Froide vengeance.

La Mecque, an 630 : Mohammed procède à une épuration superficielle mais néanmoins suffisante. Sa politique précédente, faite de manoeuvres diplomatiques et de terreur, rend inutile d’autres violences, qui auraient ternies son triomphe. Le plus intéressant est la nature des crimes imputés aux proscrits, dont la liste est dûment enregistrée: ils sont surtout coupables de paroles et actes contre la personne du conquérant. La mise à mort de ces gens est brouillonne, menée dans une ville troublée. Un certain nombre en réchappe, par la fuite et la conversion.

La vengeance avant le sacré. Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818.

L'apôtre d'Allah avait donné instruction à ses officiers pour qu'une fois dans la Mecque, ils n'attaquent que ceux qui résistaient, à l'exception d'un petit nombre, qui devaient être tués, même s'ils étaient trouvés sous les rideaux de la Ka'ba.



Hadîth: récit de Sad

Quand La Mekke fut conquise,l'envoyé d'Allâh donna sa protection au peuple à l'exception de quatre hommes et deux femmes et il les nomma. Ibn Abû Sahr était parmi eux.



Hadîth: récit de Saïd ibn Yarbu al Makhuzumi

le prophète a dit: le jour de la conquête de La Mekke, il y a 4 personnes à qui je ne donnerai pas de protection dans un territoire sacré ou profane. Il les nomma alors. Il y avait deux chanteuses d'al Maqis. Une fut tuée et l'autre s'échappa et embrassa l'islam.



La liste de proscrits. Ibn Sa'd, Tabaqat , p.168.

L'apôtre de Allah entra par Adhakhir, et interdit de combattre. Il ordonna que six hommes et quatre femmes soient tuées; ils étaient Ikrima ibn Abû Jahl, Habbar ibn al Aswad, Abdallâh ibn Sa'd ibn Abi Sarh, Miqyas ibn Sababah al-Laythi, al Huwayrith ibn Nuqaydh, Abd Abbah ibn Hilal ibn Khatal al Adrami, Hind Bint Utbah, Sarah, l'affranchie de Amr ibn Hashim, Fartana et Qaribah.



Ibn Sa'd, Tabaqat, p. 174

L'apôtre de Allah ordonna à ses fidèles le jour de la victoire de tuer Ibn Abû Sar'h, Fartana ibn al Zibr'ra et ibn Khatal.



Hadîth: récit de Sa'id ibn Yarbu al Makhzumi (Dawûd XIV 2678).

Le prophète a dit: le jour de la conquête de La Mekke: il y a quatre personnes à qui je ne donne pas de protection sur le territoire sacré et profane. Il les nomma ensuite. Il y avait deux chanteuses d'al Maqis; l'une fut tuée, l'autre s'échappa et se soumit à l'islam.



Hadîth: récit de Sa'd (Dawûd XIV 2677).

Le jour où La Mekke a été conquise, l'apôtre de Allah donna sa protection au peuple sauf pour quatre hommes et deux femmes et il les nomma.



Hadîth: récit de Abdullah ibn Abbas (Dawûd XXXVIII 4345).

Abdullah ibn Abû Sarh écrivait les révélations de l'apôtre de Allah. Satan l'a séparé (de la communauté) et il a rejoint les infidèles. L'apôtre d'Allâh a ordonné de le tuer le jour de la conquête (de La Mekke)...



Malentendu capital. Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818.

Parmi ceux-ci se trouvait Abdullah ibn Sad, frère des Banu Amir ibn Luayy. La raison de cet ordre était qu'il avait été un musulman et qu'il rédigeait les révélations; ensuite, il a apostasié, pour revenir vers les Quraysh, et il a fui chez Othman ibn Affan, son beau-frère. Ce dernier l'a caché jusqu'à ce qu'il l'amène devant l'apôtre d'Allah quand la situation à la Mecque redevint calme. Il demanda alors son immunité. On dit que l'apôtre d'Allah est resté silencieux longtemps, avant de dire oui. Quand Othman est parti, il a dit à un de ses compagnons:

- J'ai gardé le silence pour que l'un d'entre vous ait le temps de lui trancher la tête! Un des ansar dit alors:

- Alors pourquoi n'as tu pas fait un signe, ô apôtre d'Allah?

Il répondit qu'un prophète ne tue pas en pointant du doigt.



Ibn Sa'd, Tabaqat, p. 174.

Quelqu'un parmi les Ansâr avait fait le voeu de tuer Ibn Abi Sarh... Les Ansâr attendaient un signal du prophète pour le tuer. Othman intercéda et Mohammed le laissa partir. L'apôtre de Allah dit ensuite aux Ansâr:

- Pourquoi n'avez vous pas rempli votre voeu?

- Ô apôtre de Allah! J'avais la main sur la poignée de mon sabre attendant ton signal pour le tuer. Le prophète dit que faire un signe aurait brisé la confiance.



Hadîth: récit de Sa'd (Dawûd XIV 2677)

Il dit:

- apôtre de Allah, reçois le serment de soumission de sa part.

Il leva la tête et le regarda trois fois, refusant trois fois. Puis il accepta le serment. Il se tourna ensuite vers les compagnons et dit:

- Il n'y a personne d'assez intelligent parmi vous pour voir que j'étais réticent à accepter ce serment et pour le tuer?...



Ibn Khatal: l'ennemi à abatre. Baladuri, Livre des conquêtes VII 40.

Il a aussi dit: mettez aussi Ibn Khatal à mort, même si vous le voyez tenir un rideau de la Ka'ba.

Baladuri, Livre des conquêtes VII 41.

Miqyas avait un frère, Hashim... pris par les Ansâr pour un polythéiste, par erreur, et tué. Ali tua ensuite al Huwairîth... Le prophète a déclaré ensuite qu'il fallait le tuer.

Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 818.

Un autre était Abdullah ibn Khatal, des Banu Taym ibn Ghalib. Il était devenu musulman et l'apôtre d'Allah l'avait envoyé pour récolter l'aumône avec un des ansar. Il avait aussi un esclave (musulman) avec lui. Quand ils s'arrêtèrent, il lui ordonna de tuer une chèvre et pour la manger, puis il est allé se coucher. Quand il s'est réveillé, rien n'avait été fait. Alors il le tua et apostasia. Il possédait aussi deux chanteuses, Fartana et son amie, qui faisaient des chansons satiriques contre l'apôtre d'Allah; alors il ordonna de les tuer aussi.




Hadîth: récit d'Anas ibn Malik (Boukhari V,582)

(à l'entrée dans La Mekke), un homme vint et dit: Ibn Khatal est en train de s'agripper au rideau de la Kaaba!. Le prophète dit alors: tuez-le





Hadîth: récit d'Anas ibn Malik (Bukhari LIX 582).

le jour de la conquête, le prophète entra dans La Mekke, portant un casque sur la tête. Quand il l'enleva, un homme est venu lui dire:

- Ibn Khatal s'est accroché au rideau de la Ka'ba.

Le prophète a dit:

- Tuez-le.






Ibn Sa'd, Tabaqat, p. 173-4.

Ma'n et Musa ibn Dawud disent dans leur version: un homme est venu à lui pour dire:

- Ô apôtre de Allah! Ibn Khatal s'accroche au rideau de la Ka'ba.

Le prophète de Allah dit alors:

- Tuez-le (...) Tuez-le partout où vous le trouverez.

Abû Barzah vint et le vit s'accrocher au voile de la Ka'ba. Il l'éventra.

Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819.

Abdullah ibn Khatal a été tué par Said ibn Hurayth et Abu Barza, ensemble.




Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819.

Concernant les deux chanteuses d'ibn Khatal, une a été tuée et l'autre s'est enfuie, jusqu'à ce que l'apôtre d'Allah lui accorde sa grâce, sur demande. De même pour Sara, qui a vécu jusqu'au temps de Omar, quand un cavalier l'a terrasée dans la vallée d l a Mecque, et l'a tuée. Al Huwayrith a été tué par Ali.



Assassinat de Mikyas. Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819.

Miqyas a été tué par Numayla ibn Abdullah, un de ses proches. La soeur de Miqyas a écrit de ce meurtre:

Sur ma vie, Numayla a fait honte à son peuple, et il a désespéré les invités de l'hiver quand il a massacré Miqyas. Quiconque a vu quelqu'un comme Miqyas Qui fournissait de la nourritre aux jeunes mères dans le dénuement.



Baladuri, Livre des conquêtes 41.

Numailah al Kinani tua Mikyas al Kinani, le prophète ayant annoncé que quiconque le trouverait devrait le tuer. (...) Mikyas avait un frère, Hashim,... pris par des Ansar pour un polythéiste, et tué...



Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819.

Un autre à tuer était Miqyas ibn Hubaba, parce qu'il avait tué un ansar qui avait tué son frère par accident, et il était rentré chez les Quraysh comme polythéiste.



Baladuri, Livre des conquêtes 41.

Ali tua al Huwairith, le prophète ayant déclaré que quiconque le trouverait decrait le tuer.



Chasse aux femmes. Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819.

...et Sara aussi, une affranchie des Banu Abdul Muttalib; et Ikrima ibn Abu Jahl. Sara l'avait injurié à la Mecque. Comme pour Ikrima, il partit au Yémen. Sa femme Umm Hakim bint al Harith ibn Hisham est devenue musulmane et a demandé l'immunité pour lui et l'apôtre d'Allah lui accorda. Elle alla au Yémen à sa recherche et elle le ramena auprès de l'apôtre d'Allah: il se soumit à l'islam.



Mansuétude du triomphateur. Ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 819.

L'apôtre d'Allah s'est installé dans la partie supérieure de la Mecque, et deux de mes beaux-frères (Récit de Umm Hani bint Abu Talib) des Banu Makhzum ont fui chez moi. Ali est venu, jurant qu'il allait les tuer, alors j'ai bloqué la porte de ma maison sur eux, et je suis allé voir l'apôtre d'Allah et je l'ai trouvé en train de se laver dans une vasque dans laquelle se trouvait encore des restes de pâte. Sa fille Fatima le cachait avec ses vêtements. Il finit son bain, priant huit fois pour la prière du matin. Il vint vers moi, et me demanda pourquoi je venais. Je lui ai dit au sujet des deux hommes et d'Ali. Il dit:

- Nous donnons protection à quiconque reçoit la protection de vous, et nous accordons la sauvegarde à ceux que vous protégez. Il ne doit pas les tuer.



Le récit de l'épuration. Tabari, Livre des prophètes et des rois I 283-4.

Le jour suivant, le prophète demanda si l'on avait mis à mort les dix personnes qu'il avait ordonné de tuer. On lui dit qu"Abdallah ibn-Abu-Sar'h était caché dans la maison d'Othmân. Celui-ci l'amena devant le prophète et sollicita son pardon. Sad, fils d"Obâda, et d'autres Ansar se tenaient auprès du prophète, le sabre à la main. Le prophète baissa la tête et garda le silence pendant quelque temps; enfin il accorda à 'Othmân sa demande. 'Abdallah prononça la formule de foi, et 'Othmân l'emmena. Lorsqu'ils se furent éloignés, le prophète dit à Sad, fils d"Obâda :

- Aucun de vous ne pouvait-il trancher la tête à cet hypocrite?

J'ai gardé le silence si longtemps, pensant que quelqu'un le tuerait. Sad répliqua :

- Apôtre d'Allah, il fallait nous faire signe des yeux.

- Si j'avais fait un signe, reprit le prophète, 'Othmân aurait été offensé.

On découvrit le même jour 'Abdallah, fils de Khatal; il fut tué, par deux des compagnons du Prohète : Abu'l-Borda, le Solaïmite, et Sa'd, fils de'Hârith, le Makhzoumite. 'Howaïrith, fils de Noqaïds, qui s'était également caché, fut découvert par 'Alî, qui le tua. Miqyas, fils de Çobâba, fut découvert et tué par un homme de sa famille, nommé Saloum, fils d"Abdallah.

Çafwân, fils d'Omayya, s'était enfui. Il avait gagné Djedda et voulait se rendre par mer dans le Yemen. L'un de ses amis musulmans, 'Omaïr, fils de Wahb, demanda au prophète sa grâce, disant :

-Çafwân a peur de toi et veut se jeter à la mer pour se détruire; donne-lui sa grâce.

Le prophète lui accorda sa demande.'Omaïr dit :

- Donne-moi un signe que je puisse lui porter, afin qu'il soit rassuré. Çafwân était cousin du prophète; sa mère Hânî était fille d"Abdou'l-Mottalib. Ayant reçu du prophète le turban noir que Mohammed avait porté le jour de son entrée à la Mecque, 'Omaïr se rendit auprès de Çafwân, qu'il rencontra à Djedda, prêt à s'embarquer. Il lui dit:

- Sois content, le prophète t'amnistie; comme gage de sa clémence, je t'apporte son turban. Çafwân dit :

- je crains que ce ne soit une ruse par laquelle il veut m'attirer pour me tuer.

'Omaïr répliqua :

- Il n'emploie jamais la ruse envers personne; la ruse est proscrite de sa religion (C'est un mensonge en soi: la ruse est encouragée dans le cadre des guerres.) . Il est bienveillant et le plus généreux des hommes; il est clément et véridique; il est le fils de ton oncle; sa grandeur est la tienne et sa puissance t'appartient aussi. Veux-tu fuir ta propre gloire et ta propre grandeur?

Çafwân revint, et se présenta devant le prophète, qui lui confirma sa grâce et l'engagea à embrasser l'islam. Çafwân refusa. Le prophète lui dit :

- Tu n'as qu'à choisir entre le sabre et l'islam; lequel des deux veux-tu? (La formule est souvent utilisée pour demander une conversion. Abu Sufyan a dû affronter le même dilemne)

Çafwân répondit : Accorde-moi, pour me décider, un délai de deux mois. Le prophète lui accorda quatre mois.

'Ikrima, fils d'Abu-Djahl, s'était enfui avant Çafwân, et avait gagné le Yemen. Sa femme, Oumm-'Hakîm, fille de 'Hârith, fils de Hischâm et oncle d"Ikrima, en prononçant la profession de foi musulmane, demanda au prophète la grâce de son mari. Le prophète la lui accorda; elle se rendit dans le Yemen et ramena 'Ikrima, qui vint prononcer la profession de foi à Médine, oÙ le prophète était retourné deux mois après la prise de la Mecque, et après l'expédition de 'Honwin. Il y arriva en même temps que Çafwân, qui fut également amené par sa femme, Qomâma, fille de Walîd, fils de Moghîra, femme vénérable et de noble famille, qui avait prononcé la profession de foi le jour où les femmes avaient prêté serment.

Voilà l'histoire des six hommes que le prophète avait condamnés à être mis à mort. Quant aux quatre femmes, Hind s'était réfugiée dans la maison d'Alou-Sofyân; Sâra fut tuée; l'une des deux esclaves d"Abdallah, fils de Khatal, nommée Fartanâ, fut également mise à mort; l'autre, Qarîba, s'enfuit et ne fut pas rejointe; elle vécut jusqu'au califat d"Othmân, fils d"Affân.

D'autres histoires sur ce site que maintenant vous connaissez tous : http://islam-documents.com et dont nous ne manquerons pas de tirer d'autres petits rappels historiques pour ceux d'entre vous qui croient que le Coran c'est le Nouveau testament et Mahomet un paisible et doux rêveur prêchant le pardon et l'amour de l'Autre ...