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J'étais un mollah mais il n'y avait ni amour, ni compassion, ni pardon dans ma vie. Un ami m'a donné une Bible...", se souvient cet ingénieur afghan de 34 ans, qui affirme avoir participé à "la guerre sainte" contre les Soviétiques et qui a travaillé avec de nombreux chrétiens dans une organisation humanitaire.
La Bible "
nous dit d'aimer nos ennemis alors que l'islam nous dit de les tuer. Cela m'a touché", raconte cet homme qui, comme tous ceux présents dimanche, refuse de dévoiler son identité.
Dans une maison anonyme de Kaboul, ils sont des dizaines à célébrer la résurrection du Christ en ce dimanche de Pâques, mais pour ces Afghans vivre leur foi c'est s'exposer aux brimades ou pire, dans un pays où la loi condamne en théorie à la mort ceux qui abandonnent l'islam.
Le risque est trop grand. L'arrestation le mois dernier d'Abdul Rahman, un Afghan chrétien, et les appels à le condamner à mort parce qu'il avait abjuré l'islam, est dans toutes les mémoires. La justice afghane l'avait finalement libéré, estimant qu'il était inapte à être jugé et il a trouvé refuge en Italie après d'intenses pressions de la communauté internationale.
Ces afghans ont appris à vivre leur foi en secret et n'accueillent les inconnus qu'avec méfiance. Ils font état de brimades de la police, de téléphones sur écoute et parfois même de menaces de mort. L'attitude des autorités en général et de la justice (un bastion du conservatisme musulman) rend l'exercice de leur religion très difficile, même si la peine de mort n'est pas appliquée.
Selon un Américain, qui travaille pour une organisation humanitaire et qui vit depuis six ans en Afghanistan, le christianisme fait de plus en plus d'adeptes, même si leur nombre total ne dépasse probablement pas 500 personnes à Kaboul et un millier dans tout le pays.
"Cela croît d'année en année", estime-t-il, à cause, selon lui, d'une certaine lassitude face aux extrémistes islamiques."
Selon La Croix