est qu'une escroquerie sectaire de plus...Or byzarrement Mebbed se refuse à cette hypothèse. Contradiction ? Ou impossibilité psychologique d'alller au bout de son raisonnement ?
Nous avons à faire à un Prophète qui a été violent, qui a tué et qui a appelé à tuer. La guerre avec les Mecquois fut une guerre de conversion. Il y a eu aussi la guerre avec les juifs et le massacre des juifs à Médine, décidé par le Prophète. Il y avait un jeu d'alliances, une opération politique qui se continue par le militaire.
- Que dit précisément le Coran ?
- Il est ambivalent. Il y a le verset 256 de la deuxième sourate qui dit «point de contrainte en religion».(...)
MENSONGE GROSSIER HABITUEL : Cf http://www.occidentalis.com/article.php?sid=2360
Mais aussi les versets 5 et surtout 29 de la sourate 9, «le verset de l'épée», où il est commandé de combattre tous ceux qui ne croient pas à «la religion vraie». L'impératif qâtilû, que l'on traduit par «combattez», utilise une forme verbale dont la racine qatala veut dire «tuer».(...)L'islamisme est, certes, la maladie de l'islam, mais les germes sont dans le texte lui-même.
D'où des interprétations opposées ?
L'interprétation traditionnelle reconnaît cette contradiction et n'a jamais dit que «le verset de l'épée» abolit «le verset de la tolérance», comme le font les intégristes aujourd'hui. Pour eux, «le verset de l'épée» annule plus de 100 versets de toute autre teneur, appelant par exemple à discuter de «la meilleure manière», c'est-à-dire argument contre argument et dans le respect de l'autre avec ceux avec qui on n'est pas d'accord, Il est dit aussi dans un verset (XVI, 125) très aimé par les libéraux de l'islam : en dernière instance, vous ne savez pas où est la religion vraie. Dieu seul le sait. Mais les intégristes balayent les versets de ce type. La théorie de l'abrogeant et de l'abrogé dans l'islam est très complexe. Eux optent pour l'idée la plus simple : le principe chronologique. Le verset mecquois sur la tolérance émane d'un Prophète de pure spiritualité, qui n'est pas encore dans l'exercice du pouvoir politico-militaire. Il est donc abrogé par celui qui vient après, fait à Médine. Mais le raisonnement peut être renversé comme pour le fameux théologien, Mohammed Mahmoud Taha, le Soudanais, (...)
Précision : Au cours de la révélation progressive du Coran, plusieurs versets furent abrogés (mansûkh), selon Mahomet, par ordre d'Allah et remplacés par d’autres (nâsikh) et ceci en fonction des besoins de la nouvelle communauté musulmane( c'est bien pratique). Dans ce contexte Allah a voulu que certains versets (pour la plupart relatifs à des sujets légaux et institutionnels, jamais de doctrine) deviennent caducs et les a remplacés par d’autres. Une fois la Révélation terminée le Texte coranique revêtit les caractéristiques d’inaltérabilité qui constituent, selon l'orthodoxie acceptée par tous, l’un des ses miracles. Le fait que Mahomet affirme qu'Allah change ainsi d'opinion n'a pas échapper aux contemporains de Mahomet qui l'accusèrent d'hypocrisie et de falsification. Le coran en fait mention: Sourate 16/101 : Lorsque nous substituons un verset à un autre -et qui mieux que Dieu connaît se qu’IL révèle ?-, les idolâtres s’écrient : « Tu n’es qu’un faussaire ! », alors que la plupart d’entres eux n’ont aucune connaissance en la matière.
On le voit, la réponse d'Allah, est un peu courte.
Un verset coranique ne peut être abrogé que par un autre verset coranique ou un hadith avéré (mutawâtir). Ainsi, le verset coranique 2/240 évoquant une période d’attente d’un an que doit observer la veuve fut abrogé par l’autre verset coranique 2/234 fixant le délai d’attente à quatre moi et dix jours, de même le verset coranique interdisant la consommation de toute chair de bête morte 2/173 fut restreinte par un hadith avéré du Prophète indiquant que la chair des poissons morts est licite. Enfin, aucune prescription du Coran ne peut être abrogé après la mort du Prophète. La question de l’abrogation a donné naissance a une des sciences du coran : la science des versets abrogeant (nâsikh) et des versets abrogés (mansûkh). Les oulémas (savants musulmans) ont dressé une liste de tous les versets abrogeants et abrogés.
Ce qui n'a échappé à personne est que les versets violents du Coran datent tous de la période post-Mecque. Après que Mahomet, une fois à Médine, commence la "conversion" du Monde non plus par le prêche mais par l'épée. La question est donc beaucoup plus clair que semble l'entendre Medded. Allah utilise la violence au grès de ses besoins: elle est pour lui un moyen naturel d'arriver à ses fins, c'est-à-dire soumettre à l'islam les êtres humains de Sa propre Création...
De plus l'exemple de Mahmoud Mohammed Taha est complètement biaisé car il fut pendu en 1985 pour ... apostasie !!! Visiblement Mebbed peut chanter un islam hérétique si il veut.... mais cela alors ne s'appel plus islam... c'est d'une autre religion dont il nous parle.... sauf qu'il entend tout de même nous faire croire que cela serait le vrai islam... nous sommes heureux de voir que Mebbed est plus savant que les savants et juristes sunnites de ces 1400 dernières années...lui qui se dit par ailleurs athée... un athée "musulman" en somme...
Il dit : l'éternel du Coran, c'est ce qui nous vient de La Mecque, parce qu'il est pur de toute contingence politique.
REMARQUE : en fait Taha souhaite distinguer dans le message coranique les « versets éternels » et les « versets circonstantiels »; il souhaitait que ces derniers puissent faire l’objet, d’une relecture pour les adapter au contexte actuel...
En outre, la guerre sainte avait une codification extrêmement précise qui n'a rien à voir avec la manière avec laquelle le jihad est invoqué aujourd'hui. Il est question du respect profond des vieillards, des enfants, des femmes, de ne jamais, dans l'attaque contre des ennemis chrétiens, toucher à des moines qui sont des gens de paix.
FAUX: ces catégories ne sont elles-mêmes subdivisables: ainsi il est permis de tuer des moines si ils ne sont pas cloîtrés. C'est ainsi qu'en Algérie les moines de Tibérine ont pus être égorgés...
- La critique dans l'islam n'est-elle pas bloquée par le fait que le Coran est un texte immuable ?
- Dans la doctrine maximaliste, le Coran, c'est la parole même de Dieu dans sa lettre. Ce qui est pure folie. Là aussi, c'est un immense débat qui a eu lieu pendant les quatre premiers siècles de l'islam pour décider si c'est un Coran créé ou incréé. Opter de nouveau pour la thèse du Coran créé appartient au combat démocratique.
Sauf que le Coran et l'orthodoxie disent le contraire et que la version officielle du Coran date d'une quarantaine d'années après la mort de Mahomet:
«Le Qur'an est la plus grande merveille parmi les merveilles du monde... Ce livre dépasse tout dans le monde selon la décision unanime des hommes instruits du point de vue de la langue, des idéaux, de la rhétorique, de la philosophie et de la solidité des lois et des règlements pour former les destins de l'humanité» Hadith - Mishkat III, pg.664
Sourate 11 , verset 1: C'est un Livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, émanant d'un Sage, Parfaitement Connaisseur
Ibn Warraq affirme quand à lui :
"Même si nous concédons que les musulmans conservateurs ont interprété la charia à leur façon, qu'est-ce qui nous donne le droit de dire que leur interprétation est fausse et que celle des musulmans libéraux est authentique? Qui peut dire ce qu'est l'islam authentique? Pour beaucoup de spécialistes, la charia demeure l'essence de la civilisation islamique. En fin de compte, on peut interpréter la charia avec une certaine souplesse, mais elle n'est pas pour autant indéfiniment élastique."
"La vérité, c'est que l'islam ne parviendra jamais à la démocratie ni au respect des droits de l'homme aussi longtemps qu'il s'en tiendra à la charia et qu'il n'y aura pas de séparation de l'Église et de l'Etat. Mais, comme Muir le fait si justement remarquer : « Une religion réformée qui remettrait en question l'autorité divine sur laquelle elles (les institutions de l'islam) reposent ou qui essayerait, par des choix rationnels ou des compromissions, de mener à bien un changement, ne serait plus l'islam. »"




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